CHAPITRE V
ESCHATOLOGIE CHINOISE.
Nous ne pouvons terminer un aperçu d'anthropologie sans dire un mot ex-professo du sort de l'homme après cette vie. En ce qui concerne la philosophie chinoise, cette matière ne peut prêter à de longs développements. La plupart des auteurs chinois n'en disent rien. Ce que l'on peut recueillir dans quelques rares traités a déjà été indiqué au commencement de cette étude et consiste en quelques courtes notions très vagues et très superficielles.
Les plus anciens livres chinois témoignent de la croyance à rimmortalité de l'âme. Le défunt descend et monte, c'est-àdire que son corps descend dans la terre et que son âme monte au ciel. Le Shi-king, comme le Shu-king, nous montre les rois défunts habitant le ciel et, de là, regardant la terre, protégeant leurs descendants. Ainsi nous lisons au livre III, 1 , 1, § 1, dcs5Ai, que Wen-Wang est au ciel, aux côtés de Shangti, comme un ministre auprès de son souverain (tso yen, à droite et à gauche). Au SAm, nous voyons Tcheou-Kong prier ses
une des vertus les plus prisées des moralistes chinois, celle qui écarte du vice par la honte qu'on a d*y être sujet, qui fait accepter les remontrances et profiter des corrections. Puh-ho-tchi-tche, celui qui ne sait )jas rougir ou qui ne connaît pas la honte, est un des traits les plus honteux que Ton puisse attribuer à un homme. Le caractère figure le cœur et une oreille, indiquant que ce que l'oreille perçoit, pénètre jusqu'au cœur et le touche.
Quant à lien, son idéogramme porte la figure d'une réunion totale sous un toit; c'est le sentiment qui fait traiter tout le monde avec justice, équité, sans égard à ses propres intérêts; c'est l'intégrité, l'honnêteté, le désintéressement*
ancêtres de guérir le jeune roi, son neveu, d*one maladie qui menace ses jours et offrir sa vie comme compensation au courroux du ciel. (Voir le Shu-king, livre V.)
Le culte des morts est la protestation la plus énergique en faveur de cette croyance. Le défunt est invité à assister au sacrifice, il y vient, il y prend part, il remonte au ciel.
Rien de plus explicite à ce sujet que les chants S et 6 du livre U, section VI du Shi-king. Nous devons en citer un fragment enlier pour convaincre tous nos lecteurs. Après avoir exposé les préparatifs du sacrifice, le poète ajoute: