DE LA CONCEPTION
43. Tout nous porte à croire que les animaux sont entièrement occupés de leurs sensations et de leurs perceptions actuelles : mais l'homme a la faculté de se représenter les sensations dont il a eu conscience], et les objets qu'il a perçus précé-
* V. Dugald-Stewart, Élétnens de la Philosophie , ch. ni} Reîd, Recherches sur V Entendement^ chap. ii, sect. it; Es' 5At5,' Essai rV (Œuvres coinptètes, tom. Il et IV).
demment. On peut désigner convenablement cette faculté par le nom de conception.
kk. Les objets de quelques-uns de nos sens sont plus aisément conçus que ceux des autres; et sous ce rapport on doit mettre au premier rang les objets perçus par les yeux. Nous pouvons néanmoins y dans tous les cas, développer considérablement par l'usage cette faculté de concevoir.
45. On admet généralement que la conception n*est accompagnée d'aucune croyance à l'existence de son objet; mais diverses considérations rendent cette opinion fort douteuse.
46. Cette faculté a évidemment beaucoup de connexion avec le corps. La conception d'une saveur acide excite la salivation ; la conception d'un instrument de torture appliqué à un membre produit une sensation semblable à celle qui résulterait de l'application même.
SECTION V
DE l'abstraction ».