LE TOIT PATERNEL
"... .Souvent mes yeux mouillés de larmes se retournèrent vers les murs de ma ville natale, et je ne pouvais, en partant, les rassasier de cette vue."
Tass Jerusal Déliv., cht. iv, s. lit.
« Adieu mère adorée, adieu toi père tendre, « Vous tous qui m'entourez recevez mes adieux « Déjà le rouge-gorge au loin se fait entendre, « Et le jour qui se hâte apparait dans les cieux.
« Hélas ! il faut partir! Te laisser, 6 ma mère, « Quitter parents, amis, au printemps de mes jours ; « Saluer pour jamais mon pays, ma chaumière, 'I Abandonner les miens peut-être pour toujours.
« Je quitte pour l'exil ma riante vallée,
(( Le monticule vert, le paisible ruisseau,
« Les bocages en fleurs... mais de mon doux hameau
<i L'iniage poursuivra mon âme désolée.
'( Devançant et l'aurore et les feux du matin, « Je n'irai plus au loin dans nos vertes prairies 'I Porter mes pas errants... Ni d'un pied incertain, '< Laisser là, s'égarer mes douces rêveries.
<i Quand l'étoile du soir brillant au haut des airs « Ramènera la nuit sur notre toit de chaume, <i Que l'hœbé, s'avançant sous le céleste dôme, « Apportera le calme à l'immense univers :
« Je ne reviendrai plus assis sous le vieux chêne, « De la terre et des cieux écouter le concert ; <( Non, désormais courbé sous le poids de la peine, K Le monde ne sera pour moi plus qu'un désert.
« Où trouverai-je encor la douceur de votre ombre, « Vieux pins, hêtres touffus, honneur de nos forêts ?. . ., " Sur vos tendres gazons semés de fleurs sans nombre, If Je n'irai plus aux vents confier mes secrets.
« Quand viendra l'heure, hélas ! où du temple rustique,
« Vibrera dans les airs l'airain m.élancolique
« Appelant de sa voix le peuple du hameau ;
« Je n'irai plus unir à l'encens, ma prière,
<( Ni répandre en secret, des larmes sur la terre
'( Qui garde nos parents sous l'abri du tombeau. »
Mais avait fuit déjà l'aurore aux doigts de roses : Les oiseaux réveillés dans leur joyeux séjour Saluaient de leurs chants les premiers feux du jour ; La fleur montrait à l'œil ses corolles écloses.
Et brillant aux rayons de l'astre radieux, Sur l'herbe, la rosée étincelait aux yeux.
Il gravissait rêveur le flanc de la colline, Qui mène de la plaine au sommet du coteau, Où le clocher noirci, qu'une humble croix termine, Elevé dans les airs commande le hameau.
Ses regards attristés errant sur la campagne Découvrent tout à coup au flanc de la montagne, Conduisant ses troupeaux un paisible berger. Près de lui, reposait à l'ombre du verger. Simple dans ses atours, sa timide compagne. Couple heureux qui, du ciel, en toutes les saisons, Célèbrent les bienfaits au chant de la musette ; Soit lorsque les brebis dépouillent leurs toisons. Soit quand les blancsagneaux bondissent sur l'herbette, Avec joie entonnant la douce chansonnette, Demandent au Seigneur de bénir les moissons.
A ce tableau touchant, poétique, enchanteur, Le poL'tc attendri sent palpiter son cœur. —
Le barde, se voyant sur la terre étrangère, Etonné du chemin qu'il a déjà franchi, Du sommet d'un rocher que la foudre a blanchi Retourne encor ses yeux vers le toit de sa mère ; Et toujours croyant voir sa campagne et ses bois, Et le champ du repos oii brille l'humble croix, Mêlés aux pleurs que la douleur arrache, Tandis que vers son ciel son long regard s'attache. Ces soupirs et ces mots s'échappent à la fois :
( Pourquoi faut-il que des miens je m'éloigne, « Pourquoi si loin poursuivre le bonheur ? « C'est chez les siens, qu'on goûte la faveur « De s'entre-aimer. ... Ce couple le témoigne.
« C'est dans vos bois, ô vallons fortunés, « Séjours charmants, paisible solitude, « Que loin des maux qui troublent les cités, « Nos jours s'en vont exempts d'inquiétude.
« Entends de loin mes accents douloureux, '< Mère adorée, hélas ! ton fils t'appelle . . . '< C'est malgré moi que de tristes adieux « Vinrent briser mon «œur toujours fidèle.
'< D'un autre instinct. — A chacun son attrait, — .( Le Dieu du ciel avait rempli mon âme ; <( Changer le cours d'une invincible flamme, « M'eût fait combattre un inflexible arrêt.
'( Changer le cours de la flamme ondoyante, « Du fier torrent qui roule avec fracas, «( Du trait qui vole, ou de l'âpre tourmente " Qui sème au loin, l'alarme et le trépas :
« Il ne se peut ; et l'âme du poëte '< Cédant au Dieu qui gouverne son sort, « Sans que l'amour, le sang, ni rien l'arrête, '( Doit malgré lui chanter jusqu'à la mort.
" Mais ne crains pas qu'en suivant ma carrière, " Mère, je puisse aucun jour t'oublier ; " Non, non, plutôt mes yeux fuir la lumière, « Plutôt ma voix à jamais expirer !
« Oui, ton amour qui soulage ma peine, « Est, ô ma mère, un aimant souverain, « Qui dominant le cœur du pèlerin, « Malgré l'exil, auprès de toi l'enchaîne.
*( Lieux que j'aimais, séjour de mon enfance, « Toit paternel ! terre de mes aïeux ! « Tendres témoins de mes jours d'innocence, '( Du Barde errant recevez les adieux !
Champ d'Asile, Sept., 1867.
From my bed, quick ! roll me out, I am choked with this hot sand ;
And my throat swells with a shout, Gathering, that shall shake the land.
Clear me with your twisted probes, Smooth me round with biting steel,
Fit me with your iron globes, Set me up on oaken wheel.
Ho ! I am the conquering gun,
Iron son of fire and noise ; Through my frame already run
Thrills obscure of coming joys.
Corne ye men from forge and farm — Men of migth in arm and knee ;
He whose blood takes quick alarm Better not companion me.
Wheel me Southward : are those graves On the slope of yonder hill ?
Yes ; but o'er them proudly waves The old starry banner still.
Rest me now upon the height :
What is that before the rim
Of the forest ? Look ! my sight Is a litde blurred and dim.
Ah ! I see^-quick with a shcll
In my throat — boom — therc it goes,
With a long-tailed, ficry ycll, Right among the thickcst foes.
Hip ! hurrah ! they scatter, men ;
Now another — to the rioht — Hip ! they got it square again ;
This, I think, will be a fight.
Ugh ! — no matter — 'twas a shot Glanced along my iron hide ;
And the scratch is rather hot, But my bones are sound inside.
Swabber, cool me with your sponge- Why lie there and clutch it tight ?
Down my throat his blanket plunge- He will not need it to-night.
There they corne upon the flank, Now my bore with grape-shot fill,
Quick — another — while their rank Thinly forms below the hill.
Ah ! they like the distance best ;
Let me give a parting kick.
See ! a dozen stop to rest
Ere they reach the forest thick.
They hâve had enough of strife ;
They think this had better cease ; Every unloosed rebel Hfe
Is a stubborn vote for peace.
Now fling out the victor sound ;
What ! you can not shout amain ?
Are too many voices drowned
In the silence of the slain ?
What if I am loud and hoarse As you count them one by one ;
Iron sensé is rather coarse — I am but a callous gun.
Comrades' tears are holy, sweet —
Drop them on the faces pale ; While above the angels greet
Patriot soûls with sweet AU Hail !
But for me is only joy —
Iron joy at victory won ; I was fashioned to destrby —
Ho ! I am the conquering gun.
July, 1864.