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la partie de l’art qui enseigne à les c endre ? Sans cela, on peut dire que les élèves manquent du fil d’Ariadne pour parcourir le dédale des détails des grammaires et des lexiques auxquels l’ancienne manière d’enseigner les condamne, Ajoutons à ceci qu’on est généralement d’accord que l’acquisition d’une langue atrois degrés ; le premier qui consiste à la comprendre, le secoud, à la parler et le troisième, à l’écrire : et nous venons de voir que l’analyse est le plus sûr moyen de parvenir à ce premier degré. ù
Telle est l’importance que M. N. Landais attache à l'analyse, que, duus sa graminaire générale, page 403, il prononce cette sentence remarquable ; qui sait parfuilement décomposer une phrase sait parfaitement sa langue. Que chacun apprécie à sa guise, cette opinion qui surabonde dans mon sens; quant à moi je pense qu’en faisant ainsi analyser longtemps les élèves, avant de les exercer à la composition, on les soumet en quelque sorte à un silence pythagorlque. Cette notion fondée sur la nature des choses, est sans doute préférable à l’usage de faire faire aux élèves, Papplication des règles de la syntaxe, dans ce qu’on appèle des /hëèmes, avant qu’ils soient capables de comprendre parfaitement non seulement la langue étrangère en laquelle on les fait composer, mais même celle dont ils doivent faire usage pendant tout Je coursde leur vie, Faites leur donc d’abord lire, copier, et analyser des passages écrits en leur langue maternelle; et quand ils ont fait des progrès en une langue étrangère, faites leur traduire des morceaux instructifs : c'est la marche de la nature qui.veut que la science entre goulle à goulle dans l'esprit humain.
Lorsque l’on sait bien faire les deux analyses grammaticales suivant les principes de l’abbé Girard, on est capable d’étudier à fond toutes les autres parties de la grammaire : les règles de la syntaxe sc réduisent à de simples questions de faits constatés par l'usage ; ctje puis assurer que les participes n’offrent plus la moindre difficulté, quand on sait bien distinguer l’objectif.
Quelques personnes en regardant les signes employés dans mes tableaux analytiques placés à la fin de cet essai, m’ont dit, en badinant, que je fesais de l’algèbre grammaticale : soit. Mais la grammaire n’est-clle pas la science des signes? Les mots ne sont-ils pas les signes de nos pensées ? Sans les signes, quels progrès les sciences auraient-elles pu faire? Mais ces signes analytiques, ainsi que le peu de pages que j’exige queles élèves apprennent par cœur, je ne les ai adoptés qu'après de nombreuses épreuves faites de différentes manières, afin de m’assurer que les enfants comprennent bien ce que je leur enseigne, et qu’ils peuvent facilement en faire l’application. Enfin ces signes qui sont au language écrit ce que l’écriture est à la parole seulement prononcée, indiquent le sens de la phrase, sans l’obscurcir, comme font quelques méthodes où la pensée se trouve noyée dans un déluge de mots.
La jeunesse canadienne a besoin d’une éducation plus prompte et plus en rapport avec les besoins de la vie, que celle qu’on lui ponne, ordinairement, si l’on veut qu’elle se maintienne à un
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lus qu’elle doit savoir l’anglais. Jusqu'à présent on dirait que
’on waurait songé qu’à faire des avoeats, des notaires, des médecins, ou des contemplateurs du beau idéal dont les sublimes pensées ne doivent jamais s’abnisser jusqu'aux besoins matériels de Phomme. En un mot on a négligé l’éducation utile et nécessuire à la masse des citoyens, J’entends parler seulement de cette éducation qui forme l’homme pour les fins de la société, en le rendant vertueux, et en lui donnant les moyens de vivre honnêtement.
En ajoutant l’étude de mes analyses grammaticales à l’instruction primaire que l’on donne ordinairement dans nos petites écoles canadiennes, une jeune personne de treize à quatorze ans pourrait savoir lire, écrire et compter autant qu’il est nécessaire, pour Pusage ordinaire de la vie ; et même pourrait après cet âge, À jo forces physiques le lui permettaient, continuer son instruction primaire, en y consacrant seulement deux ou troisheures par jour, hors le temps de son travail manuel. Les individus dont l’éducation est faible ettardive, qui se destinent aux professions savantes, ou au commerce, perdent beaucoup sous un point de vue pécuniaire ; parce qu’ils ne sont capables de gagner leur vie et de prendre part aux fonctions publiques qu’au moment, pour ainsi dire, où la fleur de la jeunesse commence à se passer. Sous ce rapport la population anglaise a donc un grand avantage sur notre population française ; et c’est la difficulté de notre langue et l’imperfection des vieilles méthodes qui produisent chez nous cette différence. Il faut donc remédier autant que possible à cet inconvénient, en améliorant notre instruction primaire : c’est l’objet spécial de ma nouvelle méthode.
Eu 1840, je publiai une grammaire qui a pour titre: Essai de grammaire française suivant les principes de l’abbé Girard. L’édition de cet ouvrage est à-peu-près épuisée. Comme jusqu’à présent je me suis borné à faire enseigner, dans quelques écoles de cette ville, les éléments de l’analyse constructive et de l’énonciative, dont je viens de parler, je me contente de faire réimprimer ces deux parties distinctes de mon essai, avec les conjugaisons des verbes avoir, être, donner et moquer pour l’usage des écoles
rimaires. On trouvera, dans cet essai d’analyses grammaticales, es exemples nécessaires au développement de ma méthode, expliqués de manière à ce que les instituteurs les moins versés dans ces parties de l’art grammatical, puissent très facilement la mettre en pratique dans leurs écoles. Quelques-uns de ces exemples font voir que, par le moyen de cette méthode, on peut se rendre compte de gallicismes qui, jusqu’à présent, ont été considérés comme des énigmes inexplicables, D’autres exemples
tirés des grammaires les plus en usage dans ce pays, servent à faire voir en quoi consiste la différence qui existe entre les analyses des anciennes méthodes et celles de Girard, à ceux qui voudront prendre la peine de les comparer.
Je sais que la tâche que je me suis imposée est des plus ingrates. Je sais aussi que depuis longtemps on dédaigne tout ce qui tient à Part grammatical, tellement que le Père Bufñer et l’abbé D’Oli-
vet ont l’air de demander pardon au lecteur de s’oecuper d’objets de cette espèce. : Il n’est que trop vrai que les anciennes méthodes ou routines qu’ils suivaient étaient bien faites pour dégoûter les 7. délicats et clairvoyants. Pour moi je crois que quand on a du loisir, on doit se faire des occupations louables ; et je trouve honorables toutes celles qui tendent à l’instruction de la jeunesse, Je suis en outre très persuadé que la grammaire traitée d’après les principes de l’abbé Girard, contient non seulement les vrais éléments du simple langage, mais aussi ceux du plus profond raisonnement, et de la plus sublime éloquence. 1Ilest bien certain que l’étude de la grammaire n’est pas ce qu’il y a de plus brillant en littérature, mais c’est ce qu’il y a de plus solide et de plus nécessaire : en sorte que si on la considère et dans ses humbles commencements et dans ses heureux résultats, on peut dire avec vérité, qu’elle est à toutes les sciences utiles, ce qu’est la fondation à l’édifice ; la boussole à la navigation ; la racine d’une plante à sa tige, à ses feuilles, à ses fleurs, à ses fruits.
Observations pour l'instituteur.
Quand les élèves savent passablement lire et écrire, l’instituteur peut leur faire apprendre par cœur les réponses aux quatorze questions numérotées contenues dans les deux chapitres suivants. À mesure qu’ils- apprennent quelques réponses, il doit les leur faire répéter en les interrogeant les uns après les autres. Tous les exercices sur la grammaire doivent commencer par la récitation de tout ce qu’ils savent par cœur, en exceptant le verbe qui est l’objet d’une étude particulière.
Dès que les élèves savent imperturbablement ces réponses, l’instituteur doit les exercer à reconnaître les parties d’oraison qui se rencontrent dans les livres qu’ils lisent, se bornant à leur faire distinguer l’article sous ses différentes formes, les substantifs, les pronoms et les adjectifs avec leurs genres et leurs nombres, les verbes avec leurs modes et leurs temps, leurs personnes et leurs nombres, en proportion des progrès qu’ils ont faits dans leurs conjugaisons. Quant aux autres espèces de mots, il suffit que les élèves nomment les parties du discours auxquelles ils appartiennent.
L’instituteur, pour donner ses leçons, peut se préparer d’avance en marquant, avec les signes de nos tableaux analytiques, les mots qui lui offrent quelques difficultés. Pour lever ses doutes, il peut recourir au dictionnaire. Les dictionnaires, en général, sont peu d’accord entre eux, surtout quant aux adverbes, aux prépositions, aux conjonctions et aux particules. Il trouvera dans notre essai de grammaire, aux chapitres qui traitent de ces différentes espèces de mots, et dans les tableaux extraits de ces chapitres, qui sont placés à la fin de cette nouvelle édition de mon essai d’analyses grammaticales, de quoi lever ses doutes, en même ep a qu'il aura occasion d’admirer l’extrème perspicacité analytique de -’abbé Girard, l’auteur que nous suivons dans cet ouvrage.
No. 1. Le puisqu’elles quelconque, e ou l’ordre des son insu, auss tribue intérie vérités auraie été plus ou m methodes gra essentiels.
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