‹ Essai critique sur lesthétique de KantChapitre 120 sur 137 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

la chose en soi, mais vise seulement le rapport de celle-ci avec le monde des sens. Seulement, il est évident que pour arriver à connaître les rapports qu'entretient la chose en soi avec les formes des phénomènes, il faut ahsolumcnt que nous dépassions ces formes, et que nous nous avancions jusqu'à la frontière ohjective de l'expérience. En soutenant donc qu'il nous est possible de connaître le rapport de la chose en soi au monde des phénomènes, Kant a, en réalité, admis implicitement qu'il nous est aussi possible de connaître les choses en soi elles-mômes : cette connaissance n'est qu'extérieure et ne pénètre pas jusqu'au centre hk im' de la chose en soi, mais c'est toujours une connaissance.

Nous venons de démontrer que Kant admet l'application des Idées, sinon à la chose en soi elle-même, tout au moins au rappoil de cette chose en soi avec le monde des phénomènes. Et il ne s arrête pas là. Ce rapport de la chose en soi avec le monde des sens, il le détermine en soutenant que nous sommes autorisés à le concevoir par analogie avec les catégories, u Je pourrais donc, dit-il, attribuer à la chose en soi des qualités analogues aux concepts de la réalité, de la substance, de la causalité, de la nécessité. Ich iverde mir also nach der Analogie der Realitàten in der Welt, der Snbstanzen, der Camalitiit und der Nothwendiçjkeit ein Wesen denken. » Seulement il hésite sur les qualités qui doivent être attribuées par analogie à la chose en soi. Tantôt L chose en soi doit être représentée comme analogue à la raisoi elle-même. Tantôt il soutient que les objets des Idées doivent êti pensés comme analoga des objets réels, d'après une analogi avec les objets de l'expérience. Il arrive ainsi à une sorte d'an thropomorphisme symbolique : le monde des sens est à la chos en soi ce que la raison humaine est aux œuvres d'art. « Si je dj que nous sommes obligés de concevoir l'univers comme si c'éta l'œuvre d'un entendement et d'une volonté suprêmes, je dis to simplement que le monde des sens (ou tout ce qui constitue 1 fondement de la totalité des phénomènes) est à l'inconnu que j connais, non pas d'après ce qu'il est en lui-même, mais d'aprè ce qu'il est pour m-oi, par rapport à l'univers dont je fais partie, comme une montre, un navire, un régiment à l'artiste, à l'architecte, au général*. » Et de même dans la Critique de la Raison pure « nous sommes autorisés par là, non seulement à concevoir la cause idéale du monde suivant un anthropomorphisme subtil, (sans lequel on n'en pourrait rien concevoir) c'est-à-dire comme un être doué d'intelligence capable de plaisir et de peine et, par

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