TRISTESSE AU BORD DE LA MER
La redoutable Até, fdle de Zeus, s'acharne contre les Grecs.
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Nous fûmes à Phalère.
Non au nouveau Phalère, ce n'est qu'une charmante station de bains, mais au vieux, et bien loin, là-bas sur les rochers où la mer me parle et m'entend.
Des fleurs frissonnent sous la bise ; nous en cueillons. Mais lorsque celte amarante azurée qui
pousse dans le sable montra sa tête délicate, nous rejetâmes toutes les autres fleurs.
Tiberge se mit à réciter :
Tu sei savio e'ntendi me' ch'io non ragiono...
Je suis triste et je marche au bord des flots profonds,
Courbé comme celui qui songe...
L'inconstance d'une âme en ses plaisirs légère, Inquiète, et partout hôtesse passagère.
— Ah ! dis-je, vous mêlez Dante et Hugo et La Fontaine.
— Oui, me répondit Tiberge, ce sont trois poètes que j'ai découverts. Personne n'ignore que j'en fais profession.
Avec de larges cailloux bien polis et doucement colorés, il exécute des ricochets à travers les crêtes des vagues ; puis je l'aperçois sur l'extrême pointe du promontoire.
— 0 fantôme, lui dis-je, je t'ai créé afin que tu parles avec une des mille voix de mon âme ; et j'ai voulu te nommer Tiberge, en souvenir des larmes que j'ai versées (quelques bouteilles de Saumur mousseux y aidèrent sans doute) une nuit sur la page où l'on lit comment le sensible Chevalier retrouva son ami à la Nouvelle-Orléans. 0 fantôme, je n'ai plus besoin de toi, adieu !
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