LUNDI MARDI MERCREDI VENDREDI SAMEDI
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Le comportement au point de vue du sexe apparaît encore dans ces modalités très différentes. La moyenne journalière des fillettes est toujours nettement supérieure à celle des garçons. Ceci corrobore nos tests antérieurs sur les élèves plus avancés. À presque tous les âges, les fillettes font preuve d’une capacité d'attention supérieure à celle des garçons. Ceci va contre quelques préjugés pédagogiques.
Autre constatation importante : chaque jour de congé provoque, le lendemain, un fléchissement de l’attention masculine. Cette attention croît ensuite du lundi au mercredi et du vendredi au samedi. Chez les fillettes, nous constatons bien aussi un fléchissement du lundi, mais deux ondulations spéciales à ce sexe donnent deux maxima : le mardi et le vendredi.
En d’autres termes, le repos complet et aussi, il faut l’ajouter, les désordres du dimanche (repas plus plantureux, veillée, bal, cinéma) provoquent la même rupture d'équilibre physio-psychique et d'entraînement dans les deux sexes. Mais les filettes réagissent et se réadaptent plus vite, puisque, dès le lendemain des lundis et des jeudis, elles atteignent de nouveau leur maximum, alors qu'il faut quarante-huit heures aux garçons pour arriver au même résultat. En revanche, observons que ceux-ci paraissent offrir plus de résistance dans !: jeune âge, et que le fléchissement ne se produit pas aussi vite chez eux. Le comportement, une fois encore, est nettement différent dans chaque sexe. Le potentiel physio-psychique paraît être plus considérable chez les garçons; mais ce potentiel offre plus de souplesse dans la réadaptation et se reconstitue plus rapidement chez les fillettes.
Ces recherches devraient être poursuivies dans un double but : psychologique et pédagogique. On voit l'intérêt psychogénique d'’investigations semblables si elles se généralisaient et se perfectionnaient comme nous le souhaitons. Ce qui constitue actuellement la presque totalité de la psychologie classique, c’est l’étude des adultes. Ce qui lui manque encore beaucoup trop, c’est la connaissance de l’enfant. Lacune d’autant plus regrettable que certaines questions, le problème de l’attention par exemple, ne nous paraissent devoir être résolues, même pour l'adulte, qu'après l’investigation scolaire’ et par
la méthode psychogénique, celle que Binet n’a découverte qu’en partie et trop tard pour son œuvre.
Si l’on veut vraiment faire de la pédagogie autre chose que des recettes de moniteur à l’usage exclusif de l’enseignement primaire, ou la matière de bréviaires d’école normale qui dessèchent l'esprit et, faisant naître quelque suffisance, étouffent la véritable initiative qui, seule, caractérise le maître, il faut la considérer comme une science expérimentale, inductive et pratique. Alors des axiomes très discutables comme, par exemple, la nécessité du congé du jeudi, apparaîtront sous leur vrai jour. Il faudrait peser -équitablement les inconvénients et les avantages, non pas personnels, égoïstes, mais sociaux. Il faudrait considérer si, dans les villes surtout, il est prudent de consacrer un deuxième jour par semaine à la paresse quand ce n’est pas au vagabondage et aux mauvaises fréquentations, en l’absence des parents retenus à l’atelier. Ces premiers résultats prouvent, en tout cas, que le jeudi, s’il est un repos intellectuel complet, paraît non seulement inutile, mais nuisible au travail scolaire. Nous ne craignons pas de le dire franchement aux instituteurs qui, avec leur dévouement coutumier, sauront y réfléchir si d’autres expériences vérifient et complètent celle-ci.
1. « Il ne faut pas oublier, en effet, qu’il s’agit d'examiner non pas seulement un enfant, mais encore et surtout un écolier; et qu'il faut, par conséquent, attribuer une importance capitale aux points de repère fournis par la scolarité. C’est pourquoi, à côté des stigmates médicaux, on doit faire une large place aux stigmates scolaires, qui mesurent en quelque sorte la teneur du système cérébral chez ces écoliers. »
(D Jean Philippe et G.-Paul Boncour, Les anomalies mentales chez les écoliers, 4° éd., 101.)
On nous permettra de voir iei une justification de notre méthode.