‹ Essai d'analyse psycho-sensorielle et de psychogénie scolaireChapitre 108 sur 139 · LT 908 EE · texte numérisé non relu

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l’appoint visuel. Son intensité favorable varie de test à test. Mais le maximum synergique, pour le percept du nombre, semble devoir être retenu, avec la constante intersexuelle relative à celui des dimensions et rapports.

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4° AU COURS MOYEN (g A 12 ANS)

Le comportement masculin est conditionné favorablement, quoique faiblement parfois, pour tous les percepts, par la vision. Celle-ci agit surtout maintenant dans la stéréognomie (premier test). La perception des formes, ainsi que la stéréognomie restent, au contraire, insensibles à cette influence dans le troisième test. Encore une énigme à scruter par le rapprochement des résultats chez les filles.

Le comportement féminin confirme l’éclipse de l’influence visuelle pour le percept formel, du moins dans le troisième test. Il accuse, par contre, cette influence dans les deux tests, pour les dimensions et rapports, ainsi que le nombre. Quant à la stéréognomie, positivement influencée d’abord, elle l’est négativement après. En présence d’un négatif, d’un zéro et de deux résultats positifs, un pour chaque sexe, on ne peut que souhaiter une autre expérience, sur des bases nouvelles. Il semble cependant que cet âge marque un perfectionnement conscient, par apport visuel, d’une première perceptivité stéréognomique d’origine subconsciente : KD. Aïnsi l’évolution ontogénique se ferait-elle partiellement, fragmentairement, par degrés complémentaires, à des époques bien marquées.

Si l’on jette un regard d’ensemble sur ce qui vient d’être relevé, -on vérifie, en effet, tout ce que l’enfant a su acquérir subconsciemment et par la synergie KD, avant son arrivée à l’école. Il perçoit intuitivement par syncrétisme global, mais très imparfait, les caractères essentiels des objets. La dactylésie existe déjà partiellement dès qu’il entre à l’école maternelle. Là, on fait intervenir la vue, en synergie constamment provoquée. Celle-ci agit d’abord sur le percept des dimensions et rapports, puis sur le percept du nombre. Après 7 ans, elle affirme le percept de la forme, qui redevient rapidement sub-

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conscient et complète celui du nombre, Enfin, de 9 à 12 ans, se perfectionne, peut-être, grâce à elle, la stéréognomie. Nous ne sommes pas tout à fait de l’avis de Wundt (op. cit. II, 185) qui, après avoir étudié le stéréoscope, croit que « deux yeux au repos apprécient immédiatement le degré de profondeur des points ». C’est évident pour l’adulte. Mais est-ce exact pour l'enfant? Nous persistons à considérer le sens du relief comme un effet de l’activité synergiqué VKD. D'ailleurs, Wundt ne néglige point K dans le mouvement d'adaptation binoculaire. Ne prépare-t-il pas notre explication analytique lorsqu'il écrit (184) : « Les sensations rétiniennes se fusionnent avec les sensations tactiles et de mouvement, et constituent alors des complexus inséparables. »:

Sous l'aspect ontogénique, il est permis de Concevoir un premier âge dactylésique préscolaire qui disparaît dès 6 ans pour les garçons, mais subsiste jusqu’à 7 ans pour les filles. Celles-ci deviennent ensuite régulièrement et définitivement visuelles jusqu’à l’adolescence, tandis que les garçons accusent un ralentissement (7 ans), puis un arrêt net (9 ans) dans la même évolution de la synergie visuelle, et au bénéfice de la dactylésie. Ceci suffirait à justifier la distinction et l’étude de cette activité physio-psychique spécifiquement humaine, dans une psychogénie scolaire.

L’optimum général est bien au cours préparatoire pour les deux sexes. Les irrégularités de la courbe féminine, dans le test dactylésique, ont été corrigées grâce à l'influence de la vision, toujours prédominante chez les filles.

Ce recoupement montre fort bien l’époque de la formation complète de la synergie VD. C’est une frontière psychogénique intéressante qui marque le seuil de la période d’aptitude à la perception globale et consciente des figures, dimensions et, partant, des premiers rapports numériques. Mais cette sy-

nergie, encore incomplète, borne la perception puérile au

cercle étroit de l’investigation dactylésique ou manuelle. Cette investigation gagne en puissance et profondeur grâce au nouveau facteur kinesthésique, essentiellement dynamique par sa nature même. La synergie nouvelle, maintenant triple (VDK) permet la perception complète du monde sensible des peintres, des sculpteurs et des géomètres. D’après ce que nous avons dit de la stéréognomie qui la révèle, elle paraît formée

vers 9 ans. N'oublions pas que, chez l’écolier normal, presque toujours, une autre activité synergique : l’audition, avec son réflexe naturel : la parole, vient s’y ajouter afin de permettre l'influence accélératrice de l’éducation qui fait bénéficier l’enfant de l’expérience des milieux successifs. Elle permet aussi un premier schématisme conceptuel indispensable.

Mais, pour revenir à l’étude spéciale du moment, les premiers percepts humains, qui serviront de socle aux connaissances scolaires, se révèlent nettement dactylésiques et kinesthésiques. Après eux, et sur eux, viennent se greffer, pour ainsi dire, en synergie de plus en plus complète et puissante, les percepts visuels. Ainsi, dans le cycle primitif, dont le foyer serait le dynamisme cénesthésique essentiel, ces premiers percepts, de leurs points discontinus, esquissent les premières notions isolées que les concepts associent et ordonnent dans ce premier cadre spatial que la dactylésie aide tant à acquérir. Nous revenons, en partie, à la théorie de Bain, que Wundt critique mais accepte, dans son principe essentiel, après les observations de Wardrop surtout’.

Dans la grotte préhistorique de Gargas, au seuil des montagnes du Comminges, des mains, encadrées de points, sont gravées, depuis des milliers d'années, parmi des dessins d’animaux disparus. C’est en les observant, certain jour, que nous avons cru voir là le signe ancestral et mystérieux de « FHomo sapiens ».

Afin de compléter les analyses antérieures des phénomènes attentionnels, on avait chronométré assez exactement, grâce à deux observateurs bien entendus au préalable, la durée des

temps d'observation et d'exécution d'objets dans les trois.

tests précédents. Ces temps sont relevés dans le tableau suivant (n° 23) :

1. Wundt (IT, 201) conclut, par des pages critiques très documentées et serrées, son 13% chapitre par cette phrase typique : « Ces observations sont des pièces justificatives instructives qui témoignent que les perceptions visuelles se sont perfectionnées, d'une façon relativement lente, sous l'influence des impressions extérieures. »-Il entend par là le sens tactile, bien entendu.

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