I. Du désir de connaissance
120. Le principe de curiosité apparaît de trèsbonne heure chez les enfans, et s'y développe pour l'ordinaire avec d'autant plus d'énergie qu'ils ont plus de capacité. La nature lui donne alors la direction qui convient le mieux à nos besoins. En effet, dans les premières années de la vie, on le voit s'attacher uniquement à ces propriétés des choses et à ces lois du monde matériel dont la connaissance est indispensable à la conservation de notre existence. Dans un âge plus avancé, sa direction cesse d'être uni-
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forme, et varie d'un individu à l'autre. De là celle multitude de routes diverses que preiinent les hommes. U importe peu que l'ou attribue cette divei^ence à certaines prédispositions naturelles ou à l'éducation. Toujours est-il que nous avons été faits de telle sorte et placés dans des circonstances telles y que cette divergence devait avoir lieu, et qu'ainsi elle est dans l'ordre actuel des choses. Sa cause finale est évidente. Grâce à elle, l'attention et les études de chacun se limitent et se concentrent ; et de là tous les avantages que la société tire de la division et de la subdivision du traTail intellect ueL
121. Le désir de connaissance n'est point un principe intéressé. De même que l'objet de la faim n'est pas le bonheur, mais la nourriture, de même l'objet de la curiosité est la connaissance, et non point le bonheur.