‹ Essai critique sur lesthétique de KantChapitre 25 sur 137 · Cf. prolégomènes. Préface. Hnrtenstoin, t. IV, p · texte numérisé non relu

Cf. prolégomènes. Préface. Hnrtenstoin, t. IV, p

5. Bona Mcycr, KanVi Piyekologie, Berlin, 1870, p. 122 à 143.

KaiU, — une des plus difficiles que l'historien de la philosophie kanlienno ait à décider, — il faut se représenter avec précision la façon dont Kant a posé le problème de la Critique. Toutes nos connaissances, concède Kant, commencent avec Texpérience, mais toutes lie peuvent dériver de l'expérience. En effet, il y a parmi ces connaissances des éléments absolument nécessaires et universels, et l'expérience ne pouvant jamais donner à ses jugements une nécessité et une universalité véritables, il faut que ces éléments dérivent d'une autre source, c'est-à-dire soient tirés de notre propre faculté de connaître. L'existence de sciences comme la géométrie, comme la physique, dont les propositions sont absolument apodictiques, est une preuve certaine de l'existence de ces éléments a priori, et les jugements auxquels donnent lieu ces éléments étant tous des jugements non pas explicatifs mais extensifs, non pas analytiques mais synthétiques, tous les problèmes qu'aura à résoudre la Critique de la Raison pure se réduisent bien à cette formule unique : comment des jugements synthétiques a priori sontils possibles ' ?

Il faut distinguer, dans cette argumentation, qui nous semble bien résumer l'essence de la Critique, plusieurs éléments et, tout d'abord, deux grandes questions : d'une part, l'affirmation de l'existence d'éléments a priori de la connaissance et, de l'autre, la question de la possibilité de l'application de ces éléments a priori aux objets d'expérience. A ces deux grandes questions fondamentales s'en joignent un certain nombre, d'autres et notamment, d'une part, l'existence des éléments de la connaissance aprioritique une fois admise, la recherche, l'énumération et le catalogue de ces éléments, et, de l'autre, une fois la possibilité de l'application des éléments a priori à l'expérience démontrée, la question de la possibilité, ou plutôt la preuve de l'impossibilité de leur application à tout ce qui n'est pas objet d'expérience.

Or, il nous semble que pour la première grande question, la question fondamentale de la Critique, à savoir l'affirmation de l'existence 'des éléments a priori dans la connaissance, Kant, malgré ce qu'en disent Kuno Fischer et surtout Bona Meyer, n'a pas procédé par induction. Il affirme que toutes nos connaissances commencent avec Fexpérience, mais qu'il ne résulte pas de là qu elles dérivent toutes de l'expérience, et la raison qu'il en donne, c'est que l'expérience nous enseigne bien « qu'une chose est ceci » ou cela, mais non qu'elle ne puisse être autrement », et en second lieu, « que l'expérience ne donne jamais à ses jugements une

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