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GREC& EM GÉNÉRAL

Les Grecs se disaient autochtones, c'est-à-dire issus du sol même qu'ils habitaient ; un grand nombre d'historiens les font venir au contraire de la Phénicie et de Y Egypte. Ces deux traditions peuvent se concilier par V hypothèse d'une population primitive d'autochtones, rassemblée et civilisée par des colonies étrangères. Les plus fameuses furent celles tflnachus à Argos, de Cécrops à Athènes, et de Cadmus,ë. Thèbes.

Un seul royaume existait avant eux : c'était celui de Sicyone ; ils en fondèrent de nouveaux et créèrent des lois.

C'est à cette époque et à la suivante qu'appartiennent les siècles dits héroïques. L'histoire s'y trouve environnée de ténèbres et de fables ; cependant quelques faits importants se présentent : à leur tête se rangent l'établissement des quatre royaumes de Sicyone, d'Athènes, a> Argos e\ de Thèbes, les déluges d'Ogygès et de Deucalion, Y institution des jeux Olympiques , l'expédition des Argonautes, et la guerre de Troie.

Ici finissent les âges héroïques et les événements deviennent plus certains. Les Héraclides s'emparent du Péloponèse; le royaume de Sicyone finit ; de nombreuses colonies peuplent les îles de la mer Egée et les côtes de l'Asie ; Homère publie ses poèmes; Lycurgue donne des lois à Sparte; Corinthe crée les prytanes, Lacédémone les éphores; la Messénie soutient deux guerres contre Sparte ; enfin Athènes

demande des lois à Solon. Le 6e siècle et les deux suivants sont les plus beaux et les plus féconds de la Grèce ; les guerres persiques relèvent au plus haut point de gloire et de prospérité ; les arts et l'éloquence fleurissent en même temps, mais le luxe et la mollesse viennent à leur suite. La guerre du Péloponèse affaiblit les Grecs les uns par les autres; cependant Épaminondas, Thranjbule, Xénophon, Agésilas, se signalent encore par des prodiges de valeur et de génie ; mais For de Philippe, et bientôt Pépée d'Alexandre, compriment l'indépendance de la Grèce ; la ligue achéenne la fait renaître un instant; enfin les Romains appesantissent sur elle leur joug : la Grèce devient une province romaine , et les Grecs n'ont plus d'autre supériorité que celle de l'éloquence et des arts.

Les Athéniens se disaient autocthones; ils furent sans doute formés du mélange des Pélasges, regardés comme les plus anciens habitants de la Grèce, avec les enfants $Hellen, les Ioniens, qui , chassés de l'Achaïe, se réfugièrent dans VAttique, et furent incorporés dans les quatre tribus alors existantes, et enfin avec la colonie, qu'on croit égyptienne, conduite par Cécrops.

Parmi les rois les plus célèbres, après Cécrops, on trouve Thésée, qui est regardé comme le fondateur de l'état d'Athènes, parce qu'il réunit, sous un même gouvernement, les districts qui entouraient la ville, et qui étaient auparavant indépendants; Mênesthé», qui périt au siège de Troie; Codrus, qui, dit-on, se dévoua volontairement pour sauver son pays.

Après la mort de Codrus, la monarchie fut abolie, et l'é-

tat fut gouverné par des archontes perpétuels et héréditaires ; ils étaient choisis dans la famille de Codrus, et avaient toute l'autorité des rois, mais ils étaient assujétis à rendre des comptes. Le premier archonte perpétuel fut Médon, fils de Codrus ; le dernier, Alcméon.

Dans le 8° s., on réduisit le temps de Yarchontat à dix

ans, tout en le conservant dans la famille de Codrus. Dans

le 7e , les archontes ne furent plus qu'annuels ; on en

nomma neuf, dont chacun avait des fonctions particulières,

I et tous les citoyens y furent admissibles.

Bientôt les Athéniens sentirent le besoin de se donner ; des lois ; Dracon fut le premier législateur ; mais ses lois | trop sévères ne furent pas exécutées, et l'État retomba : dans l'anarchie.

On en demanda de nouvelles à Solon (593). Ce sage législateur eut la gloire de rétablir la paix dans Athènes et de préparer la prospérité de sa patrie.

La forme de gouvernement que donna Solon se conserva, avec de légères modifications, pendant tout le temps de l'indépendance d'Athènes. Elle était presque entièreiment démocratique.

Cependant, dès les premiers temps, on chercha à y porter atteinte ; l'ambitieux Pisislrate s'empara par ruse de la souveraine puissance (561 av. J.-C), et, après avoir été plusieurs fois renversé, il vint toujours à bout de ressaisir l'autorité, et la légua à ses fils Hipparque et Hippias. Le premier fut tué par Earmodius et Aristogiton (6* s.) ; le second, ayant été chassé peu de temps après (510), se retira Chez les Perses, et suscita contre sa patrie cette guerre médique ou persique qui devait porter au plus haut degré la réputation militaire des Athéniens. En 490, Darius, fils fiHystaspe, roi de Perse, fond sur la Grèce avec un million 'd'hommes : il est défait par Miltiade, dans les plaines de Marathon; en 480, Xercès repasse l' Hellcspont avec une armée plus formidable, s'empare de YAttique, détruit Athènes;

mais Thémistoele la défait à Saïaràine, et celui qui se faisait appeler le roi clés rois, trouve à peine une barque pour s'enfuir clans ses états (480).

Depuis cette époque, Athènes occupa le premier rang dans la Grèce; tous les genres de gloire vinrent à la fois l'illustrer. On voit naître et se succéder dans son sein les plus grands hommes d'état : Thémistoele, par son habileté, relève les murs d'Athènes, malgré les Spartiates, et étend sa puissance sur mer; Aristide, par sa justice, commande la confiance à tous les Grecs; Cimon, fils de Miltiade, se montre digne de son père, et poursuit les derniers restes des armées des Perses ; en même temps, la république envoie de tous côtés des colonies qui agrandissent ses possessions et son commerce.

Les succès éclatants d'Athènes, les services importants qu'elle avait rendus à la cause des Grecs, ne tardèrent pas à lui faire déférer l'honneur de la suprématie ou hégémonie, qui, jusque-là, avait appartenu aux Lacédémoniens.

Périclès avait succédé à Cimon dans le maniement des affaires (446-429) ; il se soutint pendant quarante ans à la tête de la république, augmenta la puissance du peuple, abaissa eelle de Y Aréopage, et affermit l'autorité d'Athènes sur les alliés ; mais cette autorité dégénérant en tyrannie, les Spartiates, qui, d'ailleurs , étaient jaloux de la puissance des Athéniens , formèrent contre elle une ligue dans laquelle entrèrent tous les mécontents, lui suscitèrent de tous côtés des ennemis, ou prirent parti contre elle dans toutes les querelles ; enfin, après plusieurs trêves et plusieurs ruptures, éclata (431) celte cruelle guerre du Péloponèse, qui dura vingt-sept ans, et qui moissonna la lieur de la Grèce. Pendant cette guerre, le gouvernement subit une révolution éphémère : Alcibiade (421-404) exilé corrompt l'armée athénienne à Samos, fait renverser à Athènes la démocratie, substitue aux assemblées du peuple une assemblée de cinq mille citoyens choisis, su sénat, un conseil suprême de

quatre cents membres, qui exercent le despotisme ie plus cruel. Ce conseil fut aboli après quatre mois, et la constitution rétablie avec de légères modifications.

Après la malheureuse issue de la guerre du Péloponèse, Athènes fut dépouillée de la suprématie, et on y créa une oligarchie de trente chefs, connue sous le nom de Trente tyrans; mais l'atrocité de leur gouvernement ne fit que hâter leur ruine. Les Trente furent chassés par Thrasybule (402), et la constitution de Solon rétablie de nouveau. Athènes se releva bientôt de l'abaissement où elle était tombée.

Conon délit la flotte des Spartiates près de Gnide (394), et rendit à sa patrie la supériorité sur mer ; la rivalité de Sparte et de Thèbes permit encore à Athènes de réparer ses pertes ; bientôt sa cruelle ennemie fut réduite à implorer son secours, et à lui offrir de commander alternativement. Mais un nouveau rival vint menacer la liberté d'Athènes et de toute la Grèce. Philippe sut, malgré l'éloquence de Démoslhène et la vigoureuse opposition de Phocion, dépouiller les Athéniens de plusieurs de leurs colonies les plus puissantes ; il les battit à Chéronée (338), et se fit décerner le commandement de toutes les forces de la Grèce.

Âlexandre-le-Grand, son fils, exerça sur les Athéniens, et les Grecs en général , un puissant ascendant. Depuis sa mort, Athènes fut à peine libre ; soumise aux rois de Macédoine, prise et reprise plusieurs fois, elle respira un moment sous Démétrius Poliorcète ; mais son indépendance fut bientôt attaquée de toutes parts. Assiégée et prise par le général Sylla (1er s.), elle resta depuis sous la domination des Romains.

SPARTIATES OU LAGEDE1UONIENS*

On fait remonter l'origine des Spartiates à Lélex, qui Vivait <3ans le 169 siècle avant J,-G. (151 G), Sparte, qu'il

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