‹ Esquisses et sentencesChapitre 8 sur 57 · Une haute situation fait ressbrtir les · texte numérisé non relu

Une haute situation fait ressbrtir les

d6faut8 de celui qui I'occupe aux yeux des gens senses. Elle produit Teffet opposS sur les autres et permet h celui-ci de se montrer sot tout h son aise, sans qu'on ose seulement le juger ridicule.

86. — La premifere illusion d'un sot est de toujours se figurer qu'il puisse commettre des sottises impun^ment.

87. — Le sot est toujours sur le point de r^ussir dans les affaires s6rieuses, de meme que le faineant k la veille de faire quelque chose d'utile.

88. — C'est le propre d'un sot, de toujours se figurer en imposer aux autres a proportion qu'il se montre plus malveillant k leur egard.

89. — Convaincre un insens6 de sa folie a parfois 6t6 un moyen de Ten guerir et prouver a un sot qu'il a 6t6 ridicule, le plus sur des procedes pour s'en faire un ennemi.

90. — C'est le propre d'un sot, de ne jamais d6sesp6rer du succfes d'une entreprise, tant qu'il lui reste I'esp^rance d'une sottise a commettre.

91. — Ce dont un sot se rend le moins de compte, ce sont des repugnances qu'il inspire et il espere toujours ramener k force d'obsessions ,

ceux quMl a d6j& d^goiitSs par ses pr6c^deutes importunit6s.

92. — On ne gagne pas plus la confiance d'un sot k liii parler raison que celle d'un homme sense k force de lui proposer des extravagances.

93. — Le fourbe se juge habile parce qu'il trompe autrui et le sot parce qu'il essaie de le tromper.

94. — Le sot met son amour-propre k ne pas s'avouer ses defauts k lui-meme et le sage a les cacher a autrui.

95. — C'est uue bien grande force que d'etre complet dans son genre, et voilk ce qui rend parfois rimb^cile de profession si sup6rieurirhomme d'esprit sans jugement.

96. — La gravite est le s6rieux des sots, de meme que le mensonge, Thabilete des maladroits.

97. — La force de Thomme d'esprit, c'est qu'il salt a propos se montrer importun et la faiblesse du sol, de ne jamais parvenir qu'k se rendre insupportable.

98. — Le sot qui a de Thumeur contre les autres ne se figure d'ordinaire de meilleur moyen

de les desobliger que de leur reprocher ses propres defauts.

99. — L'iDCOQVenieiit des sots amis, c'est qu'ils ne nous ea veulent guere moins des fautes qu'ils out commises que de celles dans lesqueiles nous les avons empeches de tomber, aussi bien que des fautes qu'ils nous ont fait commettre h nous-memes.

100. — L'esprit ne supplee pas plus au jugement, ni la beaute a la grAce, que le superflu ne saurait suppleer k Tutile ou remplacer le necessaire.

101. — C'est a peine si Tesprit constitue un avantage par lui-meme ; il lui faut pour acqu6rir son prix, etre uni au jugement etTon pent dire de lui comme de Targent, que c'est, a la fois, ua maitre detestable et un excellent serviteur.

102. — L'esprit nous est necessaire pour n'etre pas trop enfles des autres avantages que nous possedons et le jugement pour savoir ne pas tirer vanite de notre esprit.

103. — En fait d'esprit comme en fait d'argent, le plus sage est de savoir vivre sur son propre fonds et d'eviter les emprunts.

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