CONCLUSIONS
Si l’on cherche maintenant à se rendre compte de l’ensemble de ce travail et de ses résultats, on voit qu’il se compose de deux parties, qui, pour n’avoir pas été séparées d’une manière absolue de peur de détruire l’ensemble du sujet, n’en sont pas moins distinctes.
Dans l’une je me suis attaché à réunir, à discuter, et le plus souvent aussi à vérifier, par l’expérience, les travaux et les opinions relatives à chacune des questions que présente l’histoire du sang, et à définir ensuite le point de vue sous leqqel chacune de ces questions me paraît devoir être envisagée aujourd’hui.
Si je suis parvenu à saisir dans les nombreux mémoires que j’ai consultés, les vérités bien établies qu’ils renfermaient, à les faire ressortir au milieu des doutes qui tenaient encore les esprits en suspens à leur égard, si, en un mot, il résulte de mon travail que l’on se rendra mieux compte de l’état actuel de la chimie relativement au sang, que l’on aura un point de départ plus nettement établi pour des recherches ultérieures sur ce sujet, et des vues plus claires sur la marche à suivre dans ces mêmes re-
cherches, j’aurai atteint le but que je m’étais proposé dans cette première partie.
Dans la seconde partie se trouvent les résultats nouveaux que m’ont fournis mes recherches particulières.
J’ai signalé, dans le sérum du sang humain, trois matières qui n’y avaient pas encore été rencontrées , savoir :
i°. Un savon alcalin ;
2 °. La cholestérine ;
3°. Une matière grasse tout-à-fait inconnue jusqu’ici, et à laquelle j’ai donné le nom de séroline.
Passant ensuitè à l’examen des parties en suspension dans le sang ou des globules, je me suis fondé particulièrement sur Je concours des observations microscopiques et chimiques de M. Muller, et des observations chimiques faites par M. Le Canu , pour attaquer l’opinion qui avait fait admettre jusqu’ici la fibrine comme partie intégrante des globules, et pour démontrer-que cette fibrine existait au contraire dans le sérum. J’ai fait voir également, d’après ces mêmes observations, que la substance même dés globules était composée de deux matières différentes , dont l’une incolore, et ne contenant point de fer, constituait le sphéroïde central observé par les micrographes dans les globules du sang, tandis que l’autre, colorée en rouge, contenant du fer, et désignée par le nom d’hématosine , formait le sphéroïde extérieur ou la véritable matière colorante.
Je n’ai présenté dans cette thèse que les observations qui m’ont paru assez précises pour jeter quelques lumières sur mon sujet ; je n’ignore pas tout ce qu’elles laissent encore à désirer, et mes recherches m’ont fourni l’occasion de voir combien de questions de la plus haute importance se présentent encore dans l’histoire du sang. M. Le Canu, mon ami, dont les conseils et les derniers travaux m’ont souvent dirigé dans celui dont je viens de
présenter les résultats, se propose de reprendre avec moi ses études sur les principes immédiats du sang humain; c’est alors que nous reviendrons ensemble sur les questions que nous sommes si loin d’avoir épuisées l’un et l’autre dans nos travaux particuliers , et que nous chercherons, par nos eflorls réunis, à résoudre quelques nou-. veaux problèmes.