ER NUMISMATIQUE
démembrement de l’empire, les souverains des nouveaux filais la prirent pour type de leurs monnaies, qu'ils fabriquaient à l'imitation de celles de l’empereur.
Pendant le moyen-Age, le type indispensable, général, c’est la croix; symbole quelquefois politique, religieux toujours; c’est le principe et la fin de toute action; ornement variable à l’infini dans sa forme, c’est la base presque unique de l’art. A plusieurs époques on trouve des monnaies qui ont pour type une croix sur chacune de leurs faces. Au ix* siècle, les rnis français donnaient une tournure cruciforme au monogramme de leur nom qui sert de type à leur monnaie, s’effaçant ainsi devant le symbole de la foi. Un type qui parut à la même époque, et que nous devons mentionner à cause de sa longue durée, c’est le temple chrétien. La légende qui l'accompagne: ximstiara itELicin, ne laisse pas de doutes qu’on y ait vu, non pas un simple monument, mais celte puissante Eglise immatérielle à laquelle le Christ avait donné le grand apôtre pour première pierre.
Lorsque les prélats eurent obtenu des rois les droits régaliens, ils prirent ordinairement pour type de leur monnaie le saint patron de leur église. Quelquefois, à l’exemple des seigneurs laïcs, ils ne firent que copier la monnaie du souverain. C’est ici le lieu de dire un mol de l imitation des types, qui introduisit sur les monnaies des singu-
iG APPRECIATIONS GÉNÉRALES
larités inexplicables pour qui n aurait pas celte
notion.
La conformité de types c|ue l’on remarque suites monnaies de quelques villes de l'antiquité lient, le plus souvent, à une communauté d'idées, de culte. Cependant il est certains cas où l’imitation servile est toul-à-fait sensible 1 . Au moycn-àgc, où la monnaie était souvent la principe source des revenus de celui qui la fabriquait, on s’efforcait de lui donner le cours le plus étendu possible. Pour cela on copiait le type en vogue; que ce fut le florin de Florence, le gros de Tour ou le sterling d’Angleterre, peu importe. On conçoit facilement quelles bizarreries résultèrent de celte coutume. Des évêques et des comtesses se firent graver sur leurs monnaies, à cheval, en armure complète et la couronne royale en tête. Le pape Clément IV fut obligé de réprimander certains évêques qui copiaient la monnaie arabe avec le nom de Mahomet, tandis que les sultaus de la race d’Ortok battaient des mounaics à l’effigie du Christ, de la Vierge et des empereurs*. L'introduction des armoiries sur la monnaie ne fut meme pas un ob-
(t) Les Lélradrachmes de Cvdonia de Crèle sont évidemment calqués sur cens d'Athènes. A Pharsale de Tbessalie, à Héraclée d'Ionie, on trouve des imitations de la Mioerve atlique.
(3) Une magnifique monnaie du cabinet de feu M. le duc de Blacas n'est autre chose que la reproduction servile d’un dinar du khalif Haroun Ar’Rasthid, avec l'addition du nom du roi de Mercie, Offa II.