‹ Essai d'analyse psycho-sensorielle et de psychogénie scolaireChapitre 133 sur 139 · V. Jean Philippe et J.-Paul Boncour (ouv. cit. p · texte numérisé non relu

V. Jean Philippe et J.-Paul Boncour (ouv. cit. p

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Sans ce caractère sociologique, la morale laïque resterait une sorte de contrefaçon timide des éthiques confessionnelles. Ou bien, soumise à des normes personnelles et variables quotidiennement, elle errerait ainsi d’une religion sans Dieu à un sectarisme condamnable. Nous désirons établir, pour Îe bonheur de tous nos élèves et la paix sociale, une éducation morale ayant pour base l’étude impartiale des faits sociaux dans les deux cadres concentriques de la patrie et de l’humanité. Notre idéal modeste, mais sûr, sera l’amélioration progressive ce la vie spirituelle autant que de l’autre. Existerait-il d’ailleurs un progrès social réel sans cela ?

Îl est bien entendu surtout que nous ne voulons pas d'une simple instruction morale catéchétique, superficielle, verbale et vaine contre le torrent de l’animalité. Nous nous défions aussi, expérience vécue, d’une éducation religieuse mimétique, affective, trop fragile au souffle de la raison el qui peut disparaître brusquement dans une crise d’adolescence, laissant l’esprit vide, le cœur désespéré. Notre morale laïque, tout en laissant respectueusement aux familles la faculté d’y joindré le complément religieux ou philosophique de leur choix, peut se suffire toute seule si elle est basée sur la coexistence des deux consciences nées harmonieusement grâce à l’éducation intégrale. Elle doterait chaque être humain de la lumière nécessaire et de la force indispensable. Nous pourrions citer nombre de ses martyrs, pour en témoigner, dans la paix et dans la guerre.

Tout ceci ne sera pas l'œuvre d’un jour ni d’une période psychogénique. Nous espérons y revenir plus tard, afin de creuser davantage ce problème essentiel et passionnant. Indiquons simplement, dans l'attente des découvertes physiologiques prochaines, les grandes lignes de la genèse de l’inhibition’, facteur de la connaissance par son conditionnement

L Des précisions biologiques et physiologiques très intéressantes sur l’inhibition sont données par le professeur italien G. Faro (Le cerveau et le cœur). Il montre notamment le rôle de l'écorce cérébrale de la région frontale, sur la moelle épinière qui est inhibée aussi par le cerveau moyen. Tout cæci est une preuve nouvelle de Ia nécessité d’une formation physiologique complète comme substrat de la coñscience totale.

Note complémentaire. — Ingénieros, après Sergi, oroit à la strati-

constant, indispensable à l'attention et sous-jacente à loutes les contraintes morales. Le problème attentionnel ne peut être éludé dans une éthique vraiment philosophique. Conformément à l'intuition géniale de Plotin d'Alexandrie, il évolue dans les trois cycles, comme le « nous » lui-même. Nous l’avons montré, dès l’inconscient, par l’adaptation organique et le rythme vital. Nous l’avons aperçu, dans la subconscience, à la faible lueur des mémorisations, des synergies, des habitudes. Nous le voyons enfin dans la pleine clarté de l'acte volontaire, conscient, acte d'acquisition intellectuelle, acte de réalisation morale, Encore ici, le parallélisme de tout à l’heure,; reparaît : la méthode psychogénique prouve son utilité.

La conscience morale totale, supérieure, de l’adulte bien éduqué, nous la voyons poindre chez l’enfant, par intermittences, sous la contrainte négative et la suggestion positive de la famille, de l’école, cette minuscule, mais idéale cité. Le mimétisme suggestionnel continue de s'exercer par les exemples vus où vécus, vivants ou passés, voire ceux que l’on invente dans ces crises de rêverie sublime qui parfument l'adolescence. Ainsi, dans ce nouveau domaine, du mimétisme animal nous accédons à l’autosuggestion qui fait la volonté souveraine.

Etre moral, c’est savoir observer, juger, prévoir et agir dans l'intérêt commun.

fication du caractère (Prèncipes de psychologie biologique, 192). Se superposeraient successivement : la mentalité de l'espèce (inclinations innées), la mentalité sociale (expérience sociale), et enfin la mentalité individuelle. Ceci serait dû à une myélirisation progressive des centres nerveux, provoquée par les agents énergétiques du milieu et liée à des réactions adaptatives (243). Ingénieros montre bien l'évolution ontogénique fonction de l'évolution phylogénique pour les fonctions psychiques : mémoire et conscience. Sergi considère celle-ci comme la révélation des phénomènes psychiques. Mais cette définition reste incomplète pour la conscience morale qui suppose aussi la révélation du fait social, c'est-à-dire de l’interdépendance de l’individu et de la société. Pour Bechterew, la conscience est un produit de l'énergie des centres cérébraux. Ceci indique la genèse du dynamisme supérieur qui justifie notre thèse,

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