Progrès de Lyon, 10 janvier
que rien ne lasse, que ne décourage même pas le sentiment de l'impuissance de ses efforts, contre le caractère de plus en plus sauvage d'une guerre d'invasion par laquelle on prétendait faire payer à la France les fautes de l'Empire, même après la chute de l'Empire. Elle juge avec sévérité la politique de M. de Bismarck : « cette politique trop vantée, qui, se laissant emporter à l'esprit de conquête et de domination, trouble toutes les notions du droit public, alarme tous les intérêts, suscite des haines vengeresses, et pervertit, dans son principe, avant même de l'avoir fondée, cette unité germanique dont elle n'a fait jusqu'ici qu'une menace insolente contre l'indépendance des peuples et contre la paix européenne *« » Elle s'élève avec énergie contre la prétention des Prussiens de germaniser l'Alsace. Elle se refuse à reconnaître la vieille Allemagne, l'Allemagne selon Herder, Lessing, Goethe et Beethowen, si sympathique à toute vérité humaine, dans la nation qu'enivrent jusqu'à la dépraver le patriotisme militaire et l'orgueil de la conquête et qui se laisse emporter par eux hors d'elle-même et de sa nature 2.
Presqu'à la même époque, dans une poésie intitulée Épilogue, l'ancien ami de madame d'Agoult,