‹ Essai critique et expérimental sur le sang. ThèseChapitre 5 sur 9 · DES GLOBULES DU SANG · texte numérisé non relu

DES GLOBULES DU SANG

Depuis l’époque où le sang est devenu l’objet d’une étude méthodique, la substance qui le colore a particulièrement arrêté.l’attention des observateurs. C’est en elle, en effet, que se manifeste la seule modification apparente que le sang éprouve pendant l’acte si essentiel de la respiration, et il était naturel d’en conclure que, de tous les matériaux de ce liquide, c’était celui qui intéressait le plus immédiatement la vie. Aussi, ^lorsqu’on passe en revue les nombreux travaux qui ont été entrepris sur le sang, voit-on que la connaissance des globules colorés , qu’il tient en suspension, a été leur but principal.

Le premier et le plus important résultat auquel ces travaux aient conduits, est la découverte du fer qui fut d’abord signalé dans le sang par Badia, et reconnu bientôt après par Galeati, Lemery et Menghini. Ce dernier généralisa cette découverte par ses observations sur le sang des mammifères, des reptiles, des oiseaux et des poissons, qui tous lui présentèrent le fer au nombre des élémens de ce liquide. Ses laborieuses recherches l’amenèrent à celte conséquence, que c’est surtout dans le*

Houles sanguins que le fer existe, et que sa proportion dans le sang est liée à celle de ces mêmes globules.

Buquet (i) alla plus loin, et, après avoir reconnu le premier que le caillot est formé de fibrine çt de matière colorante qui ne semble différer de l’albumine du sérum que par sa couleur et le fer qu’elle contient, il établit que c’est à ce métal que l’on doit attribuer la couleur du sang, et . que, dans les maladies chroniques où cette couleur s’affaiblit, on peut la relever par l’usage des préparations ferrugineuses.

Depuis lors cette opinion a été tour à tonr attaquée ou défendue par des raisonnemens et des expériences, et l’on s est surtout livré à de nombreuses tentatives pour reconnaître sous quelle forme le fer existe dans le sang. Mais tous ces efforts n’ont point encore donné à cette question une solution définitive.

MM. Deyeux et Parmentier paraissent être les premiers chimistes qui aient entrepris des recherches suidés , pour apprécier la nature de la combinaison ferrugineuse qui fait partie du sang. Avant eux, il est vrai, Sage et Gren l’avaient regardée comme un phosphate de fer, mais ils n’avaient avancé aucune preuve à l’appui de leur °pinion. MM. Deyeüx et Parmentier admirent que le fer existait dans le sang à l’état d’oxide , et qu’il y était tenu en dissolution à la faveur de la soude (a).. Trois ans plus tard, le docteur Wels nia que le fer eût aucune influence s hr la couleur du sang, et attribua cette couleur à l’organisation particulière de la matière animale qu’elle caractérise.

(O Johnson. History ot' animal Chemistry , t. I, p. 45.

(?) Journal de Physique de Lamétheric, pag. 448 et 44<). année 1794 Uaus le même ouvrage, pag. 45o •• « MM. Deyeux et Parmentier évaluent, d’après Menghini, le fer contenu dans le sang d’un homme en bonne santé à 3 onces environ, puis ils ajoutent : Comme le fer est le

Fourcroy et Yauquelin, en se livrant à de nouvelles recherches sur le même sujet, furent conduits à regarder le sous-phosphate de fer comme l’unique cause de la colôration du sang (ij. Mais cette opinion, combattue par M. Berzélius, ne put résister à ses expériences multipliées ( 2 ).

Enfin, tout en avouant que l’on ne connaissait rien de précis sur la nature du composé ferrugineux qui donnait au sang sa couleur rouge, on admettait en général que le fer n’existait ni dans le sérum ni dans Ja fibrine, mais qu’il était réuni tout entiei* dans la matière colorée ; lorsque M. Brande et M. Yauquelin vinrent ébranler cette croyance.

Le premier (3), ayant recherché le fer dans la fibrine, le sérum et les globules, prétendit que ces trois matières en fournissaient une égale proportion et qu’elles n’çn contenaient que des traces. Il conclut de ses observations, que le principe colorant du sang était une substance purement animale, dont la couleur rouge résultait uniquement de sa nature^ comme celle des principes colorans des végétaux.

Mais M. Brande ne s’étant expliqué dans son Mémoire

symbole de la force , la totalité de ce que le sang d’un homme en contient offrirait un grand degré d’intérêt aux âmes sensiblës , si on l’employait à éterniser la mémoire de ses talens et de ses vertus. Becker avait éu une pareille idée , en recommandant à l’amitié le soin de vitrifier les os j mais les restes précieux de l’humanité seraient trop fragiles réduits sous cette forme. Le fer deviendrait un monument plus durable de l'existence ; on pourrait en frapper une médaille sur laquelle serait gravée l’effigie de celui auquel il aurait appartenu. De quels sentimens de vénération seraient péuétrés les parens , les amis , les citoyens à la vue d'une pareille relique. »

(1) Fourcroy. Système des Connaissances chimiques, tom. IX, pag

(2) Annales de chimie, tom. LXXXVIII, pag. 4g.

(3) Annales de chimie, tom. XCIV, pag. 34. '

ni sur la pureté absolue de chacune des matières qu'il avait soumises à l’expérience, ni sur là quantité précise de fer qu’il y avait trouvée, et ses résultats d’ailleurs étant en contradiction évidente avec les observations de Mengbini, Rouelle, Berzélius et plusieurs autres chimistes habiles , il y avait tout lieu de croire qu’il avait été induit en erreur, lorsque M. Vauquelin, en confirmant ses résultats, vint leur ajouter tout je poids de son autorité dans la science.

Pour obtenir la matière colorante du. sang, M. Vauquelin écrase le caillot bien égoutté, avec 4 parties d’acide sulfurique étendu de 8 parties Ü’edu, et fait chauffer le mélange à 70 degrés centigrades pendant 5 à 6 heures. 11 filtre la liqueur encore chaude, la concentre, la sature presque entièrement par l’ammoniaque, l’abandonne au repos et obtient bientôt un dépôt de couleur rouge pourpre; c’est la matière colorante pure. Elle se dissout dans les acides et les alcalis, et les dissolutions qu’elle fournit avec les premiers ne précipitent ni par l’acide gallique, ni par le prussiate dépotasse; tandis qu’il est facile, à l’aide de ces mêmes réactifs , de démontrer la présence du fer dans la liqueur d’où cette matière colorante a été précipitée par l’ammoniaque. De ces résultats, M. Vauquelin a conclu que l’acide sulfurique enlevait le fer à la matière colorante sans la décolorer, et qu’ainsi ce métal h’était point au nombre des élémens nécessaires à son existence (1).

L’autorité que le nom de cet illustre chimiste fit obtenir A ces conséquences, tout-à-fait conformes d’ailleurs aux assertions de M. Brande, déterminèrent M. Berzélius à entreprendre de nouvelles recherches sur ce sujet pour fiécider la question entre MM. Brande et Vauquelin d’une

(0 Annales de chimie et de Physique , tom. Z, pag. 10 , <?tc.

pari, et les autres observateurs qui avaient ainsi que lui-' même regardé le fer comme partie essentielle du principe colorant du sang. Il reconnut que <pe principe, tel que l’avait obtenu M. Vauquelin, fournissait des cendres trèsferrugineuses, et que d’ailleurs le procédé qu’il avait employé pour l’obtenir était extrêmement défectueux, puisqu’il exigeait un grande quantité d’açide et d’ammoniaque pour donner un produit moins exempt d’albumine et de fibrine, et beaucoup moins abondant que la partie du caillot que l’acide n’avait point attaquée ; de telle sorte , que ce résidu aurait été pris pour produit à plus juste titre que le produit lui-même.

Après ces dernières observations^ il était impossible de nier la présence du fer dans le principe colorant du sang ; et il était facile de s’expliquer comment M. Yauquelin avait été entraîné à soutenir l’opinion contraire, en observant qu’il n’avait pas calciné sa matière pour mettre le fer en liberté ; mais qu’il s’était borné à l’essayer par l’infusion de noix de galle et le prussiate de potasse, réactifs tout-à-fait insensibles à la présence du fer, tant qu’il fait partie intégrante de la substance animale.

Il paraît cependant que la réfutation expérimentale de M. Berzélius ne porta point une conviction absolue dans tous les esprits ; car, bien qu’elle date de 1817, on rencontre encore aujourd’hui dans des ouvrages de physiologie et de chimie les opinions dont elle a démontré la fausseté. C’est ainsi que je me suis trouvé entraîné à répéter les expériences de M. Vauquelin.

Je reconnus facilement, à l’aide du prussiate de potasse,, que la liqueur acide dont l’ammoniaque avait précipité la matière colorante, renfermait, il est vrai, quelques traces de fer, ainsi que M.Vauquelin l’avait observé; mais en traitant cette même matière précipitée, par un courant de chlore après l’avoir délayée dans l’eau, je vis bientôt sa couleur s’altérer et disparaître entièrement 1

tandis que la liqueur acquit la propriété de se colorer e n bleu par le prussiate de potasse.

Il est donc évident, d’après tout ce qui précède, que le fer fait partie essentielle de la matière colorante du Sa ng, et qu’on n’a jamais obtenu cette matière avec les caractères qui la distinguent sans y rencontrer cet élément. Au reste, la suite de son histoire ne fera qu’ajouter de nouvelles preuves à cette vérité importante, et qui doit e nfin , après toutes les discussions contradictoires auxquelles elle a donné lieu , être dorénavant admise comme nn fait incontestable.

Je n’ai cité jusqu’ici que la méthode indiquée par M. Vauquelin pour obtenir le principe colorant du sang, e t on a vu combien il était loin de conduire à des résultats satisfarsans. Plusieurs autres moyens ont été proposés pour dépouiller ce principe des substances étrangères qui l’accompagnent dans le caillot. Je vais les passer en revue ; mais pour les apprécier il est nécessaire d’abord de définir Ce que l’on entend par matière colorante du sang, et quelle est la nature des substances qui l’accompagnent dans le caillot. Or, jusqu’à ces derniers temps, on a donné le nom de matière colorante ou d’hématosine à ce qui forme à mes yeux les globules du sang entiers, puisque je n e regarde plus la fibrine comme partie intégrante de ces globules; et on a admis que cette matière, enveloppée dans la fibrine avec une quantité plus ou moins grande de sérum interposé, formait le caillot.

Il s’agit donc, d’après cela, pour obtenir l’hématosine Pure, de la débarrasser de la fibrine et du sérum qui l'accompagnent; et c’est là en eflet le but qu’on s’est proposé dans les difîërens procédés que MM. Brande , Berzélius , ïlngelhart, Denis et Le Canu ont successivement indiqués.

Le premier propose d’agiter le sang aù sortir de la v eine afin d’enlever la fibrine qui se sépare en longs fila-

mens, d'abandonner la liqueur à elle-même, jusqu’à cè qu’il se soit formé un dépôt de matière colorante, et de décanter le sérum surnageant.

Le second coupe je caillot en tranches minces, les dé'barrasse autant que possible du sérum en les plaçant sur des feuilles' de papier brouillard, les triture ensuite dans une petite quantité d’eau, chaufïe la dissolution et coagule la matière colorante,, ou la dessèche à une douce chaleur pour l’obtenir à un état soluble.

Beaucoup plus récemment MM. Engelhart et Pénis, l’un dans sa thèse couronnée en 1825 à la Société de médecine de Gottingue, l’autre dans ses recherches expérimentales sur, le sang humain , imprimées en i 83 o, ont proposé uh procédé fort ingénieux pour obtenir l’hématosine. Mais leur produit n’étant point encore entièrement dépouillé d’albumine, et d’ailleurs étant réduit à l’état de coagulum insoluble, ne me paraît pas avoir toute l’impopi tance que ces observateurs et M. Engelhart, surtout, lui ont attribué 1 . Cependant, comme ce procédé est curieux en lui-même et a fourni à M. Denis l’occasion de quelques observations intéressantes, je crois 1 devoir entrer dans quelques détails à son égard.

M. Engelhart (1) remarquant que le sérum étendu de ro parties d’eau ne se trouble pas à la température de ç 5 degrés centigrades, tandis que l’hématosine se coagule de 65 à 68 degrés, quelle que soit la quantité d’eau qui la tient en dissolution , eut l’idée de profiter de cette différence pour isoler ces deux matières. Il fit une dissolution de caillot dans une quantité d’eau tel lé qu’elle contînt un cinquantième de matière solide, et éleva - sa température jusqü’à 65 degrés. Aussitôt l’hématosine coagulée se sépara du liquide décoloré, et il ne

(1) Engelhart, pag. 4i-

''estadans celui-ci que de l’albumine, dont il reconnut la présence à l’aide de l’acide phosphoriqué et du bi-chlorure de mercure. M. Èngelhart'a borné là ses recherches, et sans s’assurer par expérience que la séparation des deux substance- animales était complète , il l’a admise à priori.

Quelques aünées après M. Denis (i) fit usage d’un procédé tout-à-fait semblable à celui de M. Engelhart, tien qu’il nieût pas connaissance des observations de ce chimiste; mais, avant de l’employer pour l’analyse du sang, il s’occupa d’en apprécier Ja rigueur. Dans ce but, il prit ùnè partie de sang desséché à une très- douce chaleur, la dissolvit dans 3o parties d’eau, et là soumit a une température graduellement croissante. La liqueur se troubla à 55 degrés , sa couleur passa du rquge-brun à la teinte café au lait ; enfin, des grumeaux d’une matière Onctueuse, composée d’albumine et d’hématosine, se séparèrent lentement , et leur quantité devint plus considérable à mesure que la chaleur allait croissant ; mais Ce n’est qu’à la température de go degrés que. la dissolution fut entièrement décolorée , et d’ailleurs la petite quantité de résidu qu’elle fournit par l’évaporation n’était pas même de l’albumine complètement dépouillée de matière colorante. Il était facile de conclure de cés résultats que la présence simultanée de l’albumine et de l’hématosine dans le même liquide changeait le mod& de précipitation de chacune de ces substances. De nouveaux essais exécutés ayec des mélanges connus d’albumine et d’hématosine solubles démontrèrent à M. Denis que, lorsque l’albumine se trouve associée à l’hématosine dans lu proportion de 1 partie de la première contre 12 parties de Ja seconde, celle-ci se coagule en n’entraînant qu’une quantité extrêmement faible d’albumine , de sorte

(0 Recherches expérimentales, etc., pag. 92.

qu’en délayant dajis 70 fois son poids d’eau le caillot débarrassé autant que possible de sérum, et chauffant la liqueur jusqu’à 70 degrés, il est facile d’obtenir l’bématosine presque entièrement pure.

Le procédé de M. Le Canu (1) est une simple modification de celui de M. Berzélius. Il se borne ’à partager le caillot,«11 parties extrêmement tenues, et.à le délayer à plusieurs reprises dans l’eau distillée pour le débarrasser du sérum adhérent, en ayant Soin d’exprimef fortement dans un linge la masse restante. Ce résidu est ensuite lavé dans un nouet qui retient la fibrine, tandis queThématosine se dissout dans l’eau. La solution évaporée à une douce chaleur fournit de l’hématosine soluble, mais qui, comme tous les produits des procédés précédèns, retient encore un peu de sérum. Au reste, cette quantité est si faible, quand l’hématosine a été préparée d’après l’un des trois dernier^ procédés, qu’elle ne saurait induire en erreur dans les expériences dont elle peut être le sujet. Cependant la valeur de chacun de ces procédés varie suivant le but qu’on se propose d’atteindre; Ainsi, veut-on déterminer la proportion absolue d’hématosine, ou autrement de globules contenus dans une quantité donnée de sang, celui de M. Denis doit être préféré , parce qu’il est plus exact. Veut-on , au contraire, obtenir l’hématosine pour étudier ses propriétés, ce procédé né saurait convenir, puisqu’il donne un produit insoluble, tandis que celui de M. Berzélius, ou de M. Le Canu, peut seul reinplir le but que l’on se, propose.

L’hématosine a été successivement étudiée par plusieurs chimistes; mais ce sont les travaux de M. Berzélius, et surtout les. recherches récentes de M. Le Canu, qui ont

(r) Journal de Pharmacie,

i.XVI, pi,g. 7 35'.

jeté le plus de lumière sur son histoire. J’ai répété leurs expériences les plus importantes, et je vais en retracer les traits principaux.

D’après M. Berzélius, lorsque l’on calcine la matière colorante au contact de l’air, elle dégage des produits ammoniacaux et se réduit très-difficilement en cendres, qui représentent les o, 6 a 5 de son poids d’oxide de fer. Cependant sa dissolution aqueuse n’accuse aucune trace de ce métal aü contact de l’acide galhque, du prussiate de potasse et de plusieurs autres réactifs propres à le signaler; d'où M. Berzélius conclut qu’il y existe à l’état métallique. D’ailleurs, à l’exception de sa couleur et de la présence du fer au nombre de ses élément, il lui attribue les mêmes propriétés qu’à la fibrine.

M. Le Canu (1) s’est particulièrement attaché à signaler les différences qui distinguent la matière colorante de l’albumine, en soumettant dans les mêmes circonstances des dissolutions semblables de chacune de ces matières à l’action des réactifs. lia reconnu que, sauf la couleur du précipité, elles se comportaient de la même manière au contact de l’alcool, de la noix de galle , de l’eau de chaux, des acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique , de l’hydriodate,du prussiate de potasse et dudeuto-chlorure de mercure ; mais qu’elles étaient affectées d’une manière toute différente parla chaleur et l’acétate de plomb. En effet, à 65 ° de chaleur la dissolution d’hématosine commence à se troubler, et à 70° elle est complètement décolorée ; la dissolution d’albumine, au contraire, n’a commencé à se troubler qu’au-dessus de y 5 ü . D’un autre côté, le sousacétate de plomb précipite abondamment l’albumine, et ne fait naître, dans la dissolution d’hématosine, qu’un léger Précipité blanc dont la matière colorante elle-même ne

(>) Journal de Pharmacie, i83o, tom. XVI, pag. 735.

fait nullement partie.(i). Enfin, si on les traite comparativement par le chlore , on,obtient avec l’hématosine un précipite blanc, nageant dans une liqueur ferrugineuse, tandis que la dissolution d’albumine ne présente pas de trace de ce.métal (a). -

L’alcool et l’éther, enlèvent à l’hematosine (3) une petite quantité dé matières grasses, l’ammoniaqüe et la potasse la dissolvent instantanément, et donnent une liqueur d’un très-beau, rouge à la lumière .artificielle, mais d’un rougeverdâtre à la lumière du jour. Lés acides sulfurique et hydrocblorique la dissolvent également. Avec le premier la solution est d’un beau rouge violacé , tandis qu’avec le second elle est d’un brun noir. Cette dernière peut être considérée comme un hydrochlorate d’hématosine trèslégèrement, acide , dissous dans l’acide hydrocblorique. On peut obtenir cette seconde combinaison en versant, dans les dernières eaux de lavage du caillot, un vingtième de leur poids environ d’acide hydrocblorique, recueillant les flocons bruns qui se précipitent, et. les séchant à une douce chaleur après les avoir fortement comprimés dans un linge.

A l’aide d’un procédé plus ou moins semblable , on peut obtenir, avec le sérum, la dissolution de blanc d’œuf, et la fibrine des hydrochlorates analogues.

Ces trois hydrochlorales rougissent le tournesol et se

(1) Lorsqu'aprèS avoir traité la dissolution d’hématosine ou simplement l’eau de lavage du caillot pur le sous-acétate de plomb , et sépare le dépôt par le filtre , on ajoute assez de sulfate de soude pour précipiter tout l’oxide de plomb , on obtient une liqueur d’un rouge magnifique, que l'on peut conserver plusieurs années, ÿans que sa couleur s’altère en aucune façon. (Cette observation appartient a M. Le Canu. )

( 2 ) Ainsi que M. Engelhart l’a indiqué le 1 er . dans sa thèse, publiée en i8a5.

(3) L’hématosine coagulée par la chaleur, et l’hématosine soluble, présentent entr’elles des différences tout-à-fait semblables à cqllcs q ul distinguent l’albumine soluble de l’albumine coagulée.

dissolvent bien dans l’eau , surtout à chaud ; leurs dissolutions , étudiées comparativement par M. Le Ganu , lui ont offert la plus-grande analogie. Cependant,, en les traitant à l’état sec et pulvérulent par l’alcool concentré à la température de l’ébullition , il a observé que l’hydrochlorate d’hématosine se dissolvait en partie dans ce véhicule, tandis que l’hydrochlorate (J’albuminc y était complètement insoluble. En cherchant à vérifier ce résultat, J ai remarqué néanmoins que l’hydrochlorate d’albumine, soit qu’il provînt du sérum, soit qu’il eût été préparé avec la solution de blanc d’œuf, se dissolvait en proportion notable. Cette différence dépend peut-être de l’acidité plus ou moins grande des produits que nous avons examinés.

Au reste, lorsque l’on étudié l’action de l’alcool concentré et bouillant sur l’hydrochlorate d’hémalosine de bœuf ou d’homme, parfaitement sec, on voit qu’en le soumettant à dés décoctions nombreuses, on peut en dissoudre environ la moitié de son poids, et obtenir d’une part une dissolution acide d’un rouge brun foncé , et de l’autre un résidu sensiblement blanc. M. Le Ganufi); à qui l’on doit cette observation remarquable, en a conclu que la matière colorante du sang ou l’hëmatosine , telle qu’elle peut être obtenue par les procédés précédemment mdiqués, ne constituait pas un véritable principe immédiat, puisqu’il l’aide de l’acide hydrochlorique et de l’alcool on pouvait le partager en deux parties, l’une colorée, représentant le principe colorant du sang plus pur quion ne l’avait obtenu jusqu’ici, l’autre incolore , formé d’une substance analogue h l’albumine.

En versant de l’ammoniaque dans la liqueur colorée, M. Le Cap u a recueilli d’abondans flocons rouges qu’il a

(<) Journal de Pharmacie , t(

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