‹ Essai critique sur lesthétique de KantChapitre 135 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

I. J?» quoi réside, pour Kant, le sentiment esthétique? On répondra que c'»'sl dans le sentiment du jeu harmonieux de l'imagination et de ri-ntendcnit-nt. — En réalité, le sentiment esthétique, tel que l'entend Kant, se scinde en lonir une série de sentiments : 1° Le sentiment sensible on le seiitinirnl df laLMv.iblr. « Lorsque le plaisir est lié à la simi)]e appréhension de la fornic d'nn objit de l'intuition m : la forme ne pouvant pas être aiiin-éhendéc, Il laul (|tif li- stnlinimt formel soit précédé d'un sentiment de l'appréhension, df rinliiitinn. qni rv| \, sentiment sensible. 2° Le sentirneiit formel objectif. iJ" I.c scnliniml l'utinri «ni» jectif ou le sentiment de riiarmonie de l'imagination il <lc rtnlt-ndriiniit. V' !.. sentiment de la finalité. 5" L(! sentiment de l'uni vcrsaliti' : .. If véritablr londr ment du plaisir que nous trouvons dans riiarnionii' de nos l'arullrs rxl la r.>n\irtion que le sentiment de cette barmonic peut èlrc nni\t isrllmont d nir»>*.ii-

reiuent partapé ». fi" Le sentimont ostli(''tu|iii' moraL 7» Le sentiment esthétique métapliysique. — Toutes ces formes de sentiment junivent-elles se réduire au seul sentiment de l'harmonie de nos facultés de connaître? 225

H. Le sentiment de l'harmonie de V imagination et de V entendement . — L'attitude esthéticiue opposée à l'attitude scientifi(iue et à l'attitude morale. — Ses caractères : liherté, jeu. — Discussion de la théorie de la liherté de l'imagination : elle est inconccvahle dans la beauté adhérente.— Le nMe de l'entendement dans cette harmonie. — L'harmonie de l'imagination et de l'entendement dans l'état esthétique n'est compréhensible que par analogie avec l'harmonie de ces deux facultés dans l'état artistique et ne se révèle véritablement que dans l'âme de l'artiste génial. — Le désintéressement, la finalité sans fin et l'universalité et la nécessité 233

IIL LharmoHie de l'imagination et de lentendtment envisagée au point de vue émotionnel. — C'est le sentiment de 'l'unité dans la variété. — Ce sentiment est-il le sentiment esthétique unique ? — Objections : 1" toute représentation serait belle ; 2» toute forme, recelant une multiplicité d'éléments avec ijossibilité de réduction à l'unité, sans contenu aucun, serait belle. — Kant a décrit l'état de contemplation, mais non l'état de contemplation du Beau 243

IV. L'erreur de Kant consiste à n^avoir pas distingué entre les différents moments de l'acte esthétigue. — Le sentiment et l'émotion : h sentiment idéal. — Division des sentiments dans les trois groupes des sentiments sensibles, intellectuels et moraux. — Avant le sentiment intellectuel de l'unité dans la variété, surgissent en nous les sentiments sensibles. — Objections de Kant : le sentiment sensible ou le sentiment de l'agréable est intéressé, il ne peut entrer comme ingrédient dans la beauté que s'il est pur. — Discussion de la théorie de la pureté. — Le premier moment du sentiment esthétique est le plaisir des sens dans la sensation, la conscience d'un maximum de stimulation avec un minimum de fa~ tigui. — Le second moment est le plaisir intellectuel de la liaison du divers. — Le troisième moment est constitué par les plaisirs associés. — Les sentiments associés directs et indirects 247

V. Distinction des sentiments esthétique des sentiments de l'utile, du vrai, du parfait, du bien et de Vagréable. — Les sentiments de Tutile, du vrai, du parfait et du bien impliquent tous des concepts : discussion de la théorie de M. Guyau. — Le sentiment de l'agréable. — Théorie du désintéressement. 1° interprétation de Spenccr-Grant Allen : théorie du jeu ; 2" interprétation de Kirchmann : sentiments idéals ; 3» interprétation de Vischer-Hartmann : théorie de l'apparence, du Schein. — Discussion : 1° Kant et ses interprètes auraient du reconnaître que les sensations des sens supérieurs peuvent être désintéressées en elles-mêmes, qu'elles sont relativement dépourvues d'éléments désagréables , et s'épuisent moins vite que les sensations des sens inférieurs: 2" le sentiment esthétique est, pour Kant, à la fois un sentiment réel et un sentiment idéal ; 3» les sentiments esthétiques ne sont pas pour K.uit que des Scheingefûhle. — Il admet lui-même un intérêt: sans attrait et sans émotion, il serait impossible d'expliquer qu'un objet puisse nous plâtre. — Conception du sentiment esthétique comme sentiment purement formel. — Kant n'y a pas été fidèle : symbolisme moral. — La théorie du désintéressement est trop intransigeante : c'est un postulat et non un fait psychologique, tout comme l'impératif catégoii({ue. — Théorie des jugements esthétiques purs : leur inconcevabiJité, — Si tout sentiment agréable n'est pas beau, il faut

que tout sentiment beau soit agréable 261

VI. Y a-t-il un caractère proprement esthétique, différenciant le sentiment du

TABLE DES MATIÈRES gog

Beau de toutes les autres manifestations du sentir? — Caractéristique du sentiment esthétique : o, dû aux sens supérieurs ; b, causé en première ligne par l'apparence des choses; c, immédiat ; «f, pas soumis à des conditions déirra'dant'es- *, peu violent; f, facilement écartable ; g, sympathicpie. — Quel est le caractère commun et dominateur : le caractère d'être un sentiment de sympathie. '- Kant

n'y a pas suffisamment insisté * -„

VII. Les sentiments esthétiques sont des sentiments sympathiques. — La sympathie, sa nature, ses degrés depuis l'instinct maternel jusqu'à l'amour de choses abstraites. — Rapports de la sympathie et de l'égoisme. La substitution des sentiments, Oefûhlsverschiebung. Les sentiments sympathiques sont aussi primitifs que les sentiments égoïstes. —Le sentiment esthétique, réduit à un sentiment de sympathie, explique comment il peut être désintéressé, tout en étant intéressé. . 283 - VIII. Les sentiments esthétiques doivent être des sentiments sympathiques d'une espèce toute particulière : ce sont des sentiments de sympathie symbolioues. - • La conception du symbolisme chez Kaot. — Le symJiolisrae et ses degrés : Zuempfindung, Nachemp/îndung, l^inempfindung et ZufUhlung, Nachfilhlung et Ei.nfueii- LUNG. — L'imitation intérieure. — L'acte symboli([uc est un acte de sympathie pour les hommes et pour les choses dépourvues de vie 290

IX. Réduction de facteur sensible direct, du facteur formel et des facteurs associés au symbolisme sympathique. — 1° Le facteur sensible direct : tout plaisir sensible résulte d'une sympathie entre notre système nerveux et les excitations extérieures. — Sympathie optique. — Sympathie acoustique : les organes de Corti, les dissonnances et les consonnanccs expliquées par la présence ou l'absenrc de battements; 2» le facteur formel : sympathie avec les formes, symbolisation des figures géométriques ; 3° rapports entre le symbolisme et l'association. Le symbolisme ne peut pas s'y ramener. Dans le symbolisme, il n'y a pas sculem»^nt association, mais bien fusion entre l'élément sensible et l'élément intellectuel. . . 299

X. Origine du sentiment esthétique : il dérive de la sociabilité. — Théorie

du jeu 311

XI. Universalité et nécessité du sentiment esthétique. — l^(ml-'i\ y avoir des sentiments universels et nécessaires? — Kant atténue autant (jue possihlo la rigueur de l'universalité et de la nécessité : 1" Allgemein ou GemeingUltigkeit au lieu de Allgemeinheit : 2" c'est seulement l;i, possibilité d'un jugemi^nt esthétique qu'on suppose chez tous; 3» la nécessité n'est (\i\ exemplaire. — Déduction, Dialectique: l'universalité et l;i nécessité sont un besoin de la Raison -MO

XII. Est-ce pour le jugement ou le senfiment esthétique que Kant réclamt l'universalité et la nécessité? — Hésitation : dedans en lin de («(.mpte <pi.' c'est pour le sentiment csthéti<pie. — Discussion des atténuations : l;i dittérence rt.ihlie entre l'universalité subjective et l'universalité objective est illusoire, et la nécessité exemplaire est inconcevable •'-'^

XIII. Déduction des Jugements esthétiques : Tunivcrsalite et l.i n.crs>ile sonl fondées sur l'identité chez tous les hommes du r.ippoil enliv ii<»s f.rull.^ .hconnaître avec la connaissance en général. Objections : celtr idenlil.- du rapport de nos facultés supi)ose évidemment l'id. utile de es I'.i.mHI'"^ lu'in-'^.

L'imagination ne peut pas être considérée eoinnie i.leiili.| Ioa Lois. K.ml.

malgré les assertions contraires, parle toujours .|r i'iin.i^'iii.ilioii nniorique I i magination productive est, pour lui, riiu.r.Mu.ilion ,irlisli.|ur. Um'ertip»* l'universalité et la nécessité soid un impérHlir nior.d

XIV. Kant a soutenu l'absolue particularité du^enttm^nt de larjréuhlt. - Il ron-

cède cependant qu'il y a des règles. Quelles sont-elles? — Principes de Fechner. — Lois de Lehmann ; !• dépendance du sentiment de l'intensité de la représentation ; 2o dépendance du sentiment de la durée de la représentation : a représentation continue, b représentation intermittente ; 3» dépendance du sentiment de représentations étrangères : .4. La représentation timbrée et les représentations étrangères sont de nature analogue et concernant des objets différents. — Lois du contraste, de la succession, de la réconciliation, de Fechner. — B. La représentation timbrée et les représentations étrangères concernent des objets différents et sont de nature dissemblable. — Le mélange de sentiments, GcfûhUmischung ^ et l'échange de sentiments, Gefûhlsumiausch. — C. La représentation timbrée et les représentations étrangères concernent le même objet. — Principes de la clarté, de la vérité objective et de la liaison du multiple. — Sentiments mélanges, gemischte Gefilhle , sentiment du comique. — L'accumulation et le renforcement esthétiques, Summation et Steigerung : D. dépendance du timbre émotionnel de représentations dues à l'association. — Les sentiment idéals. — Déplacement du timbre sentimental 33o

XV. Application des lois générales du sentir aux sentiments esthétiques : îet lois des sentiments esthétiques sensibles sont des lois a posteriori. Le facteur formel du sentiment du Beau peut-il être réduit , lui aussi, à des lois empiriques ? — La vision : harmonie et contraste des couleurs. — Différents essais d'assimilation des rapports des couleurs et des rapports numéraux des sons. Pauvreté des résultats. "Le peintre est incapable de reproduire la hmière réelle, — Lois du contraste simultané, du contraste successif et du contraste mixte de Chevreul. — Harmonie des couleurs. — Toutes ces lois ne sont pas rigoureuses : le rôle de l'individualité de l'artiste et de la subjectivité du spectateur reste considérable 3o6

XVL L'i plaisir formel proprement dit. — Le peintre ne peut donner que des vues perspectives des choses. — Ombres portées. — Loi de la préexcellence du régulier sur l'irrégulier. — Ligne ondulée et elliptique, le carré. — La coupe d'or de Zeising. — Le contour : la symétrie unilatérale et bilatérale. — Il n'y a pas de type absolu de beauté formelle , 371

XVIL L'ouïe. — Théories du son, du timbre, des harmoniques, des battements de Helmhoitz. — Peut-on en déduire a priori les principes des gammes, des to-r nalités, de la composition ? — Helmhoitz ne l'a pas cru : le système des gammes et des modes ne repose pas sur des lois naturelles, mais est la conséquence de principes esthétiques variables. — Donc pour le facteur sensible et le facteur formel, il n'y a pas d'universalité et de nécessité rigoureuses, — Pour le facteur associé, pour le symbolisme sympathique cela est de toute évidence 379

XVin. — Le goût : Sa définition : la faculté de juger du Beau d'une façon immédiate et spontanée. — Qui garantit la validité de ce jugement? — Solution Kantienne ; l'impératif catégorique esthétique : juge de telle sorte que tu puisses vouloir que ton jugement puisse devenir universel et nécessaire. — L'impératif esthétique n'est pas catégorique-, et il est inconcevable. — Évolution du goût. — Incertitude du goût. — Explication hégélienne des variations du goût. — Explication psychologique. — Différence des points de vue auxquels les objets se présentent à nous. — Il y a accord assez général pour les plaisirs esthétiques purement sensibles : l'accord cesse dès qu'il s'agit d'impressions esthétiques complexes. — Méthode histori(iue de Herder, des Romantiques et de Taine. — Lois de l'étude, de la réllexion personnelle, de l'habitude, de l'imitation de la nature, de l'idéalisation, du formalisme. — Le goût est un phénomène de sympathie. — Formation des courants esthétiques. — L'universalité et la nécessité du goût ne sont pas seulement impossibles, elles sont peu désirables 385

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