De V Idéal dans fart. loc. cit., p. 35 i
Florence et de Venise ; les Beato Angelico, les Dilrer, les Pallaiolo, les Perugin, les Rembrandt, tous les primitifs, tous les réalistes, devraient être placés bien loin derrière les Jules Romain, les Rosso, les Dominiquin, les Guide et les Lucas Giordano. Sans' doute, M. Taine s'en tire en disant que la peinture, entendue comme l'entendirent les Primitifs et certains Hollandais , va au delà de la peinture, que les œuvres de Beato Angelico, de Dlirer et de Memmling sont une poésie, que ces artistes ont avant tout voulu manifester des émotions religieuses, des divinations philosophiques et une conception générale de la vie, qu'ils ont sacrifié l'objet propre des arts plastiques, le corps humain, et qu'ils Tout subordonné à une idée ou à quelque autre élément de l'art».
Mais qui ne voit que c'est là une défaite, que c'est là une dérogation flagrante au principe qui avait été posé tout d'abord? Etant donné qu'une œuvre est d'autant plus belle que le caractère notable est plus bienfaisant; étant donné que le caractère bienfaisant réside, pour les arts plastiques, dans la représentation d'un corps, regorgeant de vie, de santé et de vigueur, les tableaux, qui, comme ceux de Rembrandt, représentent des corps laids et malades, devraient être placés au dernier et non pas au premier échelon. M. Taine avait le goût trop sûr et trop délicat pour ne pas apprécier môme des œuvres qui échappaient aux cadres étroits et inflexibles de sa théorie. Mais au lieu de s'avouer et de nous avouer que c'est sa théorie qui était fausse, il s'est contenté tout -simplement de mettre bout à bout la théorie et les faits qui la contredisent d'une façon flagrante, sans essayer en aucune façon de les concilier. Nulle part la contradiction n'est plus manifeste, que lorsque M. Taine étudie^ dans sa merveilleuse Histoire de la Littérature anglaise^ le drame anglais. Il nous montre de la façon la plus claire qu'étant donné le miUeu de la Renaissance anglaise, qu'étant donné la période d'agitations, de troubles, de mélange de grossièreté et de raffinement, dans laquelle vivaient les dramatistes du siècle d'Elisabeth, et ceux pour lesquels ces dramatistes écrivaient, il était absolument nécessaire que des œuvres grossières, brutales, frénétiques, effrénées, comme celles des Nash, des Decker, des Peel, des Lodge, des Green, des Marlowe, des Massinger, des Ford, des Webster, des Beaumont et des Fletcher, naquissent. Or, à côté de ces dramatistes, ])arurent deux génies aussi difféi-ents et aussi caract('risli(|ues (juc le furent Ben Jonson et Shakespeare. La, la théorii; fut eu déraul. Là, ce n'étaient plus des énergumènes loiijoui's préis à perdi'c l(Mir équi-