Ces plaisirs peuvent être rapportés aux chefs suivans
1" Plaisirs de l'activité et du repos;
2^ Plaisirs des sens ;
S"" Plaisirs de l'imagination ;
4^ Plaisirs intellectuels ;
5" Plaisirs du cœur.
440. Un examen comparatif de ces différentes classes de plaisirs est le complément indispensable des recherches concernant le bonheur. Cela est vrai , même dans les principes du stoïcisme;
car c'est le seul moyen de constater la valeur re< lative des differens objets que nous pouvons préférer ou rejeter.
441 . Toutefois y un pareil ej^amen nous jetterait dans des détails incompatibles avec le plan, et étrangers au dessein de ces Esquisses. Ceux qui voudront s'y livrer verront s'ouvrir devant eux un champ de spéculations aussi curieuses qu'utiles, et beaucoup moins épuisées par les moralistes qu'on ne pourrait le croire d'après leur importance.
442. Tout ce qui précède nous conduit à cette conclusion pratique, que le plan le plus sage à suivre dans la recherche du bonheur n'est pas seulement compatible avec une stricte observation des règles de la moralité, mais se trouve en grande partie compris dans ces règles; en sorte que le bonheur de notre nature aussi bien que sa^ perfection consistent à faire notre devoir en nous inquiétant aussi peu de l'événement que la faiblesse humaine nous le permet.
443. Avant d'abandonner ce sujet , il peut être utile d'observer encore une fois (§ 172) que nonobstant les heureuses conséquences d'une vie vertueuse, le principe du devoir et le désir du bonheur sont radicalement distincts. La paix de l'âme, qui est la récompense immédiate des
bonnes actions, et le senlimenlde mérite qui les accompagne y forment sans doute, indépendamment de l'expérience , une forte présomption en faveur de la connexion du bonheur et de la vertu; mais les faits qui, dans la vie humaine, justifient cette conclusion , ne sont point évidens aux spectateurs ordinaires, et les philosophes de tous les âges ne se seraient point si unanimement accordés à l'adopter, s'ils n'y avaient été conduits par une voie plus courte et plus directe que Texamen des conséquences éloignées du vice et de la vertu.
lillk- On peut ajouter que si dans Fliomme de bien ce désir du bonheur était le principe d'action unique ou même dominant, ce principe ne pourrait guère manquer de lui ravir ce qu'il cherche, en remplissant son amede conjectures iiKfuiétantes sur l'avenir, et de calculs embarrassans sur les diverses chances de bien et de mal. L'homme, au contraire , dont le sentiment du devoir est le principe régulateur, se conduit dans les affaires de la vie avec hardiesse , conséquence et dignité, et trouve, sans le chercher, ce bonheur qui trompe si souvent la poursuite de ceux qui mettent à l'alleindre toutes les facultés de leur esprit.
SECTION IV
DES THEORIES ÉLEVÉES SUR L OBJET DE l'aPPROBA-