‹ Esquisses moralesChapitre 14 sur 40 · Le 22 septembre · texte numérisé non relu

Le 22 septembre

de la politique nouvelle préconisée par lui, laquelle ne devait avoir toute son influence qu'après sa mort. L'hiver suivant, elle était à Nice, et s'y liait avec le comte Théodore de Santa-Rosa, fils du comte Santorre qui, après avoir été en Sardaigne le héros d'une insurrection populaire, était mort en combattant pour la cause des Grecs ; celui-ci était l'ami de Cavour et le confident de sa politique. Lui aussi, comme Manin, il devait mourir sans avoir vu le jour de la liberté luire pour son peuple. Quelques années après, le culte de Dante, qui avait mis madame d'Agoult en rapport avec Manin, devait la rapprocher encore d'un autre grand Italien, le républicain Joseph iMazzini. Nous parlerons plus loin de celte amitié singulière et toute spirituelle entre deux grands esprits qui n'eurent jamais de relation que par correspondance.

Madame d'Agoult connut aussi, dans un séjour qu'elle fit à Turin en 1.S59 et 1860, M. de Cavour, alors ministre, et fut reçue en audience par le roi Victor-Emmanuel. Elle a laissé de l'un et de l'autre des portraits pleins d'esprit et de vie, d'une touche ferme et légère, dans les Lettres à. M"** l. Elle y montre le ministre illustre qui portait dans son esprit l'avenir de son peuple, conduisant les affaires de l'Italie avec une finesse enjouée, avec un entrain supérieur, vers un but marqué d'à-

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