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MAURICE BARRES ET UATTIQUE

Pour être admiré, Maurice Barres n'avait aucunement besoin de son entrée à l'Académie. Il faut cependant nous en réjouir. Une vie de grand artiste, harmonieuse dans le bonheur, n'est pas chose commune.

Un talent supérieur s'accommode, certes, de la mauvaise chance et des embûches du destin. Mais quel sombre plaisir de le constater !

Sans parler des exemples célèbres, qui foisonnent, n'avons-nous pas eu sous les yeux celui de Paul Verlaine ? Ce poète a vécu dans une discordance qui était une parfaite harmonie : ses malheurs et ses fautes ne lui firent point transgresser la règle de l'Idéal.

Je songe à son enterrement par une matinée d'hiver. Un blanc soleil rayonnait sur la ville, plein d'allégresse, malgré son peu de force et la bise aiguë. On descendit le cercueil, de cette maison d'un vieux quartier, morne et chancelante, où le poète s'était éteint. Après l'absoute, dans le joli décor de Saint-Etiennc-du-Mont, le convoi traversa Paris. Les

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Lettres et les Arts accompagnèrent pieusement la dépouille de Paul Verlaine au doux cimetière des Batignolles.

Je n'ai pas oublié les paroles, nobles et véhémentes, que Barrés fit entendre sur la fosse du poète...

A chaque nouvelle production, le talent de Maurice Barrés gagne en hauteur, en vigueur, en pureté. On connaît le charme de ses premiers ouvrages. Ses grands romans firent voir qu'il excelle aussi dans le sévère et l'étoffé. Du Sang, de la Volupté et de la Mort, enivre et parfume. Et voici que le Voyage de Sparte récapitule et renforce tous ces dons précieux d'un tempérament souple et solide.

Les remarques y sont choisies, les descriptions d'une belle brosse. Ici, la passion tamise l'esprit, là l'esprit la passion. Quand l'auteur parle de Phidias ou d'Anaxagore, il enseigne sans peser. L'épisode de l'Arménien Tigrane touche comme une élégie ; l'assassinat de Capo d'Istria est une estampe.

Barrés a-t-il méconnu l'Attique ? Nous verrons tout à l'heure comment ses doutes et ses scrupules s'arrêtèrent soudain devant Pallas-Athéné, tels les coursiers du fils d'Hyperion, le jour où la déesse jaillit delà tète paternelle.

Enfin, offrande encore à la Grèce, le livre est dédié à iM'"" la Comtesse de Noailles, sœur d'Erinna

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