IV. — Procédé de Bellet
Ce procédé repose sur la décomposition de lacide lactique avec production d’aldéhyde éthylique sous l’action du permanganate de potasse en solution alcaline chaude. Les vapeurs sont reçues dans une solution titrée d’azotate d'argent ammoniacal. Elles sont entrainées par un courant d'air àtravers le réactif; de la diminution du titre de cette dernière, on déduit aisément la quantité d’acide lactique qui se trouvait dans la prise d'essai.
(1) Bouver (M.). — Bulletin des Sciences pharmacologiques, 1913, p. 483.
V. — Dosage de l'acide lactique par pesée de la chaux dissoute par l'acide lactique de fermentation formé.
Chaque examen comportera deux ballons :
a) Témoin dans lequel on dose la chaux dissoute ;
b) Un ballon ensemencé et mis en culture pendant 48
heures à 37°. /
Les cultures faites sur 100 c3 de bouillon de touraillon (Bouillon BEerrranp) (1) additionné de 5 gr. de carbonate de chaux et stérilisé, sont ensemencés avec un comprimé ou 1 cm? de liquide à examiner.
On place à l’étuve à 37° pendant 48 heures et l'on a soim * d’agiter de temps en temps, toutes les deux ou trois heures, pour faciliter la dissolution de la chaux.
La culture, pendant ce temps, doit prendre un aspect trouble homogène, sans formation de voile gris verdâtre montant à la surface. Lorsqu'on viendra de faire un nouveau bouillon, on aura soin de placer en même temps à l'étuve un ballon non ensemencé pendant le même temps 48 heures, car même dans les bouillons stériles la chauffe prolongée provoque une certaine acidité qui dissout une petite quantité de chaux qu'il faudra déduire de la quantité totale produite par la culture du ferment. Il n’est nécessaire de faire cet essai qu'une seule fois, avec chaque bouillon nouveau. |
Dosage de l'acide lactique formé. Après les 48 heures de culture, on filtre et l’on précipite la chaux dissoute dans 20 cm de filtrat (40 em°? pour le témoin) par une solution concentrée d'oxalate d’ammoniaque, d’ammoniaque et de chlorhydrate d’ammoniaque.
On porte à l'ébullition pendant quelques instants ,; on
(1) BERTRAND (G.). — Annales de l'Institut Pasteur, page 404, 1909.
laisse refroidir une demi journée et l’on filtre le'précipité obtenu sur un petit filtre de 8 cm. de diamètre sans cendres ; on lave le précipité avec de l’eau distillée, deux ou trois
- fois, sans s'inquiéter si tout l'oxalate d’ammoniaque est éliminé, ce qui n’est d’aucune importance puisqu'on calcine ensuite le précipité.
On calcine le précipité obtenu dans une capsule de platine préalablement tarée et l’on pèse après refroidissement le poids de chaux obtenu ; soit Y ce poids et d’autre part
- le poids de chaux obtenu avec 40 em° du témoin étant Z, on aura :
Poids de chaux : (Y X 5) —(Z X 2,5) = Q°
A l’aide de cette quantité de chaux vive on caleulera la quantité d'acide lactique pour mille en appliquant la formule :
Q X 3,2142 X 10= Acide lactique.
Acide lactique
Le coefficient 3,2142 est le rapport
Cette méthode offre des inconvénients : si la caleination est modérée, on aura un mélange de chaux et de carbonate de chaux. Pour avoir un produit défini, on pourra ajouter sur le produit un peu de solution de carbonate d’ammoniaque, évaporer puis chauffer sans dépasser le rouge très-sombre On pèse du carbonate de chaux. On pourreit aussi transformer le résidu en sulfate et calciner au rouge naissant. Pour un chimiste exercé, une calcination violente permet de peser de la chaux vive (CaO).
Facteurs numériques pour les calculs :
Chaux vive X 3,2142 — Acide lactique dans la prise d’essai.
Sulfate de chaux X 1,32 = Acide lactique dans la prise d'essai.
Carbonate de chaux X 1,80 = Acide lactique dans la prise d’essai.
Les difficultés énoncées nous ont engagé à-établir la
méthode de dosage suivante applicable dans tous les cas :
VI. — Méthode personnelle. | 1° Milieu de culture employé.
Nous avons employé le bouillon de Touraillon dont nous avons donné précédemment la formule, toujours employé dès sa préparation.
2° Ensemencement. -
Pour chaque échantillon de produit sec on ensemence 0,50 de comprimés ou 0,50 de poudre, correspondant tantôt à un, tantôt à deux comprimés, dans 100 cm° de bouillon de Touraillon contenant 3 gr. de carbonate de calcium. Pour les préparations liquides 1 em° de bouillon à analyser. Chaque ballon ensemencé avec les comprimés préalablement pulvérisés, la poudre ou le liquide, est maintenu 48 heures à l’étuve à 37°. On a soin d’agiter de temps en temps, toutes les trois ou quatre heures, de manière à donner une culture plus uniforme. Lorsque les 48 heures de cullure sont écoulées,les ballons sont chauffés 10 minutes à l’ébullition, pour coaguler les matières albuminoïdes, puis filtrés. Le chauffage diminue un peu la quantité de carbonate de chaux, mais le même dosage est opéré sur un ballon témoin, les résultats sont comparables, d'au- - tant qu'une partie de la chaux a pu être dissoute par l'autoclave, indépendamment de celle dissoute par l'acide lactique produit.
ET Pas Sur chaque ballon on procède aux opérations suivantes.
1° Recherche qualitative de l'acide lactique. 2° Dosage de ce dernier.
À. — Recherche qualitative de l'acide lactique,
Sur le liquide de culture relativement peu coloré par les méthodes suivantes :
a) Par le réactif d'Uffelmann :
. Eau phéniquée à 4/100...... Er PU ER E +. 220 CMS Pérchlortre dé fer. .:.....32..: RAD 1 goutte.
Dans un petit verre à expérience 10 em? de réactif sont additionnés de V à X gouttes de bouillon de culture. La réaction positive donne une couleur jaune dont l'intensité varie avec la force de la réaction.
b) Par la réaction de l'iodoforme.— Uu centimètre cube de bouillon est additionné de 1 em? de solution iodo-iodurée. On ajoute un peu de soude. La réaction varie depuis la production d’odeur d’iodoforme, jusqu’à la formation d’un précipité abondant. Dans les cas douteux on pourra s'assurer que l’on a bien à faire à l'acide lactique de la façon suivante : On précipite la chaux du lactate de chaux à l’aide de l’acide sulfurique dilué, on filtrera et l’on traitera le filtrat par l’éther. On évaporera l’éther à basse température et sur le résidu, on pourra faire les réactions caractéristiques de l’acide lactique, comme précédemment : par la réaction de Berg au perchlorure de fer, etc. On les obtient d’ailleurs très facilement avec les bonnes cultures.
La réaction de l’iodoforme est la plus constante et concordante. Dans certains cas où l'acide lactique est abondant, la réaction d’Uffelmann était parfois faible, tandis qu’un abondant précipité d’iodoforme était obtenu.
La réaction d’'Uffelmann, par contre, a toujours été faible, lorsque la réaction de l'iodoforme était à peu près nulle,
B. — Méthode de dosage de l'acide lactique formé employée dans nos recherches.
Les bouillons ont été additionnés de 3 gr. de carbonate de chaux pour 100 em, à mesure que l'acide lactique se produit par fermentation, il dissout le carbonate de chaux, en donnant du lactate de chaux soluble.
En sorte que la quantité de la chaux dissoute est équivalente au point de vue chimique à la quantité d’acide lactique produit. -
Un dosage de la chaux dissoute conduira à la connaissance de la quantité d’acide lactique formé.
La chaux dissoute par l’acide lactique produit est précipité par l’oxalate d'ammoniaque et l'oxalate de chaux décomposé, donne de l'acide oxalique qui sera dosé par une solution titrée de permanganate de potasse.
À 50 cm de bouillon filtré et maintenu à l’ébullition, acidifié par 2 em? d’acide acétique, on ajoute" 30 em? d'une solution décinormale d’oxalate d’ammoniaque (7,50 par litre).
La chaux précipitée à l’état d’oxalate, est recueillie sur un petit filtre sans pli, on lave l'oxalate de chaux à l’eau froide ; puis après avoir percé le filtre, on entraîne la matière par un jet de pissette, dans une fiole conique. On lave le filtre d’abord avec10 em d’une solution d’acide sulfurique au 1/10, puis à l'eau pour entrainer les dernières traces. |
L’acide sulfurique décompose l’oxalate de calcium. 11 se forme du sulfate de caleium insoluble, tandis que l'acide oxalique mis en liberté reste dans la solution. Cette deraière trouble en raison de la présence du sulfate de chaux produit, est portée au bain-marie à 60°.
Per RE
On dose alors dans la solution la quantité d'acide oxalique produit. On fait tomber goutte à goutte la solution décinormale de permanganate de potasse (3,16 par litre) jusqu'à coloration rose, ne disparaissant pas par un nouveau chauffage au bain-marie.
On note le nombre de centimètres cubes employés.
Calculs. — L'expérience donne :
1° Le nombre de em° de solution de permanganate de. potasse employés pour doser la chaux dissoute, dans le ballon témoin non ensemencé.
2 Le nombre de centimètres cubes de solution de permanganate de potasse employés pour doser la chaux dissoute dans le ballon ensemencé ayant cultivé.
Sachant que 1 cm* de solution de permanganate de potasse — 0,009 d'acide lactique (1), la différence entre le nombre de centimètres cubes de solntion de permanganate employés dans le ballon de culture et le nombre employé pour le ballon témoin......... multiplié par 0,009 donne pour 50 cm? de culture, la’ quantité d'acide lactique produit.
En multipliant par 20 on ramène facilement au litre.
Exemple : 10 témoin 3 cm° 8 de permanganate.
2 culture 27,4.
27,4— 3,8 = 23,6 X 0,009 X 20 = 4 gr.,248.
Acide lactique = 4 gr.,248 par litre.
N (1) 1 centimètre cube de permanganate TES 0 gr.,009 d’acide lactique. Celà résulte de ce qu'un litre de permanganate norm«l oxyde un équià 90 Me valent d'acide oxalique pesant 45 (5) et de ce que dans les réactions
successives qui ont été employées au cours de l’analyse, cet équivalent d'acide oxalique s’est substitué vis-à-vis du calcium a son équivalent d'acide lactique pesant 90 ; les liqueurs titrées étant encore basées sur : le système des équivalents.
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