À GUÉRISON
À insuccès.
À Amélioration
MM. Binaud et Crozet (de Bordeaux) publient dans les Archives cliniques de Bordeaux 1894.un cas de Laminectomie
simple ayant donné un insucces.
Efin la Reoue d'Orthopèdie de Mai 1895 publie une observation de Laminectomie due à Noble Smith.
OBSERVATION — (Résumée).
Femme de 81 ans vue pour la première fois en septembre 1890, avait éprouvé quatre ans auparavant des douleurs dans la colonne vertébrale en soulevant un malade, puis étaient apparues des douleurs et faiblesses dans le dos et les jambes. On lui appliqua un corset. Nulle amélioration. Développement lent d’une gibbosité au niveau de la dixième dorsale. En janvier 489%, la marche est impossible sans béquilles. Douleurs névralgiques à exacerbation dans les membres inférieurs, sensibilité diminuée et hypéresthesie.
24 mai 1894. — Laminectomie des 8 et 9: vertèbres dorsales. La duremêre non épaissie, était congestionnée, en haut, un peu de matière caséeuse comprimant la moelle, on l’enlève.
Le lendemain, modification de la sensibilité. Guérison rapide de l’opération, trois semaines après la malade commence à marcher. L’amélioration continue. Ea septembre 1894, tout symptôme maladif a disparu.
Si nous dénombrons ces nombreux cas de Laminectomies simples avec ou sans drainage nous trouvons 80 cas ayant amené 35 morts, 20 guérisons 15 améliorations 10 insucces. (Par insuccés nous entendons exprimer les cas où l'intervention ne fit bénéficier l’opéré d'aucune espèce d’amélioration et ceux dans lesquelles cette intervention fut suivie d'une aggravation des accidents moteurs ou sensitifs).
Ces chiffres ont par eux-mêmes une éloquence assez funébre aussi n'insistons nous pas sur la plus ou moins grande durée sur le plus ou moins grand degré de l’amélioration quand ce fut là le seul résultat obtenu, appréciable sans doute, mais si éloigné de celui qu’on visait !
en
ART. 11. — Laminectomie. Curettage et drainage
Il est donc évident que la laminectomie simple, même accompagnée du drainage ne répondait pas aux espérances qu’on avait fondées sur elle, qu’il fallait chercher une intervention mieux raisonnée ou plus radicale et tâcher d'obtenir avec elle ce qui jusqu'alors était resté impossible : un succès thérapeutique complet.
Laissant de côté, pour un chapitre ultérieur, les méthodes d'Israël, de Vincent (de Lyon)et celle décrite soigneusement par Vincent nous parlerons tout d’abord d’un perfectionnement de la laminectomie apporté par Kraske et Schede et nous publierons les résultats qu’elle donna entre les mainsdes chirurgiens qui ’employérent; d’abord, quelques mots sur la nouvelle technique opératoire.
Une incision faite sur la ligne médiane conduit sur les apophyses épineuses des vertèbres au niveau desquelles siège la lésion, on décolle le périoste de côté et d'autre et on le rejette en dehors jusqu’au niveau des articulations costo-vertébrales, on ouvre celles-ci de chaque côté et l’on enlève l'arc d’un coup de cisaille sur chaque pédicule vertébral on peut alors facilement écarter la moelle et attaquer les lésions tuberculeuses sises en avant d'elles ou sur ses côtés.
Roux, de Lausanne, communique à Chipault deux observations : dans la première (Obs. XLVT il s’agit d’un homme de 21 ans, atteint de paraplègie pottique avec parésie vésicale et rectale, il s’écoula beaucoup de pus pendant l'opération, on curetta un corps vertébral, des drains furent placés, deux mois aprés le malade sortait de l'Hôpital; d’après les renseignements .
F4. 070 recueillis le malade aurait été emporté l’année suivante par la Tuberculose pulmonaire, mais après avoir repris ses forces ct son travail.
Dans la seconde (Obs. XLVID) il s’agit d’un enfant de 9 ans et. demi, atteint de paraplégie avec incontinence vésicale et rectale, on enleva des granulatons tuberculeuses; le résultat opératoire fut bon, c’est-à-dire que la plaie guérit assez rapidement, mais quatre mois après, l’amélioration n’était que très légère et quand l’entant sortit de l'Hôpital les membres étaient contracturés, la sensibilité très obtuse et seuls possibles quelques mouvements de flexion du pied et d’extensian des orteils.
D’autres opérateurs parmi lesquels MM. Chipault, Picqué, Delorme et Zavaleta, de Buenos-Ayres, appliquent plus largement cette méthode. On met d’abord à nu la partie comprimée du fourreau méninge avec une petite partie des parties saines sus et sous-jacentes, celles-ci sont recouvertes de leur coussin adipeux dont les flocons écartés à droite et à gauche laisseraient voir la dure-mère bombée, élastique, tendue, blanc nacré sillonnée par quelques petits vaisseaux longitudinaux plus abondants sur la ligne médiane. La partie comprimée du fourreau méningé est au contraire complètement dépourvue du voile adipeux normal; elle fait saillie en arrière, aplatie, sillonnée de vaisseaux abondants ne battant que peu ou pas. Le nombre d’arcs enlevés ne sera suffisant que s’il permet de voir tous ces détails, de constater avec le doigt qu’en haut et en bas il n’y à plus de compression. » La moelle est reclinée de côté et d’autres, soulevée, et on extirpe tout autour tout agent de compression : fongosités, arètes osseuses, enfin on fait un nettoyage complet et on draine ce qui permet de laver et de désinfecter le foyer à chaque pansement ultérieur. Voyons maintenant les résultats obtenus :