Co?iversations avec Eckermcum, traduction de Ch. De
L'amour de madame d'Agoult pour l'Allemagne et pour l'Italie n'avait fait aucun tort à celui qu'elle portait au fond du cœur à la patrie française ; on le vit bien au moment de la guerre franco-allemande. « L'État, a dit quelque part le bailly de Mirabeau, est comme quelqu'un qui nous est cher ; quand il se porte bien, on n'y pense pas, quand il périclite, on sent renouveler toute sa tendresse1. » Il faut lire dans le Temps du 13 septembre 1870 la lettre datée de Saint-Lupicin et intitulée : Réponse à une lettre écrite de Heidelberg pour comprendre avec quelle ardeur et quelle intensité se réveilla, à l'heure du péril, le patriotisme de madame d'Agoult, et comment elle se sentit, à cette heure, si exclusivement et si passionnément française. Je ne puis résister à mon désir de citer cette page éloquente et toute frémissante, qui achèvera de la faire connaître dans la profondeur de ses sentiments et de son enthousiasme pour le génie et le rôle de la France.
« Vous dites vrai, répond-elle à son corresponpondant anonyme, je suis née dans la patrie de Goethe, d'une famille protestante et je me suis tou-
lerot, t. II, p. 80. — Je trouve cette note dans les cahiers de madame d'Agoult : « Sentiment qu'on n'a pas été tout ce qu'on avait en soi la capacité d'être. C'est un argument pour la vie future. »