‹ Essai critique sur lesthétique de KantChapitre 53 sur 137 · Wundt, Logik, t. I, p · texte numérisé non relu

Wundt, Logik, t. I, p

du type de la subsumpLioii pourraient alléguer que, là encore, nous ne faisons que ranger un sujet, — les objets qui modifient leur situation dans l'espace, - • dans une classe supérieure, — les objets qui se meuvent. Seulement cette réduction est bien évidemment illégiti'me, vu que, dans les jugements de dépendance, le jugement porte précisément sur le rapport de dépendance, et en aucune façon sur la place que doit occuper un objet dans une classe ou dans une espèce plus élevée. Donc tous les jugements de dépendance, les jugements de dépendance spatiale, dont nous avons cité un exemple, de dépendance temporelle comme : « il se rendit là où il entendit du bruit », les jugements conditionnels, avec leurs quatre subdivisions, le jugement de motivation, Begrundungsurtheil, comme : « si deux triangles ont leurs trois angles égaux, ils ont aussi leurs trois côtés égaux », le jugement de modalité, Beschaffenheilsurtheil, comme : « tel père, tel fils », le jugement de finalité^ Zweckurtheil, comme : « ce à quoi nous sommes destinés nous est inconnu », et enfin le jugement de moyen, das Urtheil des Hïdfsmittels, comme: «il ne sait comment se faire valoir » ; tous ces jugements échappent absolument au type de la subsumption *.

Nous croyons donc être en droit de conclure que la théorie kantienne, suivant laquelle tout jugement se réduit au type de la subsumption, est inexacte, et que môme cette réduction de Kant fùt-elle légitime, il est en tout cas impossible de tirer du Jugement, en tant que faculté de subsomption, la réflexion, c'est-à-dire la fonction de partir d'une représentation donnée pour en tirer un concept, la fonction d'aller du particulier au général, fonction qui appartient non pas au Jugement mais au raisonnement.

Nous sommes maintenant en état de résoudre une question très importante de la Critique kantienne. Kant commence par dévoiler, dans la Dialectique transcendentale de la Raison pure, les dédales logiques dans lesquels s'engage fatalement la raison lorsque, au lieu de considérer les Idées comme des concepts auxquels aucun objet connaissable par nous ne peut correspondre, elle les considère comme des principes constitutifs sei'vant à étendre notre connais-

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