‹ Esquisses de philosophie morale, trChapitre 65 sur 73 · o •ESQOiâftSS · texte numérisé non relu

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feotion se rencontre dans. le caradère ^d'un hoamie^ il peut i arriver qu^tùié; «bonne qualité qn'il possède 'en ? même teàipa ; le^icfnde ."phiar «inisidérablè que s^il était contplèUÊiÊen t > ^ickrax. > :

tftS. En' faisant rnétne '^teti^àbtifMf de <ses considérations , et en supposant un^ èar«ô«èrè aussi pàt fait t^e la ; faiblesse huiâàiné. pé« iè comporter , diverses qualités de ^ l-amé, qui n'ont auèlin tappôîlt imniëâiat iivec le iaaérite inciral , sont tiéiie^saires' pùkt assurer :1& bmi|lieiir. On se èoiWaindra dé la justesse de cette* remarque j si l'ôti ieKamine combien notre tran<|uilHfté=est sus-^ cepliblei d'être affectée, '

1° Par notre caractère; . 2° ^ar jp^Ktre, imagination; â^. ! Par iios opinions ;i . ; Et 4^ pat nos habitudes. ■ '-'

''414*} Uaction que -notre conistitatiofi originielle et notre'éducationpriemière peuvent obtenir sur notre anae, par ces divçrseé voies y est très grande. Et lorsque cette influence lest d'une nature pei^nicieuse^ SI est diffidle* quelles précités de la philosophie puissent prdmptement réparer le malv Mais des.efforts persévérans de ntAve part peuvent beaucoup; et c'est pourquoi les;causes particulières que nous venonsd'énumérer méntenit notre atteniion^^;, non. seuleiHent

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à cause de leur connexion avec la question spéculative de l'essence du bonheur, mais sous le rapport des conséquences pratiques qui dérivent de leur étude.

Influence du caractère sur le bonheur.

&15. On peut donner au mot caractère une signification plus ou moins étendue. Nous Tem^ ployons ici pour désigner l'irascibilité naturelle de Tame. C'est la partie du caractère qui a le plus de rapports avec le bonheur, à cause des plaisirs et des peines respectivement attachés à l'exercice de nos affections bienveillantes et malveillantes (§ 147-157).

416. Nous avons distingué le ressentiment en instinctif et délibéré (§ 154); nous avons observé que le dernier a toujours pour objet Tin»^ tenlion de la personne, et qu'il implique un sentiment de justice, ou de bien et de mal moral.

417. Dans quelques hommes, l'impulsion animale ou instinctive est plus forte que che2 d'autres. Il arrive aussi que, sans être naturellement plus forte, cette impulsion a été négligée dans la première éducation ^ et n'a pa& été accoutumée au frein dé la raison. Dans les deux

cas, il en résulte un caractère vif et irascible. C'est un défaut que l'on remarque souvent dans les hommes passionnés et généreux, et qui altère leur bonheur, moins encore par les effets qu'il produit sur leur ame que par les malheurs accidentels auxquels il les expose.

418. Lorsque le ressentiaient animal ne sV paise point immédiatement, c'est que nous sommes convaincus de la mauvaise intention de là personne qui en est l'objet. Si donc celte persévérance de ressentiment se renouvelle assez fréquemment dans un individu pour déveàif un trait de son caractère, on peut en conclure qu'il a du penchant à interprét^el* défavorablement les actions d'autrui. Il est des cas où cette disposition provient d'une conviction ^tahlîe de la dépravation hunvaine; mais, en général, elle prend sa source dans un mécontentement de nous-mêmes, né de la conscience de nos propres vices et de notre propre folie. Et c!est ce mécontentement qui pousse la personne qui l'éprouve à se distraire d'elle-même, et à rejeter sur les fautes imaginaires des autres les n^otifs de sa mauvaise humeur.

A19. Rien tt*est plus ■ 'propre à guérir cette maladie de l'ame que la culture de cette bonne foi dans l'appréciation àes motifs d'autrui, qui

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s'acquiert par la considération habituelle de notre propre faiblesse et des circonstances sans nombre qui peuvent donner à la conduite humaine l'apparence du vice, indépendamment de toute intention criminelle.

&20. Un autre remède qiii n'est pas à dédaigner, c'est de supprimer autant que possible les signes extérieurs de mauvaise humeur et de violence. C'est un moyen d'adoucir graduellement l'irascibilité de l'ame^ et de se rendre aussi ^ non seulement plus agréable aux autres, mais encore moins insupportable à soi-même. La dépendance est si étroite entre l'Orne et le corps, qu'il suffît d'imiter l'expression d'une passion forXe pour l'exciter en soi à quelque degré, et que, d'une autre part,, la suppression des signes extérieurs tend à calmer la passion qu'ils indiquent.

/iâl, L'influence du caractère sur le bonheur est cop^idérablement augmentée par une autre circonstance; l^s mêmes causes qui éloignent nos cœurs de xios semblables nous disposent à prendre de fâcheuses idées sur le cours des alTaires humaines, et par une rapide transition nous conduisent à un scepticisme désespérant.

&22. De même que dans ce cas le caractère influe sur les opinions, de même les idées que nous nous Formons sur l'administration du monde et

particulièrement sur la coDdition et la destinée de rhomme influent sur le caractère. La croyance à un Dieu souverainement bon et parfaitement sage introduit dans notre cœur une douce satis* faction . A la pensée que Tordre et le bonheur prévalent en ce monde, nous sentons s'apaiser en nous la discorde des passions. Ainsi se calme notre ame quand au fond de quelque t*etraite cachée et tranquille nous contemplons la sérénité paisible d'une soirée d'été.

Influence de ^imagination sur le bonheur,

AâS. Une éducation libérale nous accoutume à détourner notre attention des perceptions préseû tes pour la porter à notre gré sur les objets absen&^passés ou futurs; c'est là un de ses principaux effets. On voit, du premier coup, combien cette habitude élargit le cercle de nos plaisirs et de DOS peines; car, sans parler des souvenirs du passé, toute cette portion de bonheur et dé misère qui résulte de nos espérances et dé dos CTaiDtes doit entièrement son existence à Fimagination.

&2A.. Il est vrai que chez quelques personnes l'imagination, n'ayant d'autre objet que la prévision ou le souvenir des impressions sensuelles, n'engendre ni beaucoup de peines ni beaucoup de plaisirs.

&â5. Mais chez d'autres^ c'est une source de vives amertumes , quand l'âme a été de bonoe heure abattue par le scepticisme ou' alarmée par lesteiTeurs de la supei*stition.

436. A ceux dont l'éducation a été bien diri* gée, l'imagination ouvre une source inépuisable de jouissances^ ofTrant sans cesse à leur pensée les plus nobles images de l'humanité, les plus consolantes idées de la Providence , et dorant , sous les sombres nuages de la mauvaise fortune, la perspective de l'avenir. '

427. La vivacité des peintures qu'enfante VU magiùation dépend probablement en partie de la constitution originelle, mais beaucoup plus du soin qu'on a pris de cultiver cette faculté dès l'en- Êince. La nature gaie ou triste de ces peintures dépend presque entièrement des associations que nos premières habitude^ nous ont conduits à former.

428. Même sur les hommes dont l'imagination n'a reçu que peu ou point de culture , l'association garde un grand pouvoir; elle est toujours pour quelque chose dans l'appréciation qu'ils font de la valeur des objets externes. L'empire qu'exerce l'éducation sur cette partie de notre constitution lui donne une immense influence sur notre bonheur (§ 60).

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/i29. L'ame garde profondément Femp^Hsinte des premières impressions. Pour les effacer , le raisonnement ne suffit pas; il y a plus de ressources dans les associations contraires qu'un autre genre d'étude et d'occupation, un changement de lieu, d'habitudes et de société, peuvent amener.

Influence des opinions sur le bonheur,

&30. Par opinions nous n'entendons pas seulement ici les résultats spéculatifs auxquels nous avons donné notre assentiment, mais les croyances qui ont pris racine dans l'ame et qui exer* cent sur notre conduite une influence habituelle,

/i31. Une très grande et très importante partie de tes opinion^ nous viennent de l'éducation et se rattachent à nos premières habitudes intellectuelles, ou s'introduisent en nous avec les moeurs et les usages de noire époque.

&â3. Les efforts et la persévérance d'une ame réfléchie et vigoureuse peuvent souvent corriger jusqu'à un certain point ce qu'il y a de faux dan$ dé pareilles opinions. Mais ooinme ces âmes capables de réflexion sont comparativement peu nombreuses, c'est un devoir pour tous ceux qui ont éprouvé l'heureux effet de principes plus

justes el plus élevés, de faire aulaut qu'ils le peuvent partager aux autres le même bienfait. Le sujet est trop vaste pour que nous en traitions dans un ouvrage dont le plan exclut tout développement; mais le lecteur le trouvera discuté d'une manière étendue dans une longue section des Principes de la science morale et politique de Ferguson.

lufluenco des habitudes sur le bonheur,

4ââ. Nous avons déjà fait remarquer jusqu'à quel point l'habitude sait nous réconcilier avec les inconvéniens de notre situation (§ Mk)j et cette observation nous a fourni l'occasion de faire ressortir la bonté de Dieu, qui^ non content d'avoir mis à la disposition des principes de notre nature une foule d'objets qui leur sont appropriés^ nou$ a doués d'une flexibilité assez grande pour nous accommoder aux circonstances mêmes qui répugnent le plus à ces principes.

43&. Toutefois, cette tendance de notice ame à s'attacher aux objets avec lesquels elle a des rapports familiers peut, dans quelques cas, devenir pour elle une source de contrariétés fâcheuses, et même la rendre insensible aux plus douces jouissances de la vie. Les habitudes de l'enfance et de l'adolescence l'emportent tellement en ténacité sur celles d'un âge plus avancé, qu'on £^

dit avec raison qu'elles étaient pour nous une seconde nature. Si par malheur donc les circonstances parmi lesquelles elles sont nées ne dépendent point de nous, elles laissent notre bonheur sans garantie et nous livrent au caprice de la fortune,

635. La meilleure manière d'assurer pour Tave-* nir le bonheur des eafans, c'est de les accoutu^ mer à des occupations et à des plaisirs qui ne puissent jamais se dérober à leur pouvoir ^ et que tout individu puisse dans tous les temps se pro-^ curer. Grâce au ciel, ce sont précisément les travaux et les plaisirs de cette espèce qui nous donnent les jouissances les plus substantielles et les plus vraies, et si l'éducation secondait judicieusement sous ce rapport les indications de la nature, ces travaux et ces plaisirs simples s'ap proprieraient facilement tous les charmes factices que les vanités du monde empruntent et ne doi-^ vent qu'à Tassociation,

636. Le choix d'un but d'activité dépend toujours de nous dans le principe. Il est de la dernière importance que dans nos délibérations à cet égard nous ne perdions point de vue l'influence de l'habitude sur le bonheur des hommes, et que nos plans ne se ressentent point de ces engouemens et de ces préjugés qui égarent si souvent l'intelligence dans la conduite de la vie. « Cboi-»

» sis y dit Pythâgore^ le plan de conduite le meil- » leur y et l'habitude te le rendra bientôt le plus ' » agréable. »

437. Ijes remarques précédentes ont pour objet ce qui est essentiel pour être heureux, c'est-àdire les circonstances constitutives de cet état de i'ame hors duquel on ne peut goûter aucune autre jouissance.

&38. Cette base supposée, chaque individu sera d'autant plus heureux, qu'il pourm mieux se procurer et retenir à sa disposition tous les différens plaisirs qui appartiennent à notre nature,

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