‹ Essai d'analyse grammaticales suivant les principes de l'abbé Girard [microforme]Chapitre 20 sur 58 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Analyse de quelques phrases pour y découvrir les parties constructives.

D. Voulez-vous bien examiner cette phrase : Le maitre donne ; et m'expliquer, d’après les définitions que vous venez de me donner, quelles sont les parties constructives qui la composent ?

R. Dans cette phrase, le subjectif est énoncé par ces deux mots le maître, parce qu’ils y représentent un sujet auquel on attribue l’évènement ou la manière d’agir qu’exe prime le verbe donne ; l’attributif y est énoncé par le d'erbe donne, puisqu'il y sert à appliquer cet évènement au subjectif le maître.

D. J'ajoute à cette phrase les deux mots des images, ce qui produit cette phrase: Le maître donne des images. Pouvez-vous m’expliquer ce troisième membre de phrase ?

R. C’est un objectif, parce que les mots qui le com” posent, savoir, des images, expriment ce que l’attributif donne a particulièrement en vue.

D. J'ajoute à cette phrase les mots aux écoliers studieux, ce qui donne la phrase : Le maître donne des images aux écoliers sludieuxr. Comment appelez-vous ce quatrième membre de phrase ? Le

R. C’est un terminatif, parce qu’il exprime le but où tend ou aboutit l'attributif donne.

D. J'ajoute, après donne, le mot quelquefois ; et vous avez la phrase : Le maître donne quelquefois des images aux écoliers studieux. Comment appelez-vous cette cinquième partie de la phrase ? |

R. C'est un circonstantiel, parce qu’elle exprime une circonstance qui accompagne l’attributif donne.

D. Je place maintenant à la tête de cette phrase le mot si, Cela fait: Sie maître donne quelquefois des images aux écoliers studieux. Comment appelez-vous cette sixième partie de la phrase ?

R. C'estun conjonctif, parce qu’elle sert à faire un enchaînement de sens avec quelque autre chose que vous avez sans doute intention d’ajouter à cette phrase.

D. Je mets encore à la tête de la phrase précédente les mots: Mes enfants. Ceia fait: Mes enfants, si le maître donne quelquefois des images aux écoliers studieux. Quelle est cette septième partie de la phrase ?

R. C’est un adjonctif: ces mots sont ajoutés là pour appuyer sur ia chose, ou pour mieux attirer l’attention des personnes auxquelles on les adresse.

D. Enfin j'ajoute une autre petite phrase à la précédente, ce qui fait: Mes enfants, si le maître donne quelquefois des images aux écoliers sltudieux, c’est pour les encourager. Nommez-moi les parties constructives de cette dernière phrase. x |

R. C”, ou le pronom ce dans l’état d’élision, est le subjectif, parce qu’il exprime la chose à laquelle on attribue l'évènement ou la manière d’être énoncée par le verbe est. Ce verbe est l’attributif, parce qu’il fait l'application d’une manière d'être que l’on attribue à son subjectif. Les mots pour les encourager, forment un terminatif, parce qu'ils expriment le but où tend l’attributif,

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Remarques sur le nombre de purties constructives qui doivent se rencontrer dans une phrase.

Il n'est pas nécessaire que la phrase renferme les sept parties constructives : on n'emploie que celles dont on a besoin pour exprimer sa pensée, ainsi que vous le voyez dans les deux phrases précédentes, dont la première, composée enajoutant successivement cinq membres aux deux premiers, le maître donne, comprend les sept parties constructives ; et la seconde n’en comprend que trois. Mais la phrase ne saurait se passer de subjectif ni d’attributif exe pressémegt énoncés ou du moins sous-entendus ; parce qu'il n’y a point de discours sans un subjectif ou sujet dont on parle, et sdns un attributif pour qu'on en parle.

Remarques sur les signes des analyses grammaticales.

Dans les tableaux qui terminent ce traité d'analyses grammaticales, on trouve l'explication des signes que j’emploie, dansles chapitres suivants, pour faciliter l’étude de ces parties de la grammaire. J'engage les instituteurs à se rendre très familiers avec l’usage de ces signes. Si dans ces chapitres on emploie plus souvent les signes de l'analyse coustructive que ceux de l'énontiative, c’est que les élèves doivent être déjà si familiers avec cette dernière analyse, que dans les cas ordinaires elle n’offre que peu d’intérèt. D’ailleurs il est rare que les spectateurs ne se trouvent pas satisfaits d’une bonne analyse constructive.

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