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à résoudre cette question ^ la science des faits de conscience est la route; mais il ne Test pas moins que , dans Tétat actuel de cette science, cette question est prématurée.
Il faut donc laisser dormir encore quelque temps ce problème très ultérieur de sa nature^ qui a de Timportance relativement à notre immortalité^ mais qui n'intéresse nullement Tétude des faits internes; la science n^est pas en mesure pour Taborder. Il n'y a jusqu'tei qu'une chose démontrée , et dont conviennent les deux partis, c'est que les phénomènes de conscience sont d'une nature à part, et ne ressemblent nullement aux autres phénomènes de l'humaine organisation. Insaisissables à l'observation .sensible et perçus d'une autre manière, ils doivent devenir l'objet d'une science spéciale , qui formera une des divisions de la science de l'homme. Cette science des faits de conscience, distincte de la physiologie par son instrument et son objet, doit porter un nom qui exprime et constate cette difïérence. Celui d'idéologie est trop étroit; car il
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ne désigne que la science d'une partie des faits internes. Celui de psychologie, consacré par Tusage/ nous parait préférable^ car il désigne les faits dont la science s'occupe, par leur caractère le plus populaire, qui est d'être attribués à Famé ; et comme le principe de ces phénomènes est encore indéterminé , il importe fort peu qu'on l'appelle am ou autrement :
le mot ne préjuge rien sur Ic^ qi;iestion, même dans l'opinion publique , qui sait bien que c'est une question. Nous nous en tenons donc à cette dénomination, désirant qu'elle représente bientôt une science aussi cultivée^ et d'une manière aussi méthodique et aussi rigoureuse, que la physiologie sa sœur.
Objet de ceite pnAlieation.
Bien qu'on retrouve , dans toutes les philo sophies du monde, des observations nombreuses sur les phénomènes de l'esprit hu-
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main^ comme on retrouve des observatioiis sur les phénomènes de la nature ^ à la base de tous les systèmes possibles^ inventés pour l'expliquer^ la pensée de soumettre cette classe de faits à la méthode expérimentale appliquée par Galilée aux faits du monde physique ne date guère que du dix-huitième siècle. Des^ cartes^ qui était doué à un si haut degré du sens psychologique , ne conçut pas l'idée delàscience des phénomènes intérieurs. Lui et ses adversaires marchent encore dans la voie de Tantiquité; Fobjet de leurs recherches n'est point la connaissance des phénomènes de Tesprit humain ; leur but est de résoudre certaines questions qui les divisent , et c'est à Tappui de leurs systèmes opposés sur ces questions, qu'ils invoquent tour à tour, et avec un égal avantage, le témoignage docile de l'observation. On peut en dire autant de Malebranche et de Leibnitz, grands spéculateurs, qui mirent l'observation au service de l'esprit de système^ et consumèrent leur génie à expliquer par des hypothèses sans fondemens deux ou trois;
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faits inexplicables qu'il fallait se borner à constater. Enfin parut Locke ^ et plus tard^ son disciple Condillac^ qui peuvent être considé* rés comme les précurseurs de la véritable science des faits internes. Sans doute on retrouve encore cbez ces deux philosophes la préoccupation de certains problèmes , et Ton s'aperçoit que s'ils observent^ c'est, encore beaucoup dans la pensée de détruire ou de justifier certaines opinions. Trop souvent ils raisonnent au lieu de voir ^ et plaident au lieii de décrire. En un mot/ ils n'ont encore ni la conception précise de la science^ ni la jM'atique décidée et constante de la méthode. Mais il n'en est pas moins vrai que l'observation prend enfin le pas sur la spéculation dans leur méthode , et que le désir de connaître les faits l'emporte dans leur esprit sur le besoin de les expliquer. Leurs ouvrages marquent la transition du régime des questions au régime de la science^ et l'on y sent partout l'influence victorieuse de ce nouvel ^prit qui triomphait alors dans les sciences naturelles^
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et conduisait Newton à la découverte du sys-tème du monde. Toutefois^ avant le docteur Reid , on peut dire que personne n'avait eu II conception nette ^ et du but véritable de la philosophie et de la méthode qui lui convient Comme des écoliers qui entrent dans le mondei^ et qui sont encore à demi sous le joug de leurs maîtres^ Locke et Condillac en innovant avaient encore imité; ils n'avaient pas eu la force de s'en tenir à l'observation , et de léguer à leurs successeurs quelques vérités de faits,. &uit de leurs expériences; ils s'étaient hâtés d'élever un système sur la base de leurs obn servations ; et comme ces observations étaient incomplètes et devaient l'être, leur système v comme tous les autres, défigurait l'hommq avec la prétention de l'exprimer. Reid vint> et frappé de l'évidente fausseté de la théorie de Locke sur l'esprit humain, chercha la causé de ses erreurs. La méthode de Locke était bonne puisqu'elle proclamait en principe \^ nécessité d'observer l'esprit humain 'pour le connaître, et de le connaître pour le com-