‹ Essai d'appréciations générales en numismatiqueChapitre 5 sur 7 · EX NUMISMATIQUE · texte numérisé non relu

EX NUMISMATIQUE

Mais c'est sous les empereurs que le changement de nature des types se fait surtout sentir. I.e type des médailles impériales, particulièrement tle celles d’or et d’argent, qui émanaient directement des empereurs sans le contrôle du sénat, est en quelque sorte consacré à la famille souveraine; c’est l’empereur, sa femme, scsfils, ses proches, leurs actions, leurs vertus que célèbrent les monnaies, où l’on voit rappelées par de pompeux trophées, par de magnifiques arcs de triomphe, les moindres victoires, des expéditions qui n’avaient pas toujours étécouronnées de succès. Aux sujets historiques viennent se joindre les types allégoriques; c’est la prudence, la piété, la santé, l'abondance, le courage, la libéralité de l’empereur; la pudeur, la fécondité de l’impératrice. Toutes ces idées immatérielles, représentées sous la forme humaine, sont caractérisées par des attributs et de plus expriméesdans lalégende de la médaille. Cesonfces types allégoriques qui ont induit en erreur les antiquaires lorsqu’ils ont voulu expliquer les types plus anciens; mais ces abstractions personnifiées sont essentiellement propres au génie romain et ne doivent pas être cherchées ailleurs que sur les monuments qu’il a produits.

On doit remarquer que vers le milieu du lit* siècle, alors que les révolutions se multipliaient et que les empereurs se succédaient rapidement, élevés et renversés presque aussitôt j»r la garde prétorienne, les types de la sécurité, du bonheur

APPRÉCIATIONS CKKÉHALKS

des temps et (le lu fidélité des troupes se reproduisent continuellement. Quelle était donc leur valeur: un heureux présage ou une affectation de confiance? Toujours est-il que les événements en ont fuit autant de mensonges. Un Ivpc encore que nous ne devons pas oublier, c’est celui de la consécration, qui revient inévitablement à la mort de tous les princes. C'est ordinairement un char funèbre ou le bûcher sur lequel on brûlait les corps. Auguste, en déifiant César, avait donné un exemple qui fut suivi par tous les empereurs jusqu’à Constantin , et que Julien critique amèrement dans sa mordante satire des Césars 1 , bien n’était en effet plus propre à renverser le polythéisme que l’admission au rang des dieux de monstres que la société humaine ne pouvait conserver dans son sein. L’Olympe escaladé par tant d’hommes, let dieux sert allaient .

Cependant le christianisme, déjà répandu sur toute la terre, montait sur le trône impérial avec Constantin; le signede la foi chrétienne parut alors sur la monnaie. Pendant quelque temps la croix fut placée dans la main de la Victoire; victoire tonte chrétienne, il est vrai, puisqu’elle est ligurée sous la forme d'un ange, mais qui n’en est pas moins un reste de l’art païen. Plus tard la croix occupa seule le revers des monnaies, et lors du

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