‹ Essai critique sur lesthétique de KantChapitre 57 sur 137 · Wundt, Logik, t. H, p · texte numérisé non relu

Wundt, Logik, t. H, p

2. Claude Bernard, Introduction à Vétude de la médecine «xpérimentaîe, 1865, p. 39 "et 40.

3. Ueher den Grebraueh teleologischer Principien in der Philosophie^ Hartenstein, t IV, p. 476.

machine n'était pas apprécié, avant tout, d'après les fins qu'elle a à remplir, comme si la mécanique n'était pas précisément de toutes les sciences la plus riche, après la biologie, en principeî téléologiques. Wundt accorde , de plus, que pour expliquer l'origine première de la finalité organique, la forme subjective de finalité, qui consiste dans le renversement de la série des causes efficientes, et dans laquelle il nous est loisible de convenir n'importe quelle explication causale, ne suffit plus, mais que, — et c'est là la pensée môme de Kant, — appliquée à l'explication des organismes, la fin devient un principe objectif, et cela parce que les êtres vivants ne sont pas seulement mus par des causes extérieures, mais se meuvent eux-mêmes, d'après des représentations finales, de telle sorte que nous voyons déjà, dans les êtres les plus bas placés dans l'échelle des organismes, des actions finales influer sur l'organisation.

Le principe de finalité, selon Wundt, est applicable aux êtres vivants à un double point de vue. On peut l'appliquer, d'une part aux qualités des êtres organisés, et de lautre, à leur processus vital. Ce qui nous frappe, tout d'abord, c'est la finalité de l'organisation, telle qu'elle se manifeste, aussi bien dans les qualités de l'organisme total que dans celle de ses différentes parties. Et comme à cette reconnaissance de la finalité des qualités des êtres organiques se joint toujours la considération des différentes formes d'activité dont ils sont capables, la biologie a la tendance de transformer ces qualités en forces agissant selon des fins. De là s'explique l'hypothèse du vitalisme, qui à la place de la composition de forces qui est le principe de la mécanique physique, a fait valoir le principe de la hiérarchie des forces, et a subordonné à une force primordiale, qu'elle a appelée la force vitale, toutes les autres activités de l'organisme, les forces morphologiques, les forces d'assimilation et d'organisation, rirjitabilité et la sensibilité etc. Or, si aujourd'hui cette hiérarchisation des forces ne nous apparaît plus comme un véritable principe d'explication scienti^ fique, il n'en est pas moins vrai que cette force fondamentale, les physiologistes actuels ne l'admettent pas moins que Haller et Jean Millier n'avaient admis la force vitale. Qu'ils l'appellent « force constitutionnelle », ou qu'ils lui donnent quelque autre nom, il n'en est pas moins certain que, tous, ils sont incapables d'expliquer le phénomène de la vie, sans poser, tout au moins comme hypothèse, au début de l'explication, le phénomène de la vie môme. Et il est impossible de prévoir le moment où la biologie pourra se passer de cette hypothèse ou d'une hypothèse analogue.

Il en est de même de la finalité appliquée au processus vital.

Si, pour les fonctions de l'organisme achevé, de nombreux et très légitimes essais ont été tentés pour faire prévaloir le principe de Texplication causale, en revanche, dans le domaine des phénomènes du développement de l'organisme, prime jusqu'à nos jours Texplication téléologique. Le seul grand progrès qu'ait accompli la biologie moderne, c'est d'avoir subdivisé la loi d'évolution générale en une série de lois partielles, qui semblent devoir se prêter plus facilement à une explication causale. Cette tendance à l'analyse avait été précédée d'un essai de synthèse selon lequel, à côté de révolution individuelle, qui seule avait été reconnue et étudiée par les naturalistes des siècles précédents, a été reconnue et étudiée l'évolution des espèces. C'est là l'œuvre propre de Darwin, dont la théorie, nous l'avons déjà fait observer plus haut avec Wundt, loin de donner une explication causale des phénomènes d'évolution, n'a fait que décomposer une loi téléologique extrêment complexe en une série de lois téléologiques beaucoup plus simples.

En quoi consiste, en effet, la loi d'évolution suivant Darwin? Elle prétend que tous les êtres organisés sont dus à la différenciation de formes simples et identiques. Or, cette loi est une loi téléologique au premier chef. Elle considère, en effet, la différenciation des formes simples comme un processus dont la production des formes compliquées est la fin, et ce qui prouve bien que c'est d'une explication téléologique qu'il s'agit, c'est que ce processus de différenciation n'est pas étudié par rapport à ses conditions causales, mais uniquement par rapport au résultat qu'il produit, c'est-à-dire par rapport à la fin. De plus, la première et la plus importante des lois de l'évolution, la loi d'hérédité, ne se prête pas, jusqu'à présent au moins, à une interprétation causale certaine, et quant aux lois d'adaptation, si l'adaptation mécanique semble admettre une interprétation causale, l'adaptation chimique, et surtout l'adaptation des fonctions, lui opposent encore des difficultés considérables. Nous avons dit déjà, d'ailleurs, que la loi du striiggle for life est une loi téléologique, et que, sans qu'il s'en soit aperçu, Darwin a tenu compte, par cette loi, de l'influence qu'exercent les actions volontaires des êtres vivants, directement sur leur propre organisation, et indirectement sur l'organisation des êtres avec lesquels ils se trouvent en contact '.

De même donc que nous avons conclu tout à l'heure, avec les logiciens modernes, à la légitimité de la conception de la finalité ;en tant que principe régulateur, euristique delà raison, admettant,

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