C'estparfois la malice de ses ennemis
qui fait tomber un gouvernement el presque (oujours rincapacite de ses amis qui Tempeche de se relever.
101. — Changer de parti est, gen^ralement, chose assez delicate ; Famour-propre, les convenances mondaines et la crainie du qn'en dira-ton, Tesperance, enfin, de tirer profit des convictions par nous affichees, retiennent chacun et nous restons attaches a une cause, precis^ment par les motifs les plus propres a nous d6tourner de jamais la bion servir.
102. — C'est le sentiment de Tactualile qui domine les peuples comme les individus et la religion du souvenir n'est guere de celles dont ils pratiquent le culte. Un parti dont les titres ne reposeraient que sur la memoire de services rendus, il y a longtemps, sera pour les masses, ce qu'est aux yeux du monde un vieux beau entendant Stre aim6 encore, parce qu'il a jadis ete aimable.
103. — Conserver le pouvoir est pour certains partis, mpins ais6 que de s'en emparer. On ne saurait mieux les comparer qu'a ces escarpes, lesquels se montrent plus habiles a monter un coup qu'k se d^fendre, une fois pris.
104. — 11 est des cas ou tenter de semer la division au sein d'un parti, constitue la seule preuve reelle de devouement qu'on lui puisse donner, puisque c'est parfois Tunique moyen qui reste de Tarracher aux intrigants qui Texploitent et le perdent.
105. — Pour un parti, tout attendre de la force des choses, c'est avoir tout a craindre de la faiblesse des hommes qui le dirigent.
106. — Supposez une cite sans force publique pour maintenir Tordre ni tribunaux pour punir les mefails et dont la police se trouverait specialement confiee h la vigilance de messieurs les escarpes. Vousaurez Timage fidele d'un parti dont la direction serait remise aux bonnes volont^s individuelles et oil rien ne prolfege les gens honnetes et devoues centre les intrigues des faiseurs.
107. — Ne pas commettre de fautes constitue souvent pour un parti, la plus lourde de toutes, etant donn6 que ceux-lk seuls ne se trompeut pas, qui ne font jamais rien.
108. — C'est un grande cause de faiblesse pour un parti, lorsque ceux qui le composent, tout en poursuivant une solution identique, y aspirent neanmoins au nom de principes opposes. j
109. — Pour des chefs de parti, temoins du tripmphe de leurs adversaires, c'est une Iriste consolation que de se dire qu'ils ont eu Tart d'6chouer sans se compromettre.
410, — L'on a vu plus souvent un parti triompher par la superiorite de ses chefs que par cello de son organisation.
ill. — La ruine d'un parti, ce sont bien moins les fautes commises que Tesprit de coterie qui les a fait commettre.
112. — Pour un parti politique, commo pour une fortune privee, demeurer stationnaire semble la chose du monde la plus malaisee et cesser de faire des progres, c'est forcement marcher a la ruine.
113. — Le plus grand danger pour tout parti qui recoaquiert le pouvoir, c'est de ne pas tenir assez compte dans ses precedes gouvernementaux, des changements imposes par la marche du temps et les evenements.
114. — Hen est des partis comme des individus, Ton court moins de risques a les trahir et a les tromper qu'a les pretendre servir trop fidelement.