‹ Esquisses poétiquesChapitre 24 sur 55 · LES GOÉLANDS · texte numérisé non relu

LES GOÉLANDS

Beaux goélands, hôtes fidèles !

Par un jour riant et vermeil, Que j'aime à voir vos blanches ailes Se déployer sous le soleil !

Aux vastes plaines de l'espace, Quand bruit le plus léger vent.

Vous allez rasant la surface Des flots à peine s'émouvant.

Que les vagues, enflant leurs cimes, Présagent des dangers nouveaux, Comme l'homme sur les abîmes.

Vous vous endormez sur les eaux.

Si l'onde ne bat plus la grève.

Si l'air redevient calme et pur, Votre vol rapide s'élève, Traçant des cercles dans l'azur.

Vous ne redoutez pas l'atteinte Du plomb de nos bruns nautoniers, Et parfois, vous venez, sans crainte, Vous reposer sur leç huniers.

Vers la plage la plus lointaine, Suivant nos vaisseaux aux longs mats, Le mcmc vent qui les ramène Vous rend toujours à nos climats.

LES GOELANDS. 81

Nulle autre mer aussi chérie A vos regards ne vient s'offrir ; Notre port est votre patrie :

C'est là que vous voulez mourir.

Eh bien ! restez sur nos rivages, Libres, maîtres de votre sort...

Mais nous, jouets de tant d'orages.

Pourrons-nous mourir dans le port ?

Marseille, 20 Novembre 1874.

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