jprolef/omena, Hartenstein, t. IV, p
conséquent, de désir et de volonté. . . . ». » Cette connaissance par analogie est pour Kant à la fois un connaître et un non-connaitre. D'une part, il affirme, en effet, que du moment que les catégories ne s'appliquent pas au monde des sens, elles perdent toute signification et toute valeur, mais d'autre part, nous Favons vu, il a tendance à accorder aux catégories une sorte de parenté interne avec la chose en soi. Il définit lui-même Fanalogie ce qui « ne désigne pas une ressemblance incomplète entre deux choses, mais bien une ressemblance complète entre deux rapports de choses absolument dissemblables 2. » C'est cette analogie quïl revendique pour les rapports du monde sensible et de la chose en soi, comme pour celui de la montre et de l'artiste qui Fa fal)riquée.
Sans doute, là encore Kant n'est pas resté fidèle à lui-même, et après avoir soutenu que nous sommes obligés de considéi'er le monde comme si il était l'œuvre d'une volonté et d'un entendement suprêmes, que nous sommes obligés de déterminer les Idées en général d après leur analogie avec les objets de l'expérience, il dit ailleurs expressément qu'il vaut mieux de ne se servir des Idées que dans leur usage régulatif et euristique, et que l'on peut parfaitement se dispenser de concevoir, par exemple, l'objet de l'Idée théologique, l'Être suprême, comme un ol)jet particulier d'après Fanalogie avec une substance véritable 3. On ne voit pas bien pourquoi, après ces restrictions, il insiste sur ce que l'Idée théologique soit déterminée par analogie avec les catégories et les objets de l'expérience, soit déterminée d'après un anlhropomoi'pliisme symbolique, puisque même, sans ces déterminations, l'hb'e théologique remplit parfaitement son rôle d'Idée régulatrice. C(; qui explique là encore les contradictions de Kant, c'est que très certainement, en essayant de déterminer les Idées par analogie avec les catégories et le monde de Fexpérience, il a songé à soutenir la réalité transcendante de ces Idées. Ainsi, à la lin de la Dialectique, il se demande « s'il y a quelque cbose de distinct de l'univers qui contienne la cause de l'ordre de l'univers et de sa liaison d'après des lois générales, » cl il se l'épond « oui, sans aucun doute ». Et plus loin : « Pouvons-nous donc admettre un auteur du monde unique, sage et tout puissant, » et il se réjiond : « Oui, sans aucun doute, nous sommes obligés di; l'admclhe*. » Là encore, d'ailleurs, Kant ne s'en tient i)as à celte allirmalion catégorique, mais essaie de reprendre ce (jnil vient d'accorder. \\\\
'., 1. Critique de la Raison pure, Harteiistciii, t. III. ]•. idS ; n.inii, I. Il, p. -Jlf».