‹ Essai critique sur l'esthétique de KantChapitre 113 sur 118 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. Rapports entre le Jugement et le sentiment. — A première vue inconciliables : le Jugement n’opère qu'avec des concepts, le sentiment est irréductible au concept. — Lien entre le Jugement réfléchissant théorique et le sentiment, — Liens entre le sentiment et le Jugement réfléchissant esthétique : 1° Le sentiment étant la faculté de l'âme intermédiaire entre le connaître et le désirer, et le Jugement la faculté de connaitre intermédiaire entre l’entendement et la raison, c’est le Jugement qui doit fournir des principes « priori au sentiment. — Réponse : caractère systématique de cette déduction : il se pourrait que, malgré cette analogie de situation, il n’y eût aucune espèce de rapport entre les deux facultés. — 2° Subjectivité du Jugement et du sentiment. — Réponse : le Jugement n'est pas subjectif de la même facon que le sentiment. — 3° Le Jugement est la faculté de subsumption par excellence, le sentiment est, lui aussi, une espèce de subsumption. — Réponse : le Jugement n’est pas uniquement une faculté de subsumption, et faire du sentiment une subsumption, serait en faire un raisonnement inconscient. — 4° Le Jugement réfléchissant théorique et le sentiment sont tous deux des contemplations. — Réponse : si le sentiment esthétique peut être assimilé à une espèce de contemplation, le. sentir en général est l’état le moins contemplatif de notre moi. — 5° La loi du Jugement réfléchissant est la finalité, de mème tout ce qui nous cause du plaisir est final. — Réponse : la finalité, principe régulateur de notre raison théorique, ne peut être confondue avec la finalité du plaisir . . .

II. Le Jugement esthétique : rapport subjectif senti de l'imagination et de l'en tendement. — Son motif, Bestimmungsgrund, est toujours un sentiment. — C’est un jugement sur la finalité de l’objet, qui affirme que le plaisir, résultant de la contemplation de la forme d’un objet, peut ètre universellement et nécessaire- TION TENDANT TE RE ee dre eue Lori ea Ne Cie

II. Rapports réels du Jugement et du sentiment : Où bien, le plaisir étant éprouvé, le jugement en est la simple énonciation, ou bien, le jugement est suivi d'un sentiment, Urthelsgefühl. — Kant soutient d'abord la première théorie : le jugement est la mise en forme logique d'un sentiment tmédiatement éprouvé devant un objet donné. — Kant ne s’est pas arrêté à cette conception, parce qu'il y aurait eu, dans ce cas, non plus une différence de nature, mais seulement une différence de degré entre le jugement esthétique réfléchissant et le jugement

esthétique des sens, et qu'alors, celui-là aurait été aussi peu universel et nécessaire que celui-ci. — Mouvement tournant de Kant. . ...............

IV. Le sentiment, au lieu d'être immédiat et spontané, devient un sentiment de jugement, Urtheilsgefühl. — La théorie de l'harmonie subjective de l'imagination et de l’entendement : le sentiment esthétique est l'accompagnement subjectif de cette harmonie. — Le jugement esthétique peut-il se déduire du jugement en général? — En quoi fait-il progresser la connaissance? D’après Kant, en effet, le jugement esthétique contient un principe de finalité formelle de la nature, sans lequel l’'entexdement ne pourrait pas se retrouver. Gonfusion entre le jugement réfléchissant théorique et le jugement réfléchissant esthétique. . . . . . . . . . ..

V. Rôle du sentiment dans le jugement esthétique. Va finalité sentie d’un objet pour l'accord de nos facultés de connaître constitue le sentiment esthétique : la finalité est pensée avant d'être seztie dans ses effets. — Objections : 1° Kant intellectualise la sensibilité, tout comme Leibnitz. 2° Il a dit et répété que, dans le jugement esthétique, il s’agit uniquement de la façon dont un objet nous est donné, et non de la facon dont il est pensé. — 3% La conception du jugement esthétique est, dès l’abord, contradictoire : un jugement ne peut pas être esthétique, un état purement esthétique ne peut pas être un jugement. — %° La théorie de la connaissance en général, de la tendance vers le connaître, ne pallie pas la contradiction : générale ou particulière, la connaissance est un connaître et non un sentir, — Mouvement tournant de Kant : le motif du jugement esthétique n’est plus seulement le sentiment, mais il est en même temps, zugleich, dans une règle des facultés de connaître supérieures — ce qui est contraire aux lois du temps. — Théorie de l’état d'âme, du Gemäüthszustand. — Réponse : cet état d'ime est ourDien UD CON AT E OUEUN SORTE ES

VI. L'intervention de la finalité dans le jugement esthétique : La finalité est pen-

sée avant d'être sentie. — Réponse : la finalité ne peut pas ètre pensée avant d'être sentie, parce qu’elle ne se revèle à nous que par le sentiment . . . . . ..

VII. La finalité sans fin. — Conception intellectualiste de la finalité, qui devait l’exclure du domaine de l'esthétique : toute fin, d'après Kant, a un rapport nécessaire à la raison. — Réfutation par Kant de la théorie qui fait résider le Beau dans la finalité objective interne ou la perfection. — Kant lui-même n’a pa su différencier véritablement le Beau du parfait. — Exemple de Kant : au fond, la finalité formelle subjective de Kant se réduit à une finalité objective interne ou la perfection. — Deux sens de la finalité formelle subjective : 1° Vision confuse de l'unité vers laquelle conspirent tous les Cléments d’un objet. 2° Conscience de la prédétermination de cet objet pour l'harmonie de l'imagination et de l’'entendement. — Kant à appelé la finalité subjective, parce que les facultés, pour lesquelles la forme de l'objet est finale, sont subjectives. . . . . . . . . . . . ..

VII. Pour Kant, il n’y à pas, dans le domaine du Beau, de passage du concept au sentiment. — Objections : avoir un concept du Beau et être ému par ce concept, u’est pas la mème chose. — Kant n’a pas distingué entre les différents moments de l'acte esthétique : d’abord, le sentiment de jouissance immédiat et spontané,

puis vient le Jugement, suivi lui-mème d'un sentiment. — Différence à ce point de vue de la musique et des autres arts. — Kant lui-mème, obligé d'introduire à

côté de la pulchritudo vaga, la pulchritudo adhærens. — La conception de la pulchritudo adhærens est, dans le système de Kant, une manifeste contradiction

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IX. La théorie de l'idéal. L'idée normale esthétique et l'idéal proprement dit. La conception d'un idéal inadmissible dans l'esthétique de Kant,— Théorie psycholo-

gique de l’idée normale esthétique : les generic images de Galton. — Objections : 4° Méconnaissance du rôle du sentiment dans la formation des idées normales en général et surtout des idées normales esthétiques. — 2° L'idée normale de Kant serait monstrueuse. — 3° L'idée normale, étant essentiellement variable, comment le Beau peut-il être universel et nécessaire? — L'idéal proprement dit : expression de la moralité, — Objections : De l’intellectualisme, Kant va au moralisme esthé- CITE ER ee à le ere Ne re CE eus MR Cu hotes Eee cle

X. Théorie de l'universalité et de la nécessité du jugement esthétique, — Caractère paradoxal de la thèse : un jugement, d’après le seul sentiment particulier de plaisir, causé par un objet, prononce a priori que ce plaisir doit être lié chez tous les hommes à la représentation du même objet. — Solutions : le sentiment esthétique est l’härmonie sentie de l'imagination et de l’entendement : cette harmonie est requise pour tout jugement, quelque « vulgaire » qu'il puisse être; le jugement se fonde donc sur la condition formelle subjective du jugement en général. — Objection : D'après Kant, rien ne peut être universellement partagé, si ce n’est la connaissance. Donc, un sentiment ne peut pas être universellement partagé.

— La théorie du sens commun. — Objection : Ce sens commun est ou bien un sentiment commun — et’alors, il n'y à pas d’universalité, ou bien il est une ##telligence commune — et alors, nous sortons du domaine de l'esthétique. — La

théorie kantienne n’est que la « subjectivisation » de la théorie de Leibnitz : la liaison une du multiple, au lieu d’être une loi objective, devient une loi subjective. — L'état esthétique, après avoir été, pour Kant, un pur sentiment immédiat et spontané, devient l’état psychologique où le caractère spécifique du connaître — la réduction de la variété à l'unité — se révèle le plus complètement. — Pour Kant, comme pour Leibnitz, il n’y à que du Beau, et point de laid ni d'objets indifférents, puisque l'accord de l'imagination et de l’entendement est requis pour tout jugement. — L'’universalité et la nécessité, de réalité incontestable, devient un desideratum ou plutôt un impératif : il faut qu'il y ait accord aussi dans le monde des sentiments. — Cet impératif esthétique est au fond un impératif moral : intervention de la raison, des Idées, de l’idée de TASMOTAILEREE ET Ba a at CORRE TES ES BNTOR DE li saute

XI. Résumé, — La solution du problème de l’universalité et de la nécessité ne sera donnée que dans l'étude du sentiment esthétique . . . . . ., . . . . . .. Ga

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