IV PREFACE
qui touibent sous les sens, et qu'il faut de deux choses Tune, ou que les questions philosophiques soient résolues par des faits de cejtte nature, ou qu'elles demeurent éternel* lemeat indécises.
Voilà où en est parmi nous l'opinion publique sur les sciences philosophiques. Voici maintenant ce que nous pensons.
Noiis admettons pleinement avec Bacon que tout ce que nous pouvons connaître de la réalité se réduit à des faits que nous observons, et à des inductions tirées de ces faits sur la partie de la réalité qui échappe à notre observation. Nous ajouterons même, pour être plus complets, que nous tirons ces inductions au moyen d'un certain nombre de vérités ou axiomes primitifs qui nous révèlent ce que nous ne voyons pas dans ce que nous voyons, et sans lesquels nous n'irions jamais au*de]à des faits observés.
Nous sommes si convaincus de la vérité de cette doctrine, que nous ne l'admettons pas parce qu'elle est de Bacon, mais unique-
DU TRADUCTEUR
ment parce qu'elle représente elle-même un fait incontestable de Inintelligence humaine. Nous sommes donc d'accord sur ce premier point avec les naturalistes; mais nous ne croyons pas , avec eux^ qu'il n'y ait de faitii que ceux qui tombent sous les sens. Nous croyons qu'il y a des faits d'une autre nature^ qui ne sont point visibles à l'œil , point tangibles à la main, que le microscope ni le scalpel ne peuveni atteindre si parfaits qu'on les suppose^, qui échappent également au goût, à l'odorat et à l'ouïe , et qui cependant sont très obser* vables et très susceptibles d'être constatés avec
une absolue certitude.
Admettant des faits d'une autre nature que les faits sensibles, nous sommes forcés d'admettre aussi une autre observation que celle qui s'opère par les sens. Nous reconnaissons donc deux espèces d'observations comme nous reconnaissons deux espèces de faits.
Dès lors nous ne sommes point réduits à accepter la maxime des naturalistes , qu'il n'y a de certain que les £aits sensibles et les indue-