‹ Esquisses historiques ou cours méthodique d'histoire composé sur un nouveau planChapitre 94 sur 148 · DÉCOUVERTES EN AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES EN AMÉRIQUE

ix e siècle. — Les Danois au Groenland.

1492. — Christophe Colomb découvre les îles Lucayes, Cuba et Hispaniola.

4496.— Sébastien Cabot, Vénitien, au service d'Angleterre,

découvre Terre-Neuve et la Virginie.

1518. — Grijalva, Espagnol, voit les côtes du Mexique.

1518. — Le baron de Lévi, Français , visite les côtes est de

l'Amérique.

1519. — Fernand Corlez soumet le Mexique.

4554. — Cartier, Français, arrive à l'embouchure du fleuve

Saint-Laurent.

1607. — Hudson découvre la côte est du Groenland. 1607-1753. — États-Unis d'Amérique fondés par les Anglais,

sous Jacques I er . i

AMÉRIQUE DU sn>.

1500.— A Ivarez Cabrai, Portugais, découvre le Brésil.

1520. — Magellan découvre la Terre-de-Feu et la Patagonie. 1524"— Découverte et conquête du Pérou par Pizarre, Espagnol.

1706. — Découverte des îles Malouines.

MEXICABNS.

En 1519, les Espagnols, commandés par Fernand Corlez, simple lieutenant de Vélasqncz, gouverneur de Cuba , firent

MEXICAINS

la conquête du Mexique ; des hommes montés sur des chevaux, des armes à feu, des forteresses flottantes répandirent la terreur parmi les Mexicains , qui cependant étaient assez avancés dans la civilisation et dans les arts mécaniques.

L'empire du Mexique était alors gouverné par Montézuma roi puissant, qui avait un très-grand nombre de vassaux.

Cortezfii prisonnier ce prince, qui fut tué dans une émeute par ses propres sujets. Les Mexicains furent soumis après quelques années de guerre, et le Mexique demeura au pouvoir des Espagnols.

On ne saurait se figurer les épouvantables cruautés qui rouillèrent la prise de Mexico ; un grand nombre d'habitants f urent marqués au front d'un fer chaud , et envoyés ensuite travailler aux mines. Cortez fit étendre sur des charbons ardents l'empereur Guatimozin, neveu de Montézuma; mais tant de crimes ne profitèrent pas à Cortez , Charles-Quint fit saisir tous ses biens et lui ordonna de revenir en Espagne où il mourut en 1545.

Les Espagnols tirèrent des richesses immenses du Mexique; mais l'extrême sévérité des lois exaspéra l'esprit des colons , et les événements qui agitèrent l'Espagne en 1808 par l'envahissement des armées de Napoléon favorisèrent au Mexique des mouvements contre la domination despotique- du gouvernement. Un moine, nommé Hidalgo, leva l'étendard de l'indépendance; il fut fusillé en 1811. Morillos, nouveau chef de l'insurrection, fit proclamer, en 1812, une constitution provisoire. Fait prisonnier, on le condamna à mort, comme hérétique et rebelle. Un troisième chef, le jeune Xavier Mina , eut le même sort.

De nouvelles révoltes eurent lieu contre de nouvelles vexations. Ilurbide fut déclaré généralissime de terre et de mer. Un congrès fut convoqué , où ce chef ambitieux se fit proclamer empereur. Plusieurs députés eurent cependant le courage de prolester; l'opposition devint générale. Santa- Anna, gouverneur de Vera-Cruz, devint l'interprète de toute la nation, et proclama la république (1812). Iturbide abdiqua : on eut la générosité de l'exiler en lui faisant une pension considérable.

PÉRUVIENS

Le Mexique se constitua en républiques fédéralives.

Cependant Iturbide rêvait encore la couronne du Mexique. On l'avait déclaré traître et proscrit; il n'en partit pas moins de l'Angleterre, le 11 mai 1824, et le 8 juillet il parut à la barre de Soto la Marna, avec sa famille , et y débarqua déguisé : il fut pris et fusillé le 19 juillet. Le Mexique a eu depuis quelques nouvelles secousses ; mais la tranquillité y paraît assez rétablie.

PÉRUVIENS

En 1524, trois aventuriers, François Pizarre, fils naturel d'un gentilhomme de TEslramadure, et, dans sa jeunesse, pâtre à Truxilo; Diego d* Almagro, trouvé à la porte d'une église, et Fernand de Lucanes, prêtre et maître d'école à Panama, tous trois âgés de plus de cinquante ans, formèrent le projet de pénétrer dans le continent de l'Amérique méridionale.

François Pizarre mit à la voile de Panama en novembre et découvrit le Pérou, Huana-Capa , prince guerrier, occupait alors le trône du Pérou. Pizarre retourna à Panama , et revint l'année suivante poursuivre sa conquête. Le pays était alors troublé par la rivalité des deux fils de Huana, Athualipa et Huascar, qui se disputaient le trône. Le premier s'étant emparé de Quito, capitale de l'empire , tous deux cherchèrent à gagner Pizarre^ qui fit exterminer quarante mille Péruviens. Dans une entrevue qu'il eut avec Athualipa, l'inca est lait prisonnier. Tremblant, il promet pour rançon autant de lingots d'or que la salle où il se trouve pourrait en contenir à la hauteur qu'un homme atteindrait de la main. Ces sacrifices furent inutiles. Il fut étranglé sur une place publique. Les principales provinces de l'empire furent dès lors soumises aux Espagnols.

Almagro, jaloux de Pizarre, s'empara de Cusco ; mais son compagnon de fortune marche contre lui, le défait, fait égorger ses officiers , et le fait étrangler lui-même dans sa prison. Il est ensuite décapité à Lima, étant âgé de soixante et dix-sept ans. Fernand de Lucques, devenu évêque, était mort en 1535 ; mais les partisans d 1 Almagro avaient juré de

BRÉSILIENS. 110

se venger. Pizarre succomba sous leurs coups, et sa mort entraîne celle du fils d'Almagro, nommé gouverneur de Lima . Ce jeune homme périt dans la même ville, sur la même place, du même supplice, par la main du même bourreau, et fut placé dans le même tombeau que son père. Le despotisme espagnol fut organisé au Pérou comme au Mexique. Les colons n'attendaient qu'une occasion. Les événements de 1 808 ne produisirent aucune révolution ; mais le génral Saint- Martin ébranla toute la population. Tribus indiennes, espagnoles, toutes s'armèrent, et l'indépendance du Pérou fut reconnue et déclarée en 1821. Saint-Martin quitta les Péruviens après les avoir affranchis. Son dépaît fut fatal à l'Etat qu'il avait fondé. On allait retomber au pouvoir de l'Espagne, lorsque Bolivar et son lieutenant, le général Sucre, rani mèrent les Péruviens et leur rendirent la liberté. On décerna à Bolivar les titres de Père du peuple et de Sauveur du Pérou.

BRÉSILIENS

La découverte du Brésil appartient aux Portugais. Alvarez Cabrai, commandant d'une flotte de celle naiion, voulant aller aux Indes , fut poussé par des vents contraires sur les côtes du Brésil , qu'il découvrit; il en prit possession au nom du roi de Portugal. Cette colonie acquit dans la suite une haute importance par les riches mines d'or et de diamants qu'on y découvrit. L'histoire du Brésil n'offre rien d'intéressant jusqu'en 1580, que ce pays passa à l'Espagne; mais en 1640, une révolution plaça sur le trône de Portugal la famille de Bragance, et fit cesser la domination des Espagnols au Brésil. Les Hollandais s'étaient aussi emparés, en 1624, d'une partie de celte contrée; mais après plusieurs vicissitudes les Portugais en recouvrèrent la pleine possession en 1661 , en payant huit tonneaux d'or à la Hollande. En 1808, lorsque les Anglais et les Français s'emparèrent du Portugal, Jean VI, alors régent du royaume, passa au Brésil, et y établit le siège du gouvernement; mais rappelé par les corlès de Lisbonne, il mita la voile du Brésil, avec toute sa cour, le 26 avril 1821. Don Pédro, prince héréditaire , resta en Amérique, avec le titre de vice-roi; mais les

ÉTATS-UNIS D*AMÉRIQUE

Brésiliens, ne voulant plus dépendre de Lisbonne, le proclamèrent empereur du Brésil sous le nom de Pierre i er , le 12 octobre 1822. Une révolution militaire vient de le précipiter du trône sur lequel est assis son fils, Pierre II (1841).

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE

La première découverte, au nord de l'Amérique, a été faite, en 1497, par les Vénitiens Jean Cabot et Sébastien, son fils. Ces navigateurs, qui cherchaient un passage aux Indes par les mers du Nord-Ouest, abordent au continent et lui donnent le nom de Terre-Neuve, nom qui a depuis été restreint à une île qui est sur la côte.

Ponce de Léon découvrit la Floride en 1512, et Verrazano, Florentin, au service de François 1 er , parcourut la côte de l'Amérique septentrionale, et lui donna le nom de Nouvelle-France.

Sous le règne d'Élisabeth, l'infortuné Walter Raie i g h fonda une colonie dans la Virginie méridionale.

Les affaire* de l'Amérique septentrionale restèrent entre les mains d'une compagnie jusqu'au règne de Jacques I er (1603-1625).

Dix mille presbytériens, persécutés par les episcopaux, s'embarquèrent en 1608, et vinrent s'établir dans la province de Massachussets. S'étant bientôt accrus d'un grand nombre de réfugiés européens , ils se dispersèrent et fondèrent les colonies de la Nouvelle-Hampshire , de Connecticut et de Rhode-Island. Ces quatre cantons, formant alors autant d'Etats séparés, obtinrent chacun une charte particulière de la cour de Londres. Les premiers Anglais transplantés dans ces régions crurent y trouver la température de leur patrie, et donnèrent à ces côtes le nom de Nouvelle-Angleterre. La population s'étant augmentée, les habitants commencèrent à tenir les assemblées générales dès 1630.

Les quakers, ou trembleurs, s'établirent, vers la fin du xvm e siècle, dans la Pensylvanie, ainsi nommée de Guillaume Penn, qui en fit l'acquisition. Ceux-ci se joignirent aux anciens colons ; mais se voyant opprimés par les puri-

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE

tains, animés du zèle de l'intolérance, ils firent parvenir leurs plaintes en Angleterre, et y trouvèrent des protecteurs : de là les nouvelles prétentions de la métropole sur ces colonies.

La tranquillité s'étant rétablie par la mort de quelques fanatiques puritains, la population s'accrut considérablement ; les défrichements réussirent , plusieurs branches de commerce excitèrent l'industrie, et l'abondance vint couronner les travaux des habitants, qui, sous le litre de colonies confédérées, se distinguèrent par la sagesse de leurs lois.

Tout changea sur la fin du règne de Charles II (1660). Les charlres ôléesaux colonies, les emplois militaires soumis à la nomination royale, le pouvoir législatif mis entre les mains du peuple, mais la voix négative accordée au gouverneur, tel a été l'état des choses jusqu'à la révolution qui a brisé les fers de l'Amérique.

La métropole abusant de son autorité, soit par les impôts sur le timbre et sur le thé, soit par d'autres lois fiscales, s'aliéna entièrement les esprits par l'interdiction du port de Boston, le 23 mai 1774. Des troupes anglaises et hessoises furent envoyées dans les colonies pour les réduire à l'obéissance. Ces armements considérables n'avaient plus pour motif apparent la déiense du Canada, depuis que le cabinet anglais avait forcé les Français à lui céder ce pays, par le traité de 1765. Lord Chatam, implacable ennemi de la nation française, avait inutilement représenté que la possession du Canada ferait perdre l'Amérique aux Anglais. Non moins judicieux que Chatam, le cabinet anglais avait écrit :

« Le Canada est la garde de nos colonies ; pourquoi notre « ministère eherche-t-il à le conquérir? » Mais l'insatiable avidité de la cour de Londres l'aveuglait sur ses véritables intérêts. Enfin les vexations de la métropole décidèrent les colons à repousser la force par la force. Les hostilités commencèrent le 19 avril 1775, au village de Lexincton, situé à cinq lieues de Boston.

Assemblés en congrès général le 30 août 1775, les colons proclamèrent leur indépendance et se promirent un secours mutuel pour défendre leur liberté.

LÉVl. 16

« États-Unis d'Amérique

Les Anglais envoyèrent contre eux des forces considérables, avec les généraux How, Burgoyne et tt union.

Les colons, de leur côté, donnèrent le commandement de leur armée à Washington, militaire habile et orateur éloquent. Un combat sanglant se livra à Bunker s-Hill près de Boston (17 juin) ; les troupes du roi eurent l'avantage : les colons assiégèrent Québec et Boston, qui fut pris. De nouveaux combats furent livrés avec des succès et des revers ; on avait envoyé Franklin, homme probe et d'un grand savoir, à la cour de France, pour demander des secours. Louis XVI conclut un traité avec les Etats-Unis, le 6 février 1778, et envoya une escadre de douze vaisseaux, sous les ordres de l'amiral A'Ettaing. La confiance des colons se ranima. L'accession de l'Espagne à la ligue contre l'Angleterre l'augmenta encore. Pressés par les feux de l'armée combinée des Américains, commandés par Washington, et des Français, sousles ordres de Lafayctte f \cz Anglais, perdant tout espoir, reconnurent les colonies anglo-américaines comme Etats libres, souverains et indépendants; et le traité définitif en fut conclu le 5 septembre 1783.

Les puissances européennes adhérèrent successivement à ce traité. Le congrès s'occupa alors d'établir un système politique en harmonie avec le plan de confédération. Quelques agressions injustes de la part de l'Angleterre lui tirent déclarer la guerre le 18 juin 1812 par les Etats-Unis. Cette guerre ne finit qu'en 1815, après la brillante victoire des Américains, le 8 janvier de la même année, auprès de la Nouvelle- Orléans.

Les Etats- Unis , baignés à l'E. par l'océan Atlantique , et à l'O. part le grand Océan , se sont agrandis considérablement. La Louisiane, qui appartint aux Français, et la Floride, qui fut occupée par les Espagnols, font aujourd'hui partie des vingt-quatre Etals qui composent cette république*

Tous ces Etats sont réunis sous un môme gouvernement, par la constitution fédérale arrêtée à Philadelphie, le 17 septembre 1787 ; tous les pouvoirs législatifs sont confiés à un congrès qui siège à Washington, et se compose d'un sénat

HAÏTIENS

et d'une chambre de représentants. Le pouvoir exécutif est confié à un président et à un vice-président. Washington fut le premier président.

HAÏTIENS

(Saint-Domingue.)

L'île tfHispaniola (petite Espagne), de Saint-Domingue ou Haïti, fut découverte par Christophe Colomb, en 149£. Elle était alors habité par les Caraïbes qui, à une époque difficile à déterminer, en avaient fait la conquête sur les Ygnéris, et s'étaient confondus avec eux.

Les Espagnols, après les avoir exterminés, restèrent paisibles possesseurs de nie. Us remplacèrent la population détruite par les noirs importés des côtes d'Afrique. Cet exemple fut constamment suivi, et cette race nouvelle s'est naturalisée sur ce sol , dont elle est devenue propriétaire. En 1620, des aventuriers français et anglais réunis s'en emparèrent. Chassés à leur tour par les Espagnols , ils se retirèrent dans l'île de la Tortue, située sur la côte N.-O., où ils se rendirent redoutables par leurs pirateries. Vers le milieu du xvn e siècle, ces mêmes aventuriers, connus sous le nom de boucaniers , ou flibustiers , ayant de nouveau enlevé plus des deux cinqièmes de l'ile , la France les prit sous sa protection.

En 1665, d'Ogeron, gouverneur de nie, envoyé par la cour de France, employa l'ascendant de ses vertus et de ses talents sur les habitants. Il en commença la civilisation et fit tourner leur activité au profit de la culture de Saint-Domingue. La partie qu'ils occupaient fut cédée à la France, par le traité de Riswick, en 1697.

La colonie languit jusqu'en 1722 sous le régime des compagnies ; mais depuis lors sa prospérité alla toujours en croissant, jusqu'à la révolution de 1789.

Les troubles de France sont le premier signal de ceux de la colonie. On y parla hautement de liberté, d'abolition des privilèges. Des prétentions exagérées soulèvent les passions,

HAÏTIENS

excitent des désordres, et préparent la perte de la colonie en 1789.

Les mulâtres se rassemblent après la constitution de Saint- Marc, et une première insurrection est excitée par Ogé, arrivé de France.

Les noirs et les mulâtres , qui formaient la grande majorité de la population , réclamant à cette époque les mêmes droits que les blancs, et ceux-ci s'obstinant à les leur refuser, une insurrection générale éclata au mois d'août 1791, et toute la partie française ne présenta plus qu'un vaste champ d'incendie, de carnage et de désolation. Des agents sortis de la partie espagnole dirigèrent les premiers efforts des esclaves qui étaient d'abord demeurés étrangers aux débats de leurs maîtres.

Le 10 avril 1793, on assiège le Port-au-Prince. Deux mille boulets sont tirés sur la ville ; un grand nombre des habitants sont déportés. Le 20 juin, Golbaud, gouverneur, se met à la tête de l'insurrection des matelots de l'escadre en rade du Cap.

Sanlhonax, commissaire civil , arme les noirs pour la défense des patriotes sans-culottes. Le 24 juin on incendie le Cap. Le 28, la flotte française part pour les États-Unis , où elle transporte les malheureux colons du Cap. Le 9 août a lieu la rentrée des commissaires civils au Cap, aux cris de : Vive la république! Tous les blancs sont obligés de fuir. Le 29 août , Sanlhonax proclame les droits de l'homme , et l'esclavage aboli pour toujours à Saint-Domingue. Le 22 sep- . tembre, les Anglais prennent Jérémie et le môle Saint-Nicolas : ils se maintiennent dans 4a colonie jusqu'en 1793.

Toussaint Louverlure s'empare peu à peu de l'autorité ; il force les commissaires à s'embarquer pour la France ; il rétablit l'ordre et la tranquillité , et ramène les noirs au travail. Le 1 er juillet 1801 , il approuve la nouvelle constitution de Saint-Domingue ; on le nomme gouverneur à vie et il est investi du droit de choisir son successeur.

Le 14 décembre 1801, Bonaparte fit partir de France une flotte de 23 vaisseaux de ligne et d'autres bâtiments , chargés de 22,000 hommes , sous les ordres du général Leclerc.

HAÏTIENS

Le 7 mai 4802, loule la colonie se soumet. Christophe traite le premier; Toussaint et Dessaline l'imitent : ils livrent armes et munitions. Le 10 juin, Toussaint est arrêté et transporté en France; les maladies font de grauds ravages dans Tannée : l'insurrection recommence.

Dès que Toussaint Louverture, qui se trouvait à la tête du gouvernement de Saint-Domingue , eut été envoyé en France , Vessaline fut du nombre de cfcux qui aspirèrent à le remplacer. Aidé de Christophe et de quelques autres chefs, il se soutint dans la partie du Nord contre les attaques du général Rochambeau. Le général Ferrand, qui commandait dans la partie espagnole, maintint Tordre et conserva San:o- Domingo à la France jusqu'en 4809.

Après l'expulsion des Français, en novembre 4803, Dessaline s'empara de l'aulorilé suprême et prit le litre de Jacques i er , empereur d'Haïti. Il se rendit odieux par ses cruautés. Une conspiration se forma contre lui , et il fut tué en passant une revue, le 47 octobre 4806. Christophe fut aussitôt élevé au rang de président et de généralissime , et Péthion fut nommé son lieutenant dans la partie de l'Est.

Une assemblée est convoquée au Cap pour y rédiger une constitution. Cette mesure est la source de nouvelles divisions. Pélliion se met à la tête du parti qui veut un système représentatif. Christophe, partisan du pouvoir absolu, déclare Péthion en état de révolte et marche contre lui à la tête de toutes ses forces. De sanglants combats ont lieu à diverses reprises entre les deux compétiteurs, mais sans que le résultat en soit décisif. Depuis cette époque, Péthion se maintint indépendant au Port-au-Prince , sous le litre de président de la république $ Haïti. En 4844, Christophe se fait sacrer roi d'Haïti sous le nom de Henri i er , institue une noblesse et modèle sa cour sur celles de l'Europe; mais s'étant livré à beaucoup d'actes de cruauté , il est victime d'une conspiration qui a lieu au Cap le 9 octobre 4820. Pour ne pas tomber entre les mains des conjurés, il se brûla la cervelle. Péthion avait consolidé dans l'Est l'ordre de choses qu'il avait établi. Il mourut le 29 mars 4818 , laissant pour successeur te général Boycr. Ce nouveau président profita de la révolu-

HOLLANDAIS ET lifcLGBS.

tion arrivée au Cap , et réunit sous son gouvernement les différentes provinces de l'île. Les habitants de la partie espagnole avaient sollicité, le 25 décembre 1821 , le même avantage. L'île de Saint-Domingue se trouve aujourd'hui tout entière régie par les mêmes lois. Le Port-au-Prince est maintenant le siège du gouvernement d'Haïti. Le 17 avril 1825 il parut une ordonnance du roi de France , par laquelle est reconnue l'indépendance pleine et entière du gouvernement actuel de la partie française de File de Saint-Domingue ou d'Haïti.

Page 1