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MOYEN- AGE

SO^. -—Dès 428, les Vandales, en Espagne, avaient édô la place aux Wisigolhs , qui bientôt se trouvent mitres de la Gaule méridionale et de l'Espagne entière, auf le petit royaume des Suèves au M.-O., dont cependant s s'emparent en 585.

534. — Bélisaire, général de Justinien, empereur 'Orient, reprend l'Afrique aux Vandales et Vitale aux 1-oths, dont il emmène le roi Vitigès prisonnier à Constannople (540). Vainqueur de Ghosroès, roi de Perse (543), il st rappelé en Italie par les succès de Totila, et reprend tome sur ce conquérant ; mais le manque de troupes le con- L-aint d'abandonner ses conquêtes. Sur la fin de sa vie, il est ccusô de conspiration et disgracié par son maitre, qui plus ard lui rend sa faveur. 11 meurt en 565.

> 5«S8.' — Narsès, successeur de Bélisaire, s'empare définitivement de l'Italie sur Tolila. Mais outragé par l'impératrice Sophie, il appelle les Lombards qui franchissent les ilpes sous la conduite d'Alboin , et fondent au nord de j'ïtalie un royaume, conquis par Gharlemagne en 774.

5©5. — Grégoire-le-Grand conclut avec les Lombards m traité honorable, s'efforce de les soumettre au christialisme, établit le rite grégorien, et envoie Augustin convertir a Grande-Bretagne.

©13. — Galsuinde , femme de Chilpéric, l'un des fcmatre fils de Clotaire Ier, est étranglée à l'instigation de fedégonde, sa rivale. Brunehaut, reine d'Austrasie et |sœur de Galsuinde, jure de venger la victime. De là des empoisonnements, des meurtres et des guerres acharnées, m milieu desquels Frédégonde meurt victorieuse (597), i.près avoir assuré le trône à son fils, Clotaire II. Celui-ci

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fait mettre en pièces, par un cheval fougueux, Brunehaut,i sa captive, âgée de plus de 80 ans (643).

63%. — Né vers 570, M ahomet commence sa mission en? 640. Il se dit prophète et envoyé de Dieu. Il professe unei nouvelle religion qui tient du judaïsme et du christianisme.( L'opposition qu'il éprouve dans la Mecque, sa patrie, de lai part des Koreichites, l'oblige de s'enfuir à Iatrippa (Médine), qui l'accueille avec transport (622). C'est le commencement» de l'ère mahométane, appelée Hégire (fuite). Il meurt en 632, et ses successeurs, les califes (c'est-à-dire lieutenants)' étendent au loin leurs conquêtes et le Koran, ou livre pafo excellence.

e®1?. — Pépin d'Héristal, duc d'Austrasie, bat àTestry,; près de Péronne, Thierry III, roi de Neuslrie,et le force à conclure la paix, dite de Testry, et à lui donner la mairie du: I Palais. Dès ce moment, le triomphe de l'Austrasie sur lai Neustrie est assuré; et en 752, Pépin-le-Bref monte sur le. trône des Francs.

91 i. — Roderic ou Rodrigue, dernier roi des Wisigoths d'Espagne , avait (710) détrôné Vitiza. Les fils du prince détrôné appellent à leur aide les Arabes, commandés par Ta-;; rik. Celui-ci (711) s'empare de Calpé (Gibraltar). Rodrigue marche à sa rencontre avec 90,000 hommes. Les deux arméesluttent pendant neuf jours, et le troisième jour, Rodrigue vaincu à Xérès de la Frontera, se noya dans le Bélis.

9^%. — Maîtres de l'Espagne, les Sarrazins ne tardenj pas à envahir la France, sous la conduite du vice-roi; Abdérame. Charles-Martel les arrête et les taille en pièces près de Tours et de Narbonne. Ces victoires ont peut-être sauvé l'Europe de l'Islamisme.

%&&. — Successeur de Pepin-le-Bref, Charlemagne* donne son nom à la dynastie carlovingienne. Il détrône

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Didier, dernier roi lombard (174) ; entreprend contre les Saxons une guerre de trente-trois ans, dans laquelle ils sont vaincus malgré l'héroïsme de leur chef, Witikind, qui finit par se soumettre et se convertir. Dans l'intervalle de cette ^grande lutte, Gharlemagne franchit les Pyrénées et recule son empire jusqu'à PÈbre. Au retour, son arrière-garde esi 'taillée en pièces à Roncevaux, où périt son neveu, le palaidin Roland (778).

80©. —Une révolte contre le pape Léon III, fournit à ;Charlemagne l'occasion de rendre au Saint-Siège de nouveaux services. Le pape reconnaissant le proclame Auguste, jc'est-à-dire empereur d'Occident, le jour de Noël de l'an 800, dans l'église des Saints-Apôtres.

; 8*1. — Egbert, roi de Wessex, s'était retiré dans sa jeuinesse à la cour de Gharlemagne, pour éviter les embûches ide l'usurpateur Brithric. Après la mort de cet homme (799), jil revient dans sa patrie, se fait, de nouveau, proclamer roi de Wessex, et, de cette époque à 827, parvient à réunir sous ;sa puissance tous les états de YHeptarchie.

\ 84$. — Charles-le-Ghauve et Louis- le-Germanique, fils de Louis - le - Débonnaire, ligués contre l'ambitieux jLothaire, leur frère aîné, remportent la fameuse victoire de BPontenai (841), où périt presque toute l'ancienne noblesse [mérovingienne. Une nouvelle alliance se forme à Strasbourg, entre Charles et Louis (842), et, pour la première fois, Ion emploie dans le traité le langage populaire de la Gaule et jde la Germanie.

! 8S 3 . — C'est du règne de Charles-le-Chauve que datent [l'affaiblissement de la race carlovingienne et la puissance de la féodalité, qui, après l'édit de Quierzy-sur-Oise, se constitue définitivement, par l'appropriation héréditaire des béné- [fices,

911. — Conrad Ier, duc de Franconie, élu roi de Germanie, fait la guerre à Henri, fils d'Othon, duc de Saxe, , puis au duc de Bavière, et meurt (918) en combattant les • Hongrois. Il désigne lui-même pour son successeur son t rival Henri, surnommé l'Oiseleur.

©1^. — Dès 812 ou 813, Charlemagne avait vu des ? barques de Normands tenter une descente sur les côtes de ; France. Sa mort fut comme le signal d'une invasion gêné- raie de ces pirates. Enfin, Charles-le-Simple abandonne à i leur duc Rollon la Neustrie, qui, depuis cette époque, prit l le nom de Normandie.

O©!. — Othon-le-Grand, élu roi de Germanie en 936, épouse en 951 Adélaïde, veuve de Lothaire, roi des Lom- bards, et, par suite de ce mariage, prend pied en Italie. Il I force Bérenger, marquis d'Ivrée, à se reconnaître son vassal, le dépose ensuite à Milan, et se fait couronner roi d'Italie en 961. Empereur en 962, il soumet la Lombardie i entière , et réunit le royaume d'Italie à l'empire d'Allemagne.

381. — Hugues-Capet, chef delà dynastie capétienne, d proclamé roi en 987, dans l'assemblée de Noyon, choisit Paris pour sa résidence, associe son fils Robert à la royauté (988), et se fait livrer, par l'évêque Adalbéron, son compétiteur Charles de Lorraine, oncle du dernier roi (991). Ill meurt en 996.

S98. — Wladimir, grand prince de Russie, force les empereurs grecs, Basile II et Constantin VIII, à lui donner leur sœur en mariage. A cette occasion il se fait chrétien, et ordonne que tous ses sujets soient baptisés.

lOOO. — Par une fausse interprétation de l'Apocalypse, la Chrétienté croit toucher à sa fin. On lègue ses biens aux

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monastères, on s'entasse dans les couvents, en attendant le jour fatal qui passe comme les autres.

1066. — Alléguant un testament d'Édouard-le-Confesseur, Guillaume-le-Conquérant, duc de Normandie, passe en Angleterre, et triomphe à la bataille d'Hastings (1066) de son compétiteur, le saxon Harold. Il est le chef de la dynastie normande.

ïôîS. —Le moine Hildebrand, devenu pape sous le nom de Grégoire VII, réclame pour la puissance spirituelle le droit d'accorder l'investiture aux évoques, et engage avec l'empereur Henri IV une lutte terrible, connue sous le nom de Querelle des Investitures. Henri, excommunié, s'humilie d'abord aux pieds du pontife (1077) ; mais il se relève bientôt, et lui oppose l'anti-pape Guibert, sous le nom de Clément III. Grégoire VII appelle à son secours le Normand Robert Guiscard,duc de Calabre,qui le rétablit sur son siège, mais remplit Rome de sang. Persécuté par ses sujets, Grégoire suit ses libérateurs à leur départ , et meurt , peu après , à Salerne (1085).

1O0S. — La première croisade est prêchée par un moine, Pierre l'Ermite, à son retour d'un pèlerinage en terre sainte, et par le pape Urbain II, aux conciles de Plaisance et de Clermont. Deux armées, conduites, l'une par Pierre l'Ermite, l'autre par Gauthier-Sans-Avoir, disparaissent, décimées par les Turcs, dans les plaines de l'Asie- Mineure. Une troisième, plus régulière, commandée par Godefroy de Bouillon, s'empare de Jérusalem (1099). La Palestine est érigée dès-lors en royaume féodal, jusqu'à Guy de Lusignan, détrôné par Saladin (1187).

llOS. — On appelle Communes les associations formées, au 11e siècle, par les habitants d'une même ville, pour se défendre contre les exactions et les violences des seigneurs féodaux. La première commune est celle du

Mans (1070). Loùis-le-Gros, voulant ménagera la royauté d'utiles auxiliaires, favorise rétablissement des Communes.

lien. — Le petit pays au nord du Douero et au sud du Minho, prend, à partir du 9e siècle, le nom de comté de Porto Calle (d'où Portugal). Alphonse VI de Gasti lie (1095) en investit l'aventurier Henri de Bourgogne, qui l'enlève aux Arabes et le transmet à son fils Alphonse Henriquez. Celui-ci se déclare indépendant, après la victoire d'Ourique(1l39).

114©. — Pierre Abailard (1079-1142) ouvrit une école dès l'âge de 22 ans , et attira sur la montagne Sainte- Geneviève, à Paris , jusqu'à 3,000 auditeurs. Mais ayant voulu faire intervenir le raisonnement dans les questions religieuses, il vit ses doctrines condamnées , d'abord au concile de Soissons (1122), puis au concile de Sens (1140), et lutta principalement contre saint Bernard, inflexible représentant de la foi.

1214. — Une ligue se forme contre le roi de France Philippe- Auguste, dont la puissance est devenue formidable. On y compte Jean-sans-ïerre , l'empereur Othon IV, son neveu, les ducs de Saxe, de Lorraine et de Brabant, les comtes de Hollande et de Limbourg, de Flandre et de Boulogne. Philippe gagne sur tous, le 27 juillet 1214, la bataille de Bouvines, qui assure toutes ses conquêtes, et donne à la France une prépondérance marquée.

1%13. — Gengis-Khan, né l'an 1164, d'abord simple chef de horde, agrandit ensuite prodigieusement son faible héritage. Il conquiert le pays des Mongols Naimans, celui des Tartares Oïgours (1209), la Chine septentrionale (1213), la Corée (1219), la Transoxane (1221), le Khoraçan et l'Irak-Adjémy (1222), le Kharisin et plusieurs provinces de la Perse orientale ; enfin le Kandahar et le Moultan (1224),

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Il meurt en 1227, après avoir partagé ses vastes états entre ses quatre fils.

1%SS. — Mainfroi, tuteur de Conradin, usurpe la couronne des Deux-Siciles sur son pupille. Attaqué au nom du Saint-Siège par Charles d'Anjou, il perd le trône et la vie à Bénévent (1266). Charles déshonore sa seconde victoire (de Tagliacozzo),en faisant décapiter le jeune Conradin, son prisonnier. Les Siciliens irrités entrent dans une vaste conspiration ourdie par Jean de Procida. Le lundi de Pâques (1282), 30 mars, au coup de la cloche de Vêpres, les Français sont massacrés au nombre de 8,000, à Palerme et dans le reste de la Sicile.

1306. — Il serait difficile d'indiquer le premier inventeur delà boussole; il parait qu'en Chine elle était connue antérieurement au 14e siècle. On en doit le perfectionnement à Flavio Gioja. La première fonderie de canons a lieu en Angleterre (1321) et en France (1338).

1SOS. — Pendant la période féodale, la Suisse se trouve divisée en une foule de fiefs de tout ordre, dont un grand nombre appartient à la maison d'Autriche-Hapsbourg, lors de l'avènement à l'empire de Rodolphe Ier (1273). Albert, fils de Rodolphe, tend à soumettre toute l'Helvétie (depuis 1304); mais l'oppression de ses agents, entre autres de Gessler, soulève les trois cantons d'Uri, Schwitz et Unterwald. Alors a lieu le serment du Grutli, entre Stauffacher, Furst et Melchthal ; Guillaume- Tell tue Gessler, et les trois cantons s'organisent en ligue perpétuelle, noyau de la confédération helvétique.

13lO. — Créé en 1310, après la conjuration de Boémond Tiépolo, le Conseil des Dix (à Venise) ne devait exister d'abord qu'un court espace de temps ; mais prorogé d'année en année, il finit par être déclaré perpétuel en 1325. Depuis

ISO PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS

lors, cette terrible magistrature domine la république de Venise, et ne tombe qu'avec elle.

131^. — Les Templiers formaient un ordre militaire et religieux, fondé vers 1 1 18, à Jérusalem, dans le but de protéger les pèlerins ; ils faisaient les trois vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance, etne devaient vivre que d'aumônes; — mais devenus peu à peu riches et puissants , ils excitèrent l'envie ; on les accusait d'orgueil et de vices infâmes. Le roi de France, Philippe-le-Bel, saisit avec habileté ces prétextes, et, le 13 octobre 1307, tous les Templiers furent arrêtés a la fois avec leur grand-maitre , Jacques de Molay. —On leur fit leur procès, et 3a plupart furent brûlés vifs en 1314. — C'est en 1312 que le pape, Clément VII, supprima l'ordre.— On les appelait Templiers, parce que Baudouin II, roi de Jérusalem, en 1 1 18, leur avait donné une maison près de l'église, qui était jadis le temple deSalomon.

îS^8.— A la mort du roi Charles IV le Bel, Edouard III fit valoir ses droits à la couronne de France, comme petitfils de Philippe IV le Bel , par sa mère, Isabelle. — Repoussé par les Etats-Généraux, qui proclamèrent Philippe VI, petit-fils de Philippe III le Hardi, le roi d'Angleterre déclara la guerre à son rival. Cette guerre, qui dura cent ans, de 1337 à 1437, est une des plus désastreuses des annales françaises. — On y voit les funestes journées de Crécy, de Calais, de Poitiers, &Àzincourt. — Elle se termina par l'expulsion des Anglais sous Charles VII , qui dut son royaume à Jeanne d'Arc.

184' V. — Nicolas Rienzi, fils d'un pauvre cabaretier, proclame à Rome (20 mai 1347) une constitution nouvelle, et reçoit le titre de tribun avec un pouvoir dictatorial. Il veut réunir l'Italie en une seule république, dont Rome sera le centre. S'étant aliéné les esprits, il est massacré dans une révolte (8 octobre 1354).

de l'histoire chronologique. 151

13&&. — MarinoFaliero, doge de Venise (1354-1 355), furieux contre le patricien Sténo, qui l'avait outragé, et contre le tribunal des Quarante, qui n'avait condamné le coupable qu'à deux mois de prison et un an d'exil, forme, avec des conspirateurs subalternes, une conjuration contre la vie de tous les patriciens. Le complot se découvre par la révélation d'un des conjurés, et le doge est décapité (17 avril 1 355), sur l'escalier même du palais ducal.

133 o. — Tamerlan, célèbre conquérant mogol, descendant de Gengis-Khan par les femmes, soumet la Khowaresmie, le Kachgar, toute l'Asie à l'est de la mer Caspienne, envahit la Perse et la Russie; il court de là vers l'Inde et s'empare de Delhi, enlève la Syrie au sultan d'Egypte (1400), détruit Bagdad (1401), et fait prisonnier le sultan turc Bajazet, à la sanglante bataille d'Ancyre (1402). limeur t (1 405), au moment de marcher contre la Chine.

1415. — Jean Huss, recteur de l'université de Prague, embrasse les doctrines du réformateur anglais Wicleff. Déclaré hérétique par le concile de Constance (1415), il est brûlé vif, au mépris d'un sauf-conduit qu'il avait obtenu de l'empereur Sigismond. Un an après (1416), dans la même ville, son disciple, Jérôme de Prague, subit le même sort. Les Bohèmes, indignés, prennent les armes sous la conduite de Jean Ziska et de Procopé (1419). C'est ce qu'on appelle guerre des Hussiles. Elle se termine par les Compactala de Prague (1433 et 1434), espèce de charte jurée par l'empereur Sigismond, qui est reconnu roi de Bohême.

14^0.— L'assassinat de Jean-Sans-Peur, duc de Bourgogne, par les gens du dauphin Charles (depuis Charles VII), àMontereau(1419), amène l'alliance de Philippe-le-Bon, fils et successeur de Jean, avec Henri V d'Angleterre etlsabeau de Bavière, femme de Charles VI. Les princes ligués font signer à celui-ci le Traité de Troyes (1420), qui donnait au

roi d'Angleterre, avec la main de Catherine de France, fille du roi, la régence et l'héritage présomptif du trône. Le Dauphin en appelle à Dieu et à son épée.

143®. — La France, envahie par les Anglais, est sur le point de succomber ; Orléans assiégé va tomber entre leurs mains. Une jeune bergère de Domrémy, Jeanne d'Arc, obéissant à des visions surnaturelles, réveille l'enthousiasme du parti national, délivre Orléans (1429), fait sacrer Charles VII à Reims (17 juillet 1 429), et, prise au siège de Compiègne (1430), meurt sur un bûcher, à Rouen (1431).

143®. — Guttemberg, gentilhomme de Mayence, établi à Strasbourg dès 1424, invente l'imprimerie dans celte dernière ville, en 1436 ou 1440, et se sert d'abord de caractères mobiles en bois.

145%. — Profitant du mécontentement qu'excitait en Angleterre la perte des provinces de France par Henri VI , de la famille des Lancastres, Richard d'York lève contre lui (1450) l'étendard de la révolte. Battu et tué à Wakefield (1460), il est vengé par son fils, qui, grâce à l'appui de Warwick, est proclamé roi sous le nom d'Edouard IV. Ce dernier laisse, en mourant, ses deux jeunes fils sous la tutelle de leur oncle Richard, qui les fait périr dans la Tour de Londres, et usurpe le trône. Mais Henri de Richemond, descendant des Lancastres, l'attaque et le tue à Bosworth (1485), et confond les droits des deux maisons en épousant Elisabeth d'York, fille d'Edouard IV. Cette longue guerre s'appelle guerre des Deux- Roses, parce que les deux partis avaient adopté chacun une rose pour signe de ralliement : York une rose blanche, et Lancastre une rose rouge.

1453. — En 1453, Mahomet II, successeur d'Amurat II, s'empare de Constantinople, défendue par Constantin Dracosès , et en fait la capitale de l'empire turc. L'empireromain d'Orient s'écroule ; les savants grecs, fuyant la

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barbarie des vainqueurs, transportent avec eux, en Occident, les trésors littéraires de l'antiquité , dont ils étaient dépositaires, et que l'imprimerie propage. L'Europe est renouvelée, et l'âge moderne commence.

HISTOIRE MODERNE

1456. — Jean Huniade Corvin, vaïvode de Transylvanie en 1 440, régent de Hongrie en 1 444, à la mort de LadislasIV, défendit, pendant plusieurs années, la Hongrie et l'Europe contre la puissance croissante des Turcs. En 1448, il soutint , pendant trois jours , à Cassovie , tout l'effort de l'armée ottomane; en 1456, sa belle défense de Belgrade, contre Mahomet II, mit le comble à sa gloire. Son fils, Mathias Corvin , marcha sur ses traces , et fut élu roi (1458-1490).

1461.— Louis XI (1461-1483), fils et successeur de Charles VII, dissout la Ligue du Bien Public , après la bataille de Monllhéry (1465); soutient les Liégeois révoltés contre Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne, qui le retient captif à Péronne (1468), et ne lui rend la liberté qu'à condition de marcher avec lui contre les rebelles ; fait trancher la tête à Saint-Pôl et à d'Armagnac ; s'empare, à la mort du duc de Bourgogne (1477), de la Picardie, de l'Artois, du duché de Bourgogne ; réunit à la couronne la Provence, le Maine, l'Anjou et le comté de Bar, et meurt à Plessis-lès-Tours (1483), laissant le trône à son fils, Charles VIII, avec cette maxime : Qui ne sait dissimuler, ne sait régner.

143?4. — Les deux royaumes d'Aragon et de Castille se trouvent réunis, par suite du mariage de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille.

1497. — Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne, fils et successeur de Philippe-le-Bon (1 467-1477), entra dans la Ligue du Bien-Public, punit, d'une manière cruelle, les Liégeois et les Gantois soulevés; lutta sans cesse contre le roi de France, Louis XI, voulut soumettre les Suisses, qui le battirent à Granson et à Morat (1476), et trouva la mort sous les murs de Nancy, qu'il disputait au duc René de Lorraine (1477).

B49&. — Comme les Médicis mettaient en péril, par leur puissance, la liberté florentine, les Pazzi, seigneurs gibelins, conspirèrent contre eux, tuèrent Julien de Médicis dans la cathédrale même, mais ne purent atteindre Laurent, son frère. Celui-ci garda le pouvoir et fit pendre les conspirateurs. Immédiatement éclate la guerre des Pazzi, dans laquelle le pape, Naples et Sienne, attaquent Florence au cri de guerre à Médicis ! paix à Florence ! Une invasion imprévue des Turcs fit conclure la paix.

149$. — Un navigateur génois, Christophe Colomb, obtient de Ferdinand et d'Isabelle, après huit ans de sollicitations , trois vaisseaux , avec lesquels, au bout de 65 jours de navigation, il découvre l'île San-Salvador, une des Lucayes ; il découvre ensuite Cuba et Saint- Domingue, et revient en Espagne (mars 1493).

J4$$. — Boabdil, dernier roi Maure de Grenade, se révolte contre son père, Mulei-Hassem- (1481), qui en meurt de chagrin. Boabdil, vaincu et fait prisonnier, à cette occasion, par les troupes réunies de Ferdinand et d'Isabelle, n'obtient la liberté qu'en se reconnaissant vassal du vainqueur. La division s'étant mise parmi les Maures, par suite de ce traité honteux, Ferdinand en profite pour assiéger Grenade, dont il s'empare bientôt (1492). Boabdil, détrôné, passe en Afrique, et se fait tuer en combattant contre le roi de Maroc, en guerre avec le royaume de Fez.

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14»4. — Jeune et ambitieux , Charles VIII , fils de Louis XI, faisant valoir les droits que les derniers princes de la maison d'Anjou avaient légués à sa famille, s'empare, en cinq mois, du royaume de Naples, et le perd plus vite encore, à la suite d'une ligue formée contre lui par le Pape, Venise, Milan et l'Espagne. Attaqué à son retour, près de Fornoue, par 40,000 confédérés, il les bat avec 9,000 hommes, et rentre dans ses états (1495).

1498. — Vasco de Gama, célèbre navigateur portugais, chargé, en 1497, par le roi Emmanuel, de chercher une route vers l'Inde, en doublant le cap de Bonne-Espérance, découvert par Barthélémy Diaz (1486), réussit pleinement dans sa mission, double le cap en décembre 1497, et jette l'ancre devant Calicut en 1498 (mai).

1509.— La Réforme, en Angleterre, sons Henri VIII, eut

pour cause le refus que fit le pape, Clément VII, d'autoriser le divorce de Henri VIII avec Catherine d'Aragon, dont ce prince voulait épouser la dame d'honneur , Anne de Boulen. La colère du roi retomba sur son ministre, le cardinal Wolsey, qui mourut (1530) lorsqu'on le conduisait à la Tour de Londres, et sur le grand-chancelier, Thomas Morus, qu'il fit décapiter (1532). Henri VIII, malgré la fameuse entrevue du Camp du Drap d'Or (1520), se déclara l'allié de Charles-Quint . contre [François Ier. Il mourut (1547), laissant trois enfants qui régnèrent après lui : Edouard VI, Marie et Elisabeth.

1513. — Le pontificat de Léon X est remarquable par les événements contemporains, politiques ou religieux, et, par le progrès des arts. Il conclut avec François Ier (1516) le fameux Concordai qui a régi l'Église de France pendant trois siècles, et voit éclater la Réforme de Luther (1517), à l'occasion de la vente des indulgences. Son siècle est celui de PArioste , de Machiavel , de Michel- Ange, de Raphaël , etc3

fi»i9\ — Le drapeau de la Réforme religieuse est arboré par Zwingle, en Suisse (1516) , par Luther, en Allemagne (1517), et par Calvin, en France (1532). Ce dernier se fixe ensuite à Genève, où il fonde le Calvinisme ,1536).

asiSK — A peine empereur, Charles-Quint, déjà roi d'Espagne, est attaqué par François Ier, son concurrent à l'Empire. Celui-ci est vaincu à Pavie (1525). Emmené captif en Espagne, il ne recouvre sa liberté que par l'onéreux traité de Madrid (1526); deux fois il recommence la guerre, et toujours sans succès. Enfin, un traité définitif est signé à Crespy (1544), et le Milanais est assuré au second fils du roi, le duc d'Orléans. François Ier meurt trois ans après (1547).

IS^S.-— Gustave Wasa, jeune seigneur suédois, un des six otages que le roi de Danemark, Christiern II, s'était fait donner par la Suède en 1518, avant de s'emparer, à main armée, de ce royaume, s'évada en 1519, vécut quelque temps parmi les mineurs Dalécarliens, les souleva, fut proclamé roi de Suède à Stockholm, en 1523, embrassa le protestantisme, et fit déclarer, en 1540, la couronne héréditaire dans sa maison.

iS^f.— Fiesque, noble génois, conspira contre André Doria, qui exerçait le pouvoir suprême à Gênes. Il s'était déjà rendu maître de la ville , lorsqu'il tomba à la mer en passant sur une planche, et se noya. La conspiration fut étouffée presque aussitôt, et ses complices furent cruellement punis.

1554. — ■ A la mort d'Edouard VI, fils de Henri VIII, le duc de Northumberland fit proclamer la femme d'un de ses fils, Jeanne Gray, arrière-petite-fille de Henri VII. Marie Tudor, fille de Henri VIII et de Catherine d'Aragon, réclama, les armes à la main, contre cette usurpation, vain-

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quit et fit mourir Jeanne Gray, ainsi que son époux, jGuilfort Dudiey , et son beau-père, le duc de Northumberland. Zélée catholique, épouse de Philippe II d'Espagne, Marie mourut sans enfants, en 1558, et sa sœur Elisabeth lui succéda.

tS5$* — Elisabeth, fille de Henri VIII et d'Anne de Boulen, rétablit la religion anglicane, soutint le prédicateur Jean Knox contre sa rivale, Marie Stuart, reine d'E- Icosse, qui, plus tard, devenue sa prisonnière, mourut sur f échafaud (1 587) ; détruisit (1 588) l'Invincible Armada (flotte de Philippe II) ; favorisa les lettres , et mourut de chagrin ii'avoir fait périr son favori, le comte d'Essex (1603). Avec 3lle s'éteignit la dynastie des Tudors.

f sffl. — Le 7 octobre, Don Juan d'Autriche , commandant les forces réunies de Venise, de l'Espagne et du !?ape, anéantit la flotte ottomane, à l'ouest de la ville de Lépante, dans le golfe du même nom, entre les petites îles Hursolaires et la côte. Sélim II y perd deux cents galères [ît trente mille hommes. Cette victoire arrête les envahissements des Turcs.

ÉSÇ&. — Sous le règne de Charles IX (1560-1574), la France est déchirée par les guerres civiles des Catholiques 1 des Protestants ou Huguenots. Après l'inutile colloque 1 Poissy (1561), les Prolestants prennent' les armes et |ont battus à Dreux (1562), à St-Denis (1567), à Jarnac | à Montcontour (1569). Enfin, la paix est signée à Saintgermain (1570), et le mariage de la sœur du roi avec un jeune prince protestant, le roi de Navarre, depuis Henri IV, lemble être le gage d'une réconciliation durable, lorsque, jlans la nuit de la Saint-Barthélémy (M août 1572), Charles IX, cédant aux instigations de sa mère, Catheïne de Médicis , ordonne le massacre des Protestants , sur ous les points de la France.

158©. — A la mort du cardinal Henri, le roi d'Espagne, Philippe II, fils de Charles-Quinl, plaça sur sa tête la couronne de Portugal. Mais, en même temps , il perdait les Pays-Bas. L'arrivée, dans ces provinces, du duc d'Albe (1567) à la place de Marguerite de Parme, l'organisation du conseil de troubles, dit tribunal de sang, excitèrent un soulèvement général ; et Guillaume d'Orange parvint, après une lutte héroïque, à affranchir sa patrie.

1588.— Henri III, frère de Charles IX, roi de Pologne en 1573, roi de France en 1574, trouva la France divisée en trois partis : les calvinistes (chefs, Henri de Navarre et le prince de Gondé), les malcontents, catholiques modérés (sous l'influence du duc d'Alençon, frère du roi), et les catholiques exaltés (chef, Henri de Guise). Henri III crut faire un acte d'habile politique, en se déclarant le chef de la Lirjue< (confédération du parti catholique); mais ce ne fut qu'un vain titre : l'autorité resta au duc de Guise, dont il s'e« débarrassa par un assassinat, aux Etals de Blois, ainsi que< de son frère, le cardinal de Lorraine (1588). Un an après (2 août 1589), Henri III fut assassiné lui-même par uni fanatique, Jacques Clément, instrument des ligueurs.

I®8@. —Henri de Bourbon, reconnu roi par une partiei de l'armée, à la mort de Henri III, est forcé par le duc de» Parme, de lever le siège de Paris, gagne, sur Mayenne, les batailles d'Arqués (1589) et d'Ivry (1590), acquiert de nombreux partisans après les excès des Seize, abjure le protestantisme à Saint-Denis (1593), fait son entrée à Paris (1594), défait Mayenne à Fontaine-Française (1595). et conclut, avec Philippe II (1598), le traité de Vervins. I]l accorde, la même année, Védit de Nantes en faveur des Protestants, choisit, pour surintendant des finances, le fidèki Sully, et, à la veille de porter peut-être un coup mortel î la maison d'Autriche, il meurt sous le couteau de Ravailla© (14 mai 1610).

de l'histoire chronologique. 150

1005.— Jacques Ier, fils de Marie Stuart, succéda (1603- \ 625) à Elisabeth, morte sans héritier. Quelques membres du parti catholique, en butte aux persécutions de ce prince, formèrent le projet de faire sauter, à l'aide de 36 barils de poudre, la salle de Westminster, et, avec elle, le roi et tout le parlement, à la séance d'ouverture. La conspiration fut découverte, et les conjurés périrent dans les supplices. A cette époque, on voit se dessiner deux partis qui subsistent encore: les tories, soutiens de la prérogative royale, et les wighs, partisans du peuple. Jacques Ier eut pour successeur Charles Ier, son fils (1625-1649).

lois. — On appelle guerre de Trente- Ans, la lutte des princes réformés d'Allemagne contre l'empereur et les princes catholiques, de 16 1 8 à 1648. Elle renferme quatre périodes : palatine, danoise, suédoise et française. Elle se termine par le traité de Westphalie (1648), qui fixe l'état politique et religieux de l'Europe.

É04èi — A la mort du cardinal Henri (1580), le roi d'Espagne, Philippe II, avait placé sur sa tête la couronne de Portugal. Jean IV, duc de Bragance, de la famille des anciens rois, affranchit son pays du joug espagnol et monte sur le trône.

1043* — La minorité de Louis XIV, sous la régence de sa mère, Anne d'Autriche, et du cardinal Mazarin, est agitée par les troubles de la Fronde et par des guerres avec l'Empire et l'Espagne , terminées par la paix de Munster (1648), et celle des Pyrénées (1659). Par ce dernier traité, Louis XIV épouse l'infante Marie-Thérèse, et règne par luimême après la mort de Mazarin (1661).

S ©4 7 . — Masaniello , pécheur de Naples , se met , en 1 6 47 , à la tête du peuple insurgé contre les receveurs des impôts, et reste maître de Naples pendant sept jours, Des

émissaires du vice-roi l'assassinent dans un mouvement populaire.

1648. — On désigne sous le nom collectif de Traité de Westphalie deux traités signés , l'un à Osnabriïck (6 août 1648), entre l'empereur et la Suède ; l'autre à Munster (8 septembre), entre l'empereur et la France. Tous deux mettent fin à la guerre de Trente-Ans.

JUJ®. — Vaincu à Naseby (1645), par les troupes du parlement, et livré par les Écossais aux révoltés, le roi d'Angleterre, Charles Ier, est condamné à mort et exécuté.

169'$. — Jean de Witt, grand pensionnaire (principal chargé d'affaires) de Hollande , adversaire constant de la maison d'Orange qu'il fait écarter du gouvernement par un èdit perpétuel, s'allie, en 1670, à l'Empereur et à l'Espagne contre l'ambition de la France ; mais la brusque invasion de 1672, qui rend Louis XIV maître de la Hollande en trois mois, attire à de Witt la haine de la populace. Dans une émeute suscitée par les Orangistes, de Witt et son frère Corneille sont mis en pièces, et leurs cadavres traînés dans les rues, puis suspendus à un gibet.

1683.— Jean III (Sobieski), roi de Pologne (1674-1696), tenta de relever sa patrie, et délivra Vienne assiégée par Kara-Moustapha (1683). Mal secondé par l'Autriche dans sa guerre contre les Turcs, il fut obligé de signer le traité de Moscou (1686), et mourut (1696), désespérant de l'avenir de son pays.

168®. — En 1 598, Henri IV avait donné, à Nantes, un édit qui accordait aux Protestants la tolérance de leur culte, et quelques places de sûreté, telles que la Rochelle. Louis XIV, en 1685, révoqua cet édit, sans doute pour imposer à la fois l'unité religieuse et politique à son royaume. — Cette révocation priva la France du Midi d'un grand nombre de

de l'histoire chronologique. 161

familles industrieuses, qui portèrent en Allemagne, et en Angleterre surtout, leurs richesses et leur commerce.

1G88. — Accusé de partialité pour le catholicisme, Jacques II mécontente les Anglais, et se voit bientôt détrôné par son gendre, Guillaume d'Orange, stathouder de Hollande.

ï4>05. — Pierre - le - Grand , empereur de Russie (1682-1725), fonde Saint-Pétersbourg (1703), triomphe de Charles XII à Pultava (1709), s'empare de la Finlande (1713), et jette les fondements de la puissance moscovite.

1VOO. — La guerre de la succession d'Espagne est suscitée par les prétentions de la maison d'Autriche sur la couronne d'Espagne, léguée par Charles II à Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV. Les Français, vaincus d'abord, se relèvent ensuite, notamment par la victoire de Denain (1712), et Philippe V est reconnu roi d'Espagne, après les traités d'Utrecht et de Rastadt (1713-14).

1940. — A la mort de son père (l'empereur Charles VI), Marie-Thérèse se voit disputer la couronne impériale par plusieurs prétendants, entre autres Charles-Albert, électeur de Bavière, qui, soutenu par la France, est élu sous le nom de Charles VII. La- mort de celui-ci (1745) sauve Marie-Thérèse. François Ier, son époux, d'abord duc de Lorraine, puis grand duc de Toscane, est élevé au trône impérial.

I7S©.— La guerre de Sept- Ans (1756-1763) a pour cause la jalousie de l'Autriche contre la Prusse. Malgré son génie et ses victoires, le roi de Prusse, Frédéric-le-Grand, est sur lepointde succomber (1762), quand son ennemie, Elisabeth, est remplacée sur le trône de Russie, par Pierre III, qui se déclare en sa faveur. Frédéric garde la Silésie.

1969. —Catherine II, la Grande, successeur de son

époux, Pierre III, qu'elle fit déposer, enleva la Crimée aux Turcs ; organisa, de concert avec l'Autriche et la Prusse, les trois démembrements de la Pologne (1772, 1793, 1795); encouragea les lettres et les arts, correspondit avec Voltaire et d'Alembert , accueillit Diderot, et reçut le surnom de Sémiramis du Nord. Elle mourut en 1796, et eut pour suc^ cesseur son fils, Paul Ier.

1*»$.— Gustave III, roi de Suède (1771-1792) , affecte d'abord des goûts studieux et sédentaires ; puis, une fois sûr de l'armée, il force les nobles d'accepter la Constitution de 1772, parle en maître au sénat, et le supprime dans la diète de 1788. Plus tard (1792), il est assassiné dans un bal masqué, au moment de prendre les armes en faveur de Louis XVI.

ss&e. — En 1765, des impôts onéreux soulèvent les colonies anglaises d'Amérique contre leur métropole. Boston (1773) donne le signal de la révolte. Les Anglais sont défaits à Bunker s-Hill (1775). Un congrès donne à Washington le commandement suprême de l'armée américaine. Le 4 juillet 1776, les treize colonies se déclarent indépendantes. La France s'allie avec elles (1778). Enfin, la capitulation de Cornwallis (1781) force l'Angleterre à reconnaître l'indépendance des États-Unis (3 sept. 1783).

1TS® — L'embarras des finances amène , sous Louis XVI , la convocation des États - Généraux ( 5 mai 1789). Ils se déclarent Assemblée nationale, et le serment du Jeu de Paume (20 juin) donne le signal de la Révolution française.

1$®%. — Dès sa première séance (21 septembre) , la Convention abolit la royauté. Le 7 novembre, elle décide que Louis XVI sera jugé par elle. La veille, Dumouriez gagne la bataille de Jemmapes. La République triomphe au dedans et au dehors.

1*93.— Louis XVI monte sur Péchafaud le 21 janvier. Toutes nos frontières sont menacées. La Bretagne et la Vendée s'insurgent. La Convention décrète 14 armées.

1996. — Nommé général en chef de l'armée d'Italie, Bonaparte triomphe à Montenotte, Milles imo, Mondovi, Arcole, et couronne toutes ses victoires par le brillant traité de Campo-Formio (17 octobre 1797) entre la France et l'Autriche.

199S. — Il part pour l'Egypte, s'empare de Malte, triomphe aux Pyramides, lève le siège de Saint- Jeand'Acre (1799), gagne la bataille d'Aboukir sur les Turcs, et revient en France renverser le Directoire (9 novembre, 1 8 brumaire). Il est nommé consul avec Sieyès et Roger- Ducos.

i V98. — Élu chef par les Nègres révoltés de Saint- Domingue, Toussaint - Louverture expulse à la fois les Anglais, les Français et les Espagnols. Vaincu et fait prisonnier par le général français Leclerc, il est envoyé en France, où il meurt en 1803, au fort de Joux (département du Doubs).

1&©4. — Après la brillante campagne d'Italie et l'heureuse guerre d'Allemagne en 1800, Bonaparte est nommé successivement Consul à vie, le % août 1802, et Empereur le 18 mai 1801, sous le nom de Napoléon 1^.

1SOS. — - Le roi d'Espagne, Charles IV, et ses fils, prennent Napoléon pour arbitre de leurs querelles, abdiquent et restent prisonniers. Napoléon déclare son frère Joseph roi d'Espagne. Les Espagnols résistent avec l'aide des Anglais, et, cent fois vaincus, finissent par triompher (1813).

1814. — Après la désastreuse expédition de Russie, la France est envahie à son tour. Napoléon abdique à Fontainebleau (1814), et reçoit la souveraineté de l'île d'Elbe.

1815. — En 1815, il reparaît en France ; vaincu à Waterloo, il est détenu à Sainte-Hélène par le gouvernement anglais, et y meurt en 1821 (5 mai). Louis XYIII s'affermit sur le trône, grâce à la charte.

18$8. — En 1821, la Grèce se soulève contre la Turquie. Il s'en suit une guerre acharnée de neuf ans. Vaincus à Navarin (1827), par les flottes combinées de la France, de l'Angleterre et de la Russie, les Turcs sont contraints de reconnaître l'indépendance hellénique. A la suite d'une nouvelle guerre avec la Russie, la Valachie, la Moldavie, la Servie, deviennent, par le traité d'Andrinople (1829), libres, sauf tribut, sous la garantie russe.

1830. — L'armée française s'empare d'Alger. Les ordonnances de Juillet paraissent, le peuple se soulève, Charles X est renversé. Louis-Philippe d'Orléans est élu roi des Français (9 août).

183©. — Une insurrection éclate à Varsovie, le 29 novembre 1830. Les Polonais luttent pendant neuf mois contre les Russes, dont le général, Paskewitch, s'empare de Varsovie (3 septembre 1 831 ). La Pologne retombe encore une fois sous la domination de la Russie.

1831. — A la suite des troubles survenus dans les états de l'Église, les Autrichiens étaient rentrés sur le territoire pontifical. Résolu de faire respecter le principe de la nonintervention, Casimir Périer, ministre de Louis-Philippe, envoie une flotille dans l'Adriatique, et les troupes de débarquement s'emparent d'Ancône, rendu plus tard au pape, en 1837.

de l'histoire chronologique. 4 65

1833. — Don Pedro, empereur du Brésil, chasse son frère, l'usurpateur Don Miguel, et rend la couronne de Portugal à sa fille, Dona Maria.

1834. — Ferdinand VII, mort en 1833, abolit, par son testament, la loi salique, et lègue la couronne d'Espagne à sa fille, l'infante Isabelle, sous la tutelle de Marie-Christine, reine-mère, qui, après une longue guerre civile, finit par triompher de don Carlos, frère de Ferdinand.

1836. — Après une première expédition dans laquelle le maréchal Clausel échoue complètement (1836), Constantine tombe entre nos mains, après un siège meurtrier, où périt le général en chef, Damrémont (1837).

1838. — Par suite de différends avec le Mexique, les Français, commandés par l'amiral Baudin, s'emparent du fort de Saint- Jean-d'Uiloa, après quelques heures de canonnade.

1839. — Le sultan Mahmoud cherche à introduire en Turquie la civilisation européenne. Il meurt, après avoir vu le pacha d'Egypte, Méhémet-Ali, se rendre indépendant. Son fils, Abdul-Medjid, lui succède.

183®. — Les libéraux, de Zurich , voyant renaître le sentiment religieux , cherchent à le battre en brèche , en appelant le professeur Strauss; mais le peuple le chasse et renverse le gouvernement.

184®. — Guerre civile entre les constitutionnels et les chartistes, en Portugal. Les constitutionnels modérés l'emportent, et le trône de dona Maria finit par se consolider.

184©. — Débarrassée de ses ennemis, la reine Christine (Espagne) se trouve dans une position difficile avec ses amis. Espartero, vainqueur des Carlistes, devient bientôt le

véritable maître. Elle abdique alors, et se rend en Italie, puis en France.

1840. — Les restes de Napoléon, transportés de Saintefiêlène en France, sont déposés solennellement aux Invalides (15 décembre).

t'êHt. — Le 13 juillet, le duc d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, périt d'une manière déplorable, près du château de Neuilly, renversé de voiture par ses chevaux emportés.

1848-.. — Le 16 mai, le duc d'Aumale surprend Abdel-Kader et disperse sa Smala, au brillant combat de Taguin.

1844. — Le président de la république d'Haïti, Boyer, accusé de tyrannie, est expulsé. Après lui viennent Hérard, Guerrier (1844), Pierrot (1845), Riche (1846), et Soulouque (1847), empereur en 1849, sous le nom de Faustin l^ .

1844. -— Le bombardement de Tanger (6 août) punit le Maroc de l'appui qu'il prête à Abd-el-Kader.

1844. — La victoire de l'Isly, remportée par le maréchal Bugeaud (1 4 août), et la prise de Mogador par le prince de Joinviile (même jour), amènent la signature de la paix avec l'empereur de Maroc (10 septembre).

1845. — Lucerne est envahie (1er avril) par un corps armé sous les ordres d'Ochsenbein ; le parti démocratique triomphe à Genève (8 octobre 4846;, le gouvernement est renversé, et une constitution démocratique est également substituée à l'ancienne.

184©. — Pie IX succède à Grégoire XVI, et entre dans la voie des réformes.

1848. — Abd-el-Kader, sans ressource et poursuivi par

de l'histoire chronologique. 467

le Maroc, se rend au général Lamoricière. Il est transféré en France, au château d'Amboise.

1848. — L'agitation des banquets réformistes amène, [e 22 février, une collision d'où naît la seconde République française. Louis-Philippe est détrôné, il se retire en Angleterre, et meurt à Claremont (26 août -1850). Le mouvement révolutionnaire se propage en Prusse, en Lombardie, en Autriche, à Naples, à Rome, où le pape Pie IX est détrôné, puis rétabli par Tarmée française. La Hongrie révoltée (4848- 1 8 49) faillit se séparer de l'Autriche, et ne peut être comprimée qu'avec le secours de la Russie. — En France, la terrible insurrection de Juin 1 848 est étouffée par le général Cavaignac ; Louis-Napoléon Bonaparte (10 décembre même année) est élu président de la République Française. Il est réélu , le 21 décembre 1851 , par sept millions et demi de suffrages.

EXERCICES sur les principaux événements de l'histoire.

Celte petite histoire générale sera apprise par copur.— On aura soin de faire rapporter chaque fait à i'Echelle des peuples , aux Vicissitudes, et aux deux tableaux séculaires des événements et des grands hommes.

EXEMPLES DE QUESTIONS*

Que vous rappelle la date de 1066 ?

A quelle histoire se rapporte ce fait*!

Quel est le fondateur des Anglais ?

Quelles sont les familles qui ont gouverné V Angleterre*!

Où se trouve l'Angleterre*!

Dites ses villes principales*!

Quels sont les grands hommes du 1 1° siècle*!

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