POEME DE L'AIGLE
CHANT SIXIEME
Ayant r intention de publier bientôt un poème historique en Huit Chants, intitulé /'Aicjlî; ; fauteur, offre dans les pa^i^es qui suivent^ un triple extrait de son travail. C est.^ d' abord, la préface qui expliquera au lecteur la nature de cet ouvrage ; ensuite, le Chant Vlètne du poème, lequel embrasse la période de temps qui s'écoula depuis la Paix de Vienne — 14 Octobre 1809, — Jusqu'à f entrée de la Grande Année dans Moscou, — 14 Septembre 181 2 ; — e/t/in, les remarques du niéfne Chant,, tirées pour la plupart des meilleurs auteurs qui ont écrit sur ces temps héroïques,, et nécessaires ou au développement ou parfois à la parfaite intelligence du texte.
Nous avons cru devoir faire ces trois citations,, afin que le Lecteur puisse se former une idée suffisante du genre de cette œuvre.
Montréal, 10 Juin 1875.
AVERTISSEMENT
Nous avions lu, il y a déjà quelque temps, un ouvrage en prose intitulé : La Malédiction de Paris ; par M. Elie Berthet, édition in-i8, Paris 1869.
Nous ne prétendons aucunement nous prononcer sur le mérite littéraire de ce livre, moins encore sur son opportunité ; et nous sommes surtout bien éloigné, d'en adopter le fond et les idées. Mais nous devons déclarer toutefois, que nous avons emprunté à l'auteur, l'invention dont il s'est avisé d'un personnage fictif, l'AiGLE qui parle seul dans tout son ouvrage, et par suite, la forme de récit qu'a cet ouvrage lui-même, dans toute son étendue. Du reste notre faible production, d'ailleurs beaucoup plus longue que la sienne, n'a avec celle-ci, à cela près, aucune espèce de rapport.
Cette longue apostrophe que l'auteur intitule si
crûment, Malédiction, n'est en effet, qu'un tissu fatigant de reproches, assez arbitraires selon nous, adressés à la capitale de la France, sur une foule de sujets, et dont cette capitale, au point de vue de l'auteur, est censée devoir porter la responsabilité.
Ces reproches sont mis, avons nous dit, dans la bouche d'un personnage fictif, de pure invention, et pour lequel il a plu à l'auteur de prendre I'Aigle. La raison de ce choix est évidemment que le principal de ces reproches a pour objet la disparition de I'Aigle, comme emblème national, et la proscription de l'Empire en 1814 et 1S15 ; fait que l'auteur reproche à la nation Française, comme si à cette époque, la France eut pu et dû pousser plus loin la résistance contre l'Europe entière, alors liguée contre elle.
De plus, paraissant oublier entièrement les gloires de son pays, l'auteur, conformément à son titre, semble ne prendre plaisir qu'à le flétrir, entassant pour cela les griefs, vrais ou prétendus, dont il se croit en droit de le charger; et tournant d'ailleurs toujours ses reproches en forme de Malédiction.
Une pareille conception, ne fut-elle pas d'une fausseté et d'une injustice palpable, il y aurait encore bien de la dureté à la formuler, ainsi que l'a fait l'auteur, et à la jeter à la face de son pays. Mais qui n'en sentirait tout d'abord la fausseté et l'injustice } N'est-il pas évident qu'il y a bien plus de faits glorieux que de sujets de blâme à relever, dans l'histoire de la
grande nation Française ? Et certes, nous sommes bien loin de nous croire la force et la capacité nécessaires, pour remplir un cadre où l'on prétendrait rassembler toutes ces gloires.
Cédant toutefois au désir d'un présenter quelque chose, et empruntant à M. Berthet, comme nous l'avons dit,uniquement sa fiction ou personnification de T Aigle. nous fesons paraître Celle-ci, aux deux époques extrêmes de l'histoire de France, où en effet, Elle brilla avec tant d'éclat sur les étendards de la nation : l'époque de Jules César, ou de la domination Romaine dans les Gaules, et celle de Napoléon 1er, à partir de son avènement à l'Empire. Ces deux tableaux généraux sont le fond et la base de notre travail. Cependant comme l'histoire entière de la nation, ne devait pas y demeurer tout-à-fait étrangère, nous l'avons fait entrer sommairement entre les deux tableaux principaux, dont elle devient comme la liaison naturelle. Sommairement disons-nous, à cause que, sous les diverses dynasties qui ont régné sur la France, I'Axgle ne figurant pas dans les armories nationales, Elle ne devait naturellement pas, quand Elle parle, s'étendre aussi longuement sur cette partie de son récit. Ce qu'Elle en dit n'est autre chose qu'un pur sommaire, un simple aperçu historique, jeté entre les deux parties principales de l'ouvrage.
Quant aux détails qui composent notre travail tout entier, texte et notes, nous nous sommes fait un devoir
de n'y rien avancer que d'absolument et de rigoureusement historique, comme on le verra, tant par le texte même que par les remarques insérées à la suite des divers chants du poëme, et qui précisent les dates, les lieux et toutes les circonstances des faits allégués.
Puisse ce faible essai, à défaut d'autre mérite, faire au moins preuve de notre filial et inaltérable attachement pour notre Patrie.
Quelque couleur qu'aient pu prendre nos faibles récits, nous déclarons formellement ici, n'y avoir eu en vue, aucun but ou tendance politique, ni prétendu épouser aucun parti. Nous n'avons été occupé d'autre chose, que de revêtir des formes de la poésie, des faits grands par eux-mêmes, dignes de mémoire, et d'autant plus intéressants pour nous qu'ils appartiennent à l'histoire de France.
De NARBONNE-LARA.
Paris, 15 Décembre 1874.
33' anniversaire des funérailles de l'Empereur Napoléon, 1", aux Invalides, le 15 décembre 1811.
CHANT SIXIEME
GRANDEURS DE L'EMPIRE.-iSi2