‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 10 sur 37 · INDE. «SGOND AGE. IO · texte numérisé non relu

INDE. «SGOND AGE. IO

lui avait répondu que cela était impossible. — « Et alors Satyavrata s'adressa à Vishouamitra ,qui disait que Dieu était visible, indifférent aux sensations; que ses décrets étaient fatalement irrésistibles, et qu'il formait avec son corps des chosos qui, sans commencement , suivaient une loi de création, de puissance et de décroissance. — Et le Radjah le prit pour Gourou , et sur sa parole monta au ciel ; mais les Devas ne voulurent pas le recevoir, et son Gourou le fit remonter, et les Devas l'ayant encore renvoyé, il resta entre le ciel et la terre, la tête en bas (Ward). Et son fils Harischandra, qui étendit sa puissance sur toute la terre, était si pieux qu'il avait accompli quatre-vingt-dix-neuf sacrifices de l'Asliouamedha, et si libéral qu'il donnait tout ce qu'on lui demandait. — Et Indra, effrayé d'un si haut mérite, qui devait un jour mettre Harischandra à sa place sur le trône des Souargas, envoya Vishouamitra pour l'éprouver et tâcher de le faire succomber dans une de ces épreuves. — Mais ce fut en vain que le Gourou demanda au Radjah son royaume, ses richesses, celles de sa femme; il obtint tout, et, demandant encore, ii £brça le Radjah à se vendre , lui , sa femme et son fils. Alors cette famille royale tomba dans le dernier degré de l'abjection ; et après avoir été séparés longtemps, la Radjahny lie retrouva le Radjah qu^au moment où elle venait brûler le <K»ps de son fils mort, sans avoir une obole pour

payer le droit , et où elle implorait la charité de •on mari, gardien du lieu d'incinération; — elle ne le reconnaissait pas, et lui la refusait impitoyablement. Alors Vishodamitra, touché de tant de constance, icessusci ta leur fils, et leurperiiiit de retourner dans leurs états. Et puis, après quelques années d'un règne vertueux , Harischandra monta au ciel avec tous «es sujets ; et comme Indra fut forcé de descendre de son trône , il implora le secours dé Nareda; et Nareda demandant au Radjah quel droit il avait de se mettre sur le trône d'Indra , le Radjah commença à énumérer ses mérites ; et à mesure qu'il les énumécait , il descendait de degré en degré, jusqu'à ce que, s'étant aperçu de sa chute , il entonna la louange des Devas , et il s'arrêta là où il était, c'est-à-dire entre le ciel et la terre, ( Polier. Ward. )

On voit bien là comment s'opère la transformation de ce pouvoir politique Deva des Radjahs d'Ayoudiah , qm , séduits d'abord par une pensée d'immortalisation de leur matière, veulent inontér tout entiers au ciel avec leur corps , ce qui leur est refusé; et qui enfin, malgré tous les sacrifices les plus absolus faits à l'autorité spirituelle des Brahmanahs, ne parviennent, à cause de leur orgueil,qu à obtenir une place entre le ciel et la terre. — Or, c'est le véritable signe de ce pouvoir politique Deva ou pur des Radjahs de la race du «oleil , que nous alloHvS voir se développer pendant toute cette pé-

riode: ils vont , en efi*et,*se séparer de plus en plus de la race des Kchatryas Devas, d'où ils «orient, pour centraliser en e«x tous les autres pouvoirs , et donner au leur un caractère divin; et la pluralité des Kchatryas Devas, révoltée contre cette domination d'un de leurs anciens égaux, forcera les Radjahs à les subalterniser par la force , et à des exterminations sanglantes ^ qui font le sujet des grands |^mes que no\T& analyserons.

Maisr il restait à constituer le tfoisième pouvoir, que nous avons vu commencer à s'établir dans Pralhodia le Kchatrya Pâli ;^ protégé parles Kchatryas Devas, et\c'est/ceq%î est ntcocté dans leVahmana Avatara (incarnation en Brahmanah ) .

^ Après^Pralhodia, placé sm» le trône des Daityas par Nairasingha y régna son filf N^matchi , qui fut suivi de son lils Bali. Or, celui-ci devint tellement orgueilleux, qu'il lutta à main armée cantre Indra, pour le déposséder de son trône. Mais il ne put y parvenir, parce que Indra était défendu paf les trois grands Devas, et, voyant cela, il rétîolut de parvenii^ Ji cette haute puissance , en^uivairt le conseil que lui donnait Soukra, son Gourou, d'accomplir cent fois l'Asouamedha ( sacrifice du cheval). — Et, en effet, Bali allait accomplir le centième de ces sacrifices, lorsque se présenta à lui un Brahmanah, petit, vieux, infirme et pauvre, appelé Vahmana. — Il donna au Radjah sa bénédicti<Mi , ^^i demanda, pour sa part des libéralîtés du t?acri-' •

IIO UVRB II y CHàPITBE II.

fice^ un espaee de trois pas et demi y afin d'y bâtir sa cabane* — Mais le Radjab se moqua d'abord du pauvre Brahmanah, ^ui lui faisait une demande aussi mesquine. -— Cependant , sur Tobservation de son Gourou , il lui accorda sa demande, et aussi la promesse de infirmer son présent par le serment du San Calpsu — Mais, à mesure qu'en accomplissant ce serment, Bâli versait l'eau sacrée sur la main de Yahmana, la taille du petit Brabmanab s'aoeroissait^ grandissait y et devenait telle enfin, que de sa tête il perça la voûte des Souargas, et que^ d'un de ses pas, il mesura la terre, de l'autre les cieux, et du troisième les Pattatas. — Et alors , après avoir ainsi rempli tout l'univers , il ne lui resta plu^, pour obtenii^ le dernier demi-^as promis^ que le corps du Radjah, sur la poitride duquel il mit le pied, |)Our le précipiter dans l'abime. — Mais à l'instant Bali , s'attacbant au pied sacré de Yahmana, reconnut sa divinité et ne voulut plus l'abandonner. — Ce que voyant Yahmana, pour récompenser la foi de Bali, lui pardonna, et lui donna la souveraineté sur les Fattalas , #,u le monde inférieur. (. Folier* Ward. )

Or, vorlà donc un Daitya converti et transformé par la seule puissance de la parole, et qui, se soumettant volontairement à la foi orthodoxe , reçoit un pouvoir hiérarchique. — Dès lors il y a trois pouvoirs dans l'Inde ; l'un, Yahmana , le chef de la caste des Brahmanas, le Pourohita, le représentant

dts trois fennes de Brahmah ^ qui est tout puissant sur les trois grands esjlaqes du monde : les cienx, la terre et les lieux inférieurs , et qui réside à Casi ou BenlirtSé ^ Puis ses deux fils, ses deux agents politiques et matériels : le Radjah d*A joudiah^ qui a été rendu égal à Indra par la puissance du sacrifice , et qui , sorti des Kchatry as Devas, occupe, audessus de la terf e et dès hommes , un espace intermédiaire; et enfin le ïladjalh de Mavaliplotirab), qui sort de la caste desKehatrj^as Daityas, pour occuper atlssi un espacé intermédiaire aux Pattalas et à la teirejet régner, commeYama, sut léslieuxinférieurs.

Or, c'était là Une application à la politique et k la grande société indienne du dogrne thédlogiqdè et moral, qui avait été élaboré dans les travaux antérieurs-, et dontyoici la forme la plus générale, extraite du Manava-Dharma-Shastra.

La lettre A, la lettre U et la lettre M du monosyllabe sacré Aum (Brahmah), ont été exprimées des trois livres saints par Pradjapaty , ainsi que les trois mots : Bhour, Bhouvah et Seuar fia terre, Tatmosplière et le ciel , ou Vach).

Dés troisYedaSy Parameschti m extrait aussi ^ stance par stance , Tinvocation ap|>élée Savitry (ou Gayatry ) , et que voici :

I . Cette nouvelle et excellente louange de toi > Ô 9fïenàiàe soleil r t'est offerte par nous.

113 JLiVRfi. II, iOfl^MTRt II.

2. Que ma parole te soit agréable. A|)procèie cet insatiable esprit comme un homme passionné approche une iemme. /

3. Puisse le soleil, qui conteAiple et pénèti e toai» les moûdes de son regard , étr« notre protecteur.

1. Méditons «ur l'adorable lumière du divin conducteur (Savitry); puisse-t-il guider notre. intelligence.

2. Avides de nourriture,, nous sollicitons les présents du splendide et adojrable soleil. ^ . •

3. Vénérables hpmmes, guidés par le savoir, saluez le divin soleil par des offra^ides et des louanges.

Et voici comment le monde fut créé , d'après le Rig-Veda (Colebrooke As. Res. ) :

Alors il n y avait ni être, ni non être, ni monde, ni ciel, ni rien au-dessus, ni quoi que ce soit qui fût pour le bonheur de quelqu'un , enveloppant ou enveloppé; ni eau, chose profonde et terrible; la mott n'était point encore, ni rimmortalité , fti la distinction du jour et de la tiuit. -^ Mais Tad (lui), tespira en soufflant, seul avec Souadha ( elle ) , qui habitait en lui. Rien de ce qui a existé depuis n'existait autre que lui; il n y avait que ténèbres; l'univers était enveloppé d'obscurité ( Tariia ) ; tout était confondu comme les fluides mêlés dans l'eau;

Mbjs tette masse,' ooavierted'ufie éedrc% Ait k la kingue créée parle pouvoir dt k* cetetefiripbtknau — Cania (le premier désir )*ful d'abord foibaé^BS iou esprit) et il devint semetice primilfv^ide-Ii^ généraitioa fue les sages/ reconnarissant par leur intelligeiice dans leur coeur , distingafenten ooû^ •tre comme le lien deTêtre. Si, dans Fàcte àeH% ^atiou, les lamîneux^rayoiis étaient r^ttd«i& 114 milieu, au-desstfs, ou gw-dessous?-^ Cette semence productive eafià étantidevenueiirovidence fou Sine sentante) et rtetièfe (où ^lëxïvents ); Elie Cfàli est soutenue^en elle-toême était inférieure , «t Lui qtti la-surveille était supérieur. ' : ^l^

— Qui connaît exactement et pourra àéiAnét d*où et peurguoi cette création a pris naissance? Les dieux sont subséquents à la création de ce monde; alors, qui peut savoir d^où il procède, d'Où cet Univers varié s'est élevé , ou s'il Ée soutient^uimême ou non?*— Celui qui^au plus liant des cieui, est le régulateur de cet univers^ le sait en vérité; mais, aucun autre ne peut posséder cette cotmài»^ sance. , ? î

Cette victime , qui était tissée avec des fils dç cbaque côté et étendue jjkir les travaux de cent un dieux, les pères qui tissèi^nt et fAriquèrent et placèrent la trame eC le tissu, est adorée. Le mâle l'étend , l'entoure , et la déploie dans ce mondé et dans le ciel. Ces rayons s'assemblèrent à l'autel et préparèrœt ks sons sacrés et les fils de la trame.

Il4 iflYMS^n^ eXAPITRl Hk

•r^ Qullll^ était la. place de cette lâctime 4itîmi qi^^ IQM le» 4iémt saerifièrentj quelle étak êà S^ft»^^ ïjs^tnoiiS du ^^riflfie^ 1 WiBQMM;ie> le xn^ètre^ V&U9tèob «t la prièite? v i , jJiJtàk^rd ^ firt preduite la Gsâatr j (jprièf e ) avee Agpi (;le;fett)^ Sàteitri {l^ soleil )^ aocoaitMgii4 ||[lU^Bih^lxi^6rMre.dç yefs) { a{>rès„Soina spleodid^ (^l«.l^jp«)f atee Aauilitu])]^ et tived ^m prière^^ pendant que Yribàti aceômpag^ait la création pac 1% pfir^ de Yrilia^pati (planète .^ipiter)) Yirati ifÊt sçd^tenu par Mitr»' et Yardu^a ( ]g soleil et l'eau) { f^ais la moyeaQe portion du joui^ et Trishtubb étaient les inférieurs dlodrâ ; Jagati suivit tpus leâ di^i^^^^t par ce aacrifiae upiversel les. sages et les homnaes furent formés* — Quand cet aapien sacr(* fioe fur accompli, les sages ^ les hoiaifie» et bob aœétras dirent formés par lui.

. Sxaminant avëû un esprit oksérvafteur cette ebla^ tion que les saicits primitifs 0ffri!*ent^ je les honore* Les septsages inipiçés, avec des pfrières et déb actions d6§ir^ce,9 suijKsntle sentier de ces saints primitifs et pratiquent sagement, comme les cochers emploient l€u(S: rênêSi. # . •

Oti Toi^i comment est indiqué Teli^mhle du no«d? dans leNirouieta du Ri^Yéda. (As. Res.)

Jl y a trois Dévalas , dont les pl^oes sont la terre, ia région interntédkipe et le soleil. Pradjapati eât leur Dieu collectif} la syllabe Aum s'applique à chacun d'eux. — D'èutrea Devatas aj^artieimeitt à

feëè diverses tégidiis^ tiiais ils fontpaHîe éei dKetix. Ils ont des noms et des attributs divers eh rapport *tëe leurs aet^â ; maïs il y a seulement en Dieu : MàhAïi^iïhSL ( la gi^àûde âme). ♦

Et vdîfci cofijmerit Sont décrits les 'dëtâlfe Si JbÈidndê dans les Pèfuratias, et en particulier daiiS te Mâfkahdeyal-Pbùrâna et dans le BrahriiafiiPbûiJ rana. .

lia téire éfet circulaire et phië; ë Sdri eeritffe est le mditt Mérôu ^uî s'élète Ir quîùie tehts milléliëùe* àu'-desSuS dé la terre sdùà le no6i de Sdutoét^ou , et s'ëîifbrice tfautant au-desSbhls *>ttS lé iloifl de €3bttthèrou. -«-r^tfr lé UtioUt Wtérou àôiit les cîeîix dé Brarlimah , "Viehriou j Siia , Indra ( biëti du firma^ frtent) , Yâttië (Dteù des éiifef-s) , Agnî(î)ieii du feu), Nairita(fKfeù desifégîoris)^ Vnroùna ( Dieu dé rëku)^ Vajrdti (Dîeii du térit), GouTerË (Diéfcl déè i4*ch§«ë&), Ganesà (Diéù âvt ébmrtièree), et atiiti^ Diètix. ^^Itiâ^à eoftii^àndé ledgàrditns du SouÉtie^ #dtt,séj*ttr de fcteàiité et de bouBëut. ^[ârÈtâ térh^ iriaÉide ceu* dû tloUiftertyil , li(l?b hohrltlé, haMêa^ tiëh des déïïfimâ. Le Mérou est entouré de quatre ttidntagnes et dé È^pt doaijrtis entourées chsicuii# ff une' tner particulière. Mais dans un autre Kéu ,• il y a encore une cdntrée' à'bt aussi /large que lÉ ièfrt^, entourée d'une chaîne de montagnes appelée Ijoka-Eo)i:a; à FoppoSé est un lieud'obsciirité.

Les th)is s^ôurs de Brahmâh , de Viehnou et de 8i^ finement Ife tteâdé ihrisible, Lf. mondé viâBlë

Il6 LIVRE II y GRAPITRB II.

qui est au-dessous est lui-même divisé en trois parties : les Souargas , la Terre et les Pattalas*

Indra gouverne les Souargas, aidé par trois mille trois cents Devatas ou Souras^ soumis à ses ordres ; là dansent les Apsaras, chantent les Gandharvas , et les Kmnaras jouent des instruments. "-^ Lk, des jardins^ ou régnent un printemps et une verduve perpétuels 9 produisent des fruits délicieux.

Mais si au-dessus de la terre sont les Souargas , au-dessous d'elle sont les Pattalasou Naraka ou Yama-Loca, lieux de tçnèbres, divisés en sept ré« gions; il y règne une nuit profonde qui n est un peu échiirée que par les escarbouclts, qui brillent sur la tête des huit chefs de. la tribu des serpents.

Yama, roi d^ justice, seigneur des morts, peseur d'actions, habitç la ville de Yamapqjur où se rendent les âmes au moment où elles se séparent des corps. Yama les juge et les rémunère. Assis sur un siège devant lequel ses envoyés amènent les âmes , il tient un miroir dans l^iquel se peignent toutes l^^âcdons humaines. Il a à côté de lui deux lieutenants Kadbmala et Tchandra-Goupta, qui comptant avec des cailloux noirs et blancs les bonnes et les mauvaises actions ; et il dicte avec sa fourche Farrêt de chaque &me que Kachmala exécute à l'instant.

. Les âmes qui ont fait de bonnes actions vont dans les Souargas, où elles en reçoivent \% récom«^ pense; là se trouvent des jouissances de t6ute es^ gèce ; on a de grandes richesses , de belles U^mrM»,

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