AU LECTEUR
Oi Ton a injustement exhumé un assez grand nombre d ouvrages qui n'ont dû ce retour de fortune qu'au nom et au talent de ceux qui les ayaient imprimés, quoique leurs auteurs en fussent d'ailleurs bien peu dignes, on a d'un autre coté négligé quelques éditions données par les mêmes imprimeurs , bien qu'elles fussent loin de mériter cet oubli. Parmi ces dernières se trouvent celles qui ont pour objet la littératiu^e ou les langues de l'Orient. On trouve à la vérité les titres d'une partie de ces livres dans quelques bibliographies , maisi i]s n'y sont accompagnés presque d'aucunes, remarques, et cependant plusieurs peuvent donner lieu à des observations intéressantes et peu connues.
Avant de présenter l'énum^tition des principaux ouvrages relatifs à la littérature orientale, sortis, des
238 AVIS jlv lecteur.
presses des Elzévirs, nous devons remarquer que ces imprimeurs n'ont jamais employé qu un seul corps d'Arabe, qu'ils avaient acquis de la veuve et des enfants d'Erpenius ou Thomas d'Erp. Ce savant orientaliste, professeur à l'Université de legrde, avait élevé dans cette ville , et à ses frais , une imprimerie orientale. Cette imprimerie était munie de caractères grecs , hébreux, syriaques, persans et arabes. Les caractères grecs , comme les caractères romains , employés par les Ëlzévirs, étaient principalement dus à Garamond: iM^Uâ ne saurions indiquer de qnette manière le docte propriétaire s'était procuré le& caraM^lèires hébreux, persans el syriaques; nais nous pouvons affirmer qu'A avait fait graver, sous sa propre direeiion, et pour son compte^ le caractère arabe. U e&t péaible d'^çonter qu'Erpemus, pressé du. désir de simplifier œ caoractère, et de le réduire à une forme phis régudière et pour ainsi dire plus typographique, l'a dénaturé au point que les testes qui ont été imprimés avec sont presque illisibles pour les Orientaux. Cela est d'afutant |diis iàchetix pour ceux qui étudient les principes de l'arabe, dans les ouvrages imprimés avec ce caractère, qu'ils n'acquièrent qu'une idée fort inexacte de l'éerriture de ectte langue; et que la lecture des manuscrits exige de leur part une nouvelle et difficile
AVIS AU LECTEiorR. aSç
étude. Quoi qu'il en soit, ce oaraetère, tout incorrect et tout imparfait qu'il est, a servi à ini[»iiiier les chefs * d'œurre d érudition arabe des £rpentu&, des Golius, et des Schultens; et il faut arouer que celui qu on lui a substitué depuis quelque temps dans les imprimeries de Leyde et des autres villes de la Hollande ne l'emporte guère sur le précédent, soit pour l'exactitude des formes, soit pour la beauté de l'exécution.
Il paraît que les Elzévirs, établis à Leyde, présidaient au matériel des travaux de l'imprimerie d'Erpenius ; aussi étaient - ils en général chargés de la vente des ouvrages qui y étaient exécutés. Cette circonstance explique pourquoi le nom des Elzévirs se trouve sur la plupart des livres émanés ex typogra^ phia Erpentana, Mais lorsque les caractères orientaux, après la mort d'Erpenius, furent devenus leur propriété , et que les éditions furent publiées pour leur propre con[ipte, elles acquirent, entre leurs mains et par la perfection de leur tirage, un degré de supériorité très-remarqiiable sur toutes celles qui avaient précédé.
Parmi les ouvrages qui se rapportent aux langues orientales , et qui sont sortis des presses Elzéviriennes, il en est quelques-uns qui se composent
24o AVIS AU LECTEUR.
uniquement de remarques et de conunentaires : nous avons cru devoir les omettre, et ne nous occuper que de ceux qui contiennent des textes orientaux, ou qui sont relatifs à Fétude de ces langues.
■^»/m.mjmjmMMjmM.m.m.».»jmàmjmj».m.m^jm.imjm.iL»j»j^^^mM^j».m.m.i^m^m.».^^»jm.m i^ «■ ««■ ^ ■ ^^ %^^ V^^^-fcf^fVlJl/l/W