‹ Essai d'alimentation des tuberculeux par les hydrocarbones sous forme de bouillies maltoséesChapitre 7 sur 36 · MN LES · texte numérisé non relu

MN LES

Pour un malade du poids moyen de 60 kilogs, on voit, d’après ces chiffres, qu’on pourrait arriver à donner 2140 à 300 gr. d’hydrate de carbone par jour sous des formes culinaires plus ou moins variées ; Martinet admet jusqu’à 380 gr. par jour.

La chose n’est évidemment pas aisée.

Nous avons pensé à la réaliser en utilisant des bouilies maltosées qui, jusqu’à présent, n’ont été employées que chez les enfants et pour des fins autres que la suralimentation.

C’est qu’en effet, sous cette forme, on arrive, par la solubilisation et transformation des amylacés, par la diastase amylolitique du malt, à obtenir des bouillies extrêmement concentrées en hydrate de carbone. sous un volume restreint, et qui gardent malgré tout une saveur acceptable.

L'expérience montre, en effet, que pour obtenir une bouillie de consistance normale, il faut employer au maximum 30 gr. d’une farine ordinaire dans 270 cc. d’eau. Après cuisson, cette bouillie occupe un volume de 250 cc. Au delà de 30 gr., la bouilke obtenue a la consistance de l’empois d’amidon; elle est inappétente et très certainement peu propre à une alimentation journalière. Pour arriver à faire absorber des quantités un peu notables de farine sous forme de bouillies, il faudrait donc les présenter sous une dilution importante, ce qui n’irait pas sans inconvénients.

Par contre, avec des farines diastasées, les bouillies obtenues ont une concentration en hydrate de carbone infiniment plus grande. |

C’est ainsi que 100 gr. de farine diastasée donnent, avec 200 gr. d’eau, une bouillie maltosée de consis-

tance semi-fluide, qui n’occupe qu’un volume de 225 cc.

Dans le premier cas, la concentration de la bouillie de farine ordinaire est de 12 %; dans le second cas, pour la bouillie maltosée, la concentration est de 44 %, soit plus du triple.

Kuss a préconisé l’alimentation par les hydrates de carbone dans la tuberculose fébrile. Ferrier les a faits rentrer dans la cure de récalcification. Henry Labbé pense que l’ingestion des hydrates de carbone améliore l’utilisation des albuminoïdes. Martinet, à son tour, estime que, chez les tuberculeux anorexiques, dyspeptiques, présentant presque toujours de l’insuffisance hépatique, il est recommandable d'utiliser les préparations diététiques prédigérées : peptones ou aliments amylacés ayant subi l’action de la diastase amylolitique.

C’est en nous retranchant derrière les travaux de ces auteurs que nous avons tenté un essai d’alimentation des tuberculeux par les bouillies maltosées.

Nous ferons l’historique de cette thérapeutique alimentaire et après avoir exposé les données récentes sur l’utilisation des bouillies maltosées, nous indiquerons les résultats cliniques observés.

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