Sigwart, Logik, 2« édition, t. I, p
cortaiii que deux circonférences ne peuvent entretenir relativement à l'espace que des rapports de subsumption totale, partielle, ou de non-subsumption, mais il n'en va évidemment pas de môme pour les concepts non géométriques qui, eux, peuvent entretenir une foule d'autres rapports. De plus et surtout, la géométrie, les mathématiques en général, ne traitent que de concepts qui sont de même nature, qui appartiennent aux mômes catégories. L'on y traite des rapports entre lignes et lignes, angles et angles, polygones et polygones, circonférences et circonférences, etc. En effet, pour qu'il puisse y avoir comparaison entre différents concepts, il faut avant tout que les concepts à comparer soient de même nature, appartiennent à la môme espèce. L'on peut trouver des rapports immédiats entre des concepts comme rubis et pierre, rouge et noir, étinceler et être terne etc., mais pour établir des rapports entre des concepts comme homme et bon, justice et agir, etc., qui n'appartiennent pas à la même catégorie, il faut évidemment une action intermédiaire qui consiste à transformer ces concepts, appartenant à des catégories différentes, en concepts appartenant à la même catégorie et, en général, en concepts d'objets*.
Sans doute, le travail de la pensée consiste précisément dans cette transformation de concepts appartenant à des catégories différentes, en concepts appartenant à la même catégorie, seulement il nous paraît impossible d'assimiler ce travail d'élaboration de nos concepts à un simple travail de subsumption, comparable à la subsumption matérielle des circonférences. La subsumption caractérise tous les jugements relatifs à la subordination et la suprématie des concepts. Là, il s'agit, en effet, de ranger un concept d'objet déterminé dans une espèce plus élevée, de satisfaire le besoin d'ordre de notre esprit, qui, dès qu'il se ti-ouve en face d'un concept d'objet, désire impérieusement connaître le domaine général auquel il appartient. Nous admettons encore que le jugement de subsumption puisse être étendu à des opérations logiques, qui primitivement ne visent en aucune façon la subordination ou la suprématie et le rangement des concepts dont elles traitent sous des genres et des espèces. C'est ainsi que le jugement qui décrit, das beschreibcnde Urthell, peut être réduit au type de la subsumption, parce que là on ajoute, expressément ou tacitement, au concept de qualité du prédicat, un concept d'objet. 11 n'y a pas jusqu'au jugement narl'atif qui ne puisse s'adapter à la forme de la subsumption, grâce à la séparation de la copule du verbe. En effet, la raison principale
1. Wuudt, op. cit., p. 127, 128, 129, et Sigwart, op. cit., t. I, p. ViW et suiv.
qui a fait considérer la copule, par la plupart des logiciens, et notamment par Kant, comme troisième élément indépendant de la proposition, en tant que forme exprimant les rapports d'accord ou de désaccord entre le sujet et le prédicat, môme dans le cas où le fait de séparer la copule du prédicat est en désaccord manifeste avec la réalité logique, est la transformation du prédicat, s'il n'est pas déjà un concept d'objet ou de qualité, en un pareil concept ; par exemple : « il court » en « il est courant ». Grâce à cette transformation, le prédicat peut toujours être considéré comme un concept d'objet et de qualité, et rangé dans la même catégorie que le sujet, et devient par conséquent comparable avec lui. C'est ainsi que le jugement narratif immédiat : « Jean court », devenant « Jean est courant », c'est-à-dire un être, un homme, — analogue à Jean et, par conséquent, comparable avec lui — courant, devient un jugement de subsumption. Seulement cette transformation des jugements, qui, primitivement, étaient destinés à décrire, à narrer, et en aucune façon à subsumer un concept sous un autre, un sujet sous un prédicat, va directement à rencontre de la véritable fonction du jugement logique, qui est évidemment d'organiser et d'ordonner nos concepts. Si à la place du jugement qui se borne à décrire un objet, comme « le rubis est rouge », je forme un jugement subsumant et je range successivement le rubis parmi les objets rouges, puis parmi les pierres précieuses, etc., je crée une multitude de subsumptions qui se croisent, et qui, au lieu de satisfaire véritablement le besoin d'ordre de notre esprit, ne le satisfont très souvent que d'une façon très superficielle, en rangeant un objet déterminé dans un domaine plus vaste, dans une classe plus élevée *. Mais, en tout cas, ce n'est que grâce à l'extraction de la copule du prédicat, c'est-à-dire, grâce à une opération logique qui a été contestée et qui est contestable, que cette transformation a lieu. Primitivement, les jugements qui décrivent et qui racontent, ne sont en aucune façon des jugements de subsumption, et s'ils peuvent y être ramenés parrartiflce logique que nous venons d'indiquer, il est en revanche d'autres jugements, et notamment les jugements que Wundt appelle les jugements de a dépendance, » Abhàngigkeitsurtheile, qui paraissent absolument irréductibles au type de la subsumption. Un jugement comme celui-ci : « le mouvement est le changement de situation d'un objet dans l'espace », et mieux encore, le jugement : « si un objet modifie sa situation dans l'espace, il se meut », n'est évidemment pas un jugement de subsumption. Sans doute les partisans