‹ Essai critique sur lesthétique de KantChapitre 114 sur 137 · Hartmann, Aesthetik, t. II, p. x · texte numérisé non relu

Hartmann, Aesthetik, t. II, p. x

plus important, et qui, d'autre part, est le plus pauvre en idées, jusqu'à la poésie qui est l'art le plus riche en idées et qui emploie rélément matériel le plus léger, le son articulé, nous obtenons une échelle dont la loi est un accroissement progressif de l'élément idéal, et une diminution parallèle de la pesanteur de l'élément matériel de la représentation. Ce second principe se réduit à Topposition entre l'immobilité et le mouvement : car la matière est l'élément inerte et fixe de la nature que l'esprit, dont l'essence consiste dans le mouvement spontané, est précisément destiné à mettre en mouvement et à vivifier, si bien qu'un accroissement de l'élément intellectuel, de l'idée, ne peut provenir que d'une augmentation d'intensité du mouvement de l'élément intellectuel qui vivifie la matière, augmentation d'intensité qui nécessairement devra produire une diminution de la pesanteur, dans laquelle se traduisent l'inertie et la pesanteur de la matière, diminution qui va toujours en progressant jusqu'à ce que l'élément matériel soit réduit à un minimum. A y regarder de près, ce n'est pas seulement le principe secondaire de la division des arts, le rapport d'importance de l'idée et de l'élément matériel, qui se réduit à l'opposition entre le mouvement et l'immobilité , mais c'est encore le principe primaire de la simultanéité et de la succession. En effet, l'être intemporel dans l'espace est immobile, tandis que l'être non spatial dans le temps ne peut se révéler que comme mouvement, si bien que les deux grands groupes des arts sont, en dernière analyse, les aris de l'immobilité et les arts du mouvement. Le progrès dans l'évolution des arts consiste dans la lutte de l'idée contre la matière : tout d'abord c'est la matière, c'est l'immobilité, c'est l'espace qui prédomine, et l'idée, l'élément de mouvement, ne joue qu'un rôle secondaire; puis il arrive un moment où l'idée, le mouvement l'emporte sur la matière, et devient, de principe secondaire, principe primaire, moment qui consiste dans la transition de la peinture à la musique, dans le passage des arts simultanés aux arts successifs. Nous obtenons donc définitivement d'une part l'architecture, la plastique et la peinture, puis un arrêt, comme une crsf/rr, et ensuite la série nouvelle, musique, mimique et poésie, dont chaque membre correspond exactement au membre parallèle de la première série K

Il est impossible de ne pas reconnaître la grande valeur de la classification des arts que nous venons d'exposer. Fidèle à la fois à la métaphysique d'Aristote dont il est un admirateur passionné, et à la philosophie hégélienne dont il a su s'affranchir dans les détails

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