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En revanche, des modifications intéressantes s’esquissent déjà dans le deuxième cycle. Le sens quantitatif s’est exactement maintenu des deux côtés. La naissance de l’imagination créatrice est marquée pour les garçons, tandis que les fillettes gagnent pour l'imagination représentative et l'association d'idées. Ces caractéristiques précisent encore, à peu de chose près, les résultats connus de nos autres tests. |
Le troisième cycle du même âge scolaire confirme le point initial esthétique pour tous. Il indique une double supériorité féminine : en cénesthésie comme en esthétique. Nous n’en sommes pas surpris. ;
En somme, cet âge reste encore essentiellement perceptif
No 13.
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sous le signe VK qui se complète, peu à peu, par des éléments encore mineurs des deux autres cycles.
Le graphique 13 révèle, dans la période suivante (11 à 13 ans), des modifications plus importantes. La vision reprend sa valeur de naguère chez les garçons. Les filles, au contraire, marquent une régression d’un dixième sur ce point. La supériorité sensorielle masculine s'affirme d’une manière à peu près générale, même pour l'audition et l’olfaction dont l'éveil s'était manifesté d’abord dans l’autre sexe. Nous voyons, encore une fois, l'évolution perceptive masculine plus lente, mais plus sûre et mieux équilibrée, somme toute.
Au point de vue conceptuel, le bourgeon quantitatif est devenu une pointe bien marquée d'orientation psychique générale. La mémorisation et le jugement l’étayent également d’un appui logique et curieux. Le groupement des deux sexes est assez caractéristique à cet égard. Un nouveau bourgeon s’accuse pour l'association d'idées, avec équivalence pour l'imagination représentative chez les filles. Bref, dans ce cycle, le gain nous paraît suffisant pour iégitimer une limite d’âge psychologique et pédagogique, une frontière selon Binet. En effet, la formule d'âge, pour les deux premiers cycles, est devenue : VaoK + mQj. Les synergies perceptives deviennent quadruples et la synergie conceptuelle, triple.
Au contraire, le secteur moral ne présente pas de change-
ment notable à cet âge, sauf un accroissement général, mais-
de peu d’amplitude, pour la cénesthésie dont la valeur, à la fois individuelle et synergique, se manifeste curieusement âu moment de la puberté. Sa puissance redoutable alors et parfois désordonnée, ne paraît pouvoir être équilibrée, régularisée, que grâce au dynamisme surtout logique du deuxième cycle, dont l'influence agit, sans doute, avec et par le sens esthétique déjà remarqué.
Examinons enfin le quatrième cadran (graphique 14) qui représente les gains et pertes après cette période pubertaire sur l'importance de laquelle nous nous sommes si souvent arrêtés. On ne remarque pas de changement d'orientation extraordinaire dans le premier cycle. L'activité sensorielle redevient ce qu’elle était pour la kinesthésie. Celle-ci maintenant reste spécifiquement féminine et d’une manière assez marquée (4 dixièmes). Nos jeunes filles ne rivalisent-elles pas, depuis
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longtemps, avec nos jeunes gens pour certains sports, surtout le gracieux tennis, à cet âge? Ne parlons pas de la danse où elles excellent trop et qui représente à nos yeux une synergie ACK des plus curieuses peut-être à étudier ultérieurement. Supérieures aussi pour l’odorat, elles restent déficientes, cependant vis-à-vis de l’autre sexe, pour la sensibilité tactile et le goût. Ceci peut surprendre; nous enregistrons simplement, à titre provisoire, comme pour toute première remarque. Dans le deuxième cycle, le progrès du sens quantitatif continue (et devient singulièrement remarquable chez les filles qui atteignent presque l’optimum). Légèrement supérieures
pour le jugement, elles restent en arrière pour le reste du secteur conceptuel. En moyenne, celui-ci accuse donc plutôt encore une supériorité masculine globale. Et, dans l’ensemble, le progrès général sur l’âge précédent n’est pas aussi considérable pour les garçons que pour les filles dont la courbe coiffe nettement l'étoile masculine, surtout en VK pour le premier cycle et P ou Q pour le second.
Le progrès général s'affirme, en revanche, dans le troisième cycle. Le gain cénesthésique se révèle, à première vue surtout, pour les garçons chez qui la crise pubertaire laisse, on le savait déjà, une affectivité vibrante. La supériorité féminine pour la sentimentalité, confirme l’évolution morale dont nous avons déjà esquissé la courbe. Quant au sinus persistant sur le rayon volonté, jusqu’à 15 ans, chez les jeunes gens comme chez les jeunes filles, il ne manque pas d’éloquence pour prévenir les maîtres qu'ils font encore souvent fausse route dans l’œuvre éducative. Celle-ci reste trop hasardeuse et incomplète encore. Sont-ils vraiment préparés à la vie, ces jeunes gens si déficients au point de vue de la volonté? Nous reprendrons cette importante question, en détail, dans la dernière partie de cet ouvrage, car cette déficience de la volonté, cette carence de l'initiative et de l'effort chez les jeunes gens, surtout dans les races latines et l'après-guerre, a été constatée ailleurs.
La dernière formule scolaire, celle de cet âge, est devenue :
VaoK+Qjas+es.
La partie synergique perceptive, renforcée en VK, reste quadruple; la deuxième affirme l'existence, précieuse aux con-
cepts, de la synergie associative sous le signe numérique (Q) pré-
valent et du jugement qui s’affirme; enfin, une synergie émo-
tive, encore faible, de la cénesthésie et de la sentimentalité, .
suffit à révéler l’aube morale.
L'évolution psycho-sensorielle, pendant la période scolaire, apparaît, dans sa diversité comme dans toute son ampleur, quand on superpose les quatre diagrammes que l’on vient d'étudier. Comme un protozoaire qui se modifie, comme une astérie qui tend plus ou moins ses branches vers des proies successives, comme une vague nébuleuse qui se transforme en
comète puis en étoile aux branches de plus en plus nombreuses et rayonnantes, un schéma nouveau surgit à nos yeux : celui de l’évolution physio-psychologique de nos écoliers, pendant la seconde enfance et la première adolescence. Sans doute n'est-il pas définitif. Quel tableau des maîtres réputés, n’a nécessité de nombreuses esquisses préparatoires? Existe-t-il une épure sans croquis préalable? C’est par le gribouillage pariétal des anciennes cavernes humaines, par une marche vacillante d'enfant, dans le clair-obseur de la science actuelle, que se grave peu à peu le signe qui nous guide et que, lentement, se fraye la voie nouvelle vers l’avenir.
Note complémentaire. — La thèse soutenue récemment par Me Véra Kovarsky, devant la Faculté des Lettres de Montpellier, sur La mesure des capacités psychiques des enfants et des adultes normaux et anormaux, développe et applique la méthode de son compatriote russe Kossolimo pour l'établissement des profils psychologiques. Ces profils sont certainement utiles comme recoupement. Nous critiquerons cependant l’'imprécision et les barbarismes inutiles de la terminologie qu'ils emploient. Est-il logique, dans le tableau n° 7 par exemple, de placer : en tête, l’attention et, in fine, l'esprit d'observation ? Ou encore les éléments du langage entre les figures et les nombres? Les mêmes défauts de pensée se révèlent chez Rossolimo comme chez Lasoursky : imprécision slave où le subconscient domine trop encore. En revanche, des ‘éclairs précieux chez tous les deux : uue intuition sûre du but à atteindre comme résultat pratique et pour l'orientation professionnelle. Nous sommes tout à fait d’accord, à ce point de vue, avec M. Rossolimo quand :il écrit : « Il est important d'être renseigné sur l'état de l’intellect de l’enfant dès la fin de sa première enfance. » On le verra dans nos conclusions ci-après (de 7 à 9 ans). Binet l'avait dit aussi.
Tel quel, le travail de M Véra Kovarsky peut et doit être utile. Nous nous faisons un agréable devoir de le signaler à ce titre. (Alcan, éditeur.)
xv. — EXPÉRIENCES À L'ÉTRANGER
Grâce à M Antipoff, un certain nombre d’institutrices des pays étrangers ont connu notre méthode d'analyse psycho-sensorielle, à l’Institut J.-J. Rousseau, de Genève, toujours accueillant aux initiatives des éducateurs du monde entier. L’institutrice de Vencio (Tessin) organisa des promenades-tests semblables aux nôtres, en mars ct avril 1927. Elle a bien voulu nous envoyer quelques comptes rendus avec ses annotations et remarques personnelles.
À sa première promenade, participaient 4 garçons et 4 fillettes de 9 à 11 ans; à la seconde, 4 filles et 5 garçons de 12 ans, 10 garçons et 10 filles de 13 ans, 5 garçons et 8 filles de 14 ans. Innovation intéressante : certains enfants ont assisté à deux exercices et l’on a confronté les deux catégories de résultats.
Voici le rapport de cette institutrice, que nous remercions encore ici :
« 1° Les tests ont été faits dans une école mixte d’un village du Tessin, sur des écoliers de 9 à 14 ans. Les sujets sont presque tous enfants de paysans et d'ouvriers.
» 2° Les promenades ont été assez longues, ce qui aurait, d'une certaine façon, faussé les résultats de l'expérience; car la technique proposée par l’auteur des tests, indique une étude faite sur des rédactions exécutées après de courtes promenades.
» 3° On peut pourtant faire les remarques suivantes : » a) Le contenu du cycle intellectuel et moral augmente avec l’âge;
» b) Chez les petits, c’est bien le type sensoriel qui prédomine; et, dans celui-ci, la kinesthésie et les sensations visuelles ont la prédominance. Dans cette expérience, on a re-
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marqué une forte proportion de ces manifestations dans les âges successifs aussi. Cela dépend peut-être du fait que la promenade a été trop prolongée.
» 4° La classification est toujours très subjective et on se trouve devant plusieurs difficultés
» a) Par exemple, faut-il placer dans la kinesthésie chaque phrase qui contient un verbe indiquant un mouvement?
» b) Comment classer les expressions comme :
» — J'étais fatigué..….; Je me suis reposé, etc.?
» J’ai ajouté une rubrique sous le titre de : « Sensations organiques »;
» €) Jugement faux. Est-ce qu'il faut classer ainsi les jugements qui sont faux dans la forme seulement, c'est-à-dire quand le sujet, n’ayant pas à sa disposition un vocabulaire suffisant, emploie un nom impropre?
» d) Est-ce qu'il faut classer, parmi les volitions, les actes de volonté non exécutés par le sujet, mais indiqués dans les compositions ?
Remarques générales sur le test.
» La comparaison entre les observations faites sur les élèves et lés résultats de l’analyse des tests, montre que la méthode peut servir de moyen très utile pour la connaissance des tendances des enfants. Il faut surtout qu’elle soit appliquée d’une manière très régulière et répétée plusieurs fois sur les mêmes sujets.
» L’appréciation devient très subjective, même si on cherche de toute bonne volonté à se conformer aux prescriptions générales de la technique de l’expérience. Il faut donc que les tests soient analysés par le même expérimentateur afin de donner le plus d’unité possible à l’examen.
» La méthode peut servir d’excellent moyen pour étudier les sources d'intérêt des enfants, leurs tendances, leurs défauts d'appréciation et d’observation: comme moyen enfin de marquer leurs progrès. »
Ces conclusions de l’institutrice de Vencio correspondent souvent à nos propres remarques et nous en sommes heureux. Mais nous voulons profiter surtout des réserves ou critiques; et c’est pourquoi nous saisissons ici l'occasion de préciser certains points de notre méthode en répondant au rapport que l’on vient de lire.
1° Il est exact qu'un exercice d'observation trop riche ou prolongé risque de fausser les résultats de l’analyse, au début du moins et surtout chez les jeunes écoliers. Il convient de commencer par des exercices très simples et classiques, des leçons de choses, ainsi que le préfère, non sans bons arguments, M. François Sarrieu, afin d'obtenir une formule ou un diagramme simple, réduit peut-être même, mais sûr. La première promenade-test peut fort bien avoir lieu dans la cour de l’école; la seconde, dans les environs immédiats, de manière que la surabondance d’objets ne trouble pas le sujet. La capacité d'observation de celui-ci reste ainsi ménagée et progressivement délimitée. Notre évolution s'efforce, toujours à l’exemple d’Alfred Binet, de n'être pas brusquement quantitative, immédiate et absolue, mais aussi souple que possible, qualitative également. Son allure est celle d’une approximation de plus en plus étroite. Les premiers résultats ainsi sérieusement établis, il importe de ne pas être le prisonnier d'opinions toutes faites qui prétendent fixer a priori les capacités et modalités de sensations, perceptions et conceptions de
chaque âge ou de chaque sexe. Il convient d'éviter de prendre:
pour base ce qui est le but essentiel des recherches. Avec prudence, mais sans jamais manquer de curiosité hardie, il faut essayer de mieux préciser ce qu’on a établi déjà et.tâcher surtout de bien voir si certains sujets n’échappent, pas aux limites ou fronlières de la psychologie classique ou, moderne, et pourquoi. Il, importe moins encore de découvrir que de vérifier dans le domaine souvent vierge de la psychogénie.
2° Nous approuvons également les alinéas a, b, du. paragraphe 3. Quant au suivant, il ne nous surprend. pas, Combien de fois, dans nos inspections de classes trop éloignées de Luchon pour que les maîtres assistent à nos réunions mensuelles et se