‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 12 sur 37 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Histoire des Tatars. — Premier âge. — Origine noachiqae. — Second âge. — Tatares et Mongols. — Troisième âge. ^ Town-Hou et Hiong-Nou (Huns). — Bouddhisme.

Oa, voici ce qui est advenu du Bouddhisme, cette branche hérétique du Brahmanisme. Et comme la race Tatare est celle qui^ l'a réalisé , nous devons d'abord parler de l'origine de cette race.

Après que l'arche de Noé $e fut arrêtée sur la croupe du mont Gioudi, et que les eaux du dé«luge furent écoulées, ce patriarche divisa la terre habitable entre ses trois enfants: — Kham (Chus) fut envoyé dans les Indes ( Arabie et Ethiopie ) ; Sem ( Elam ) eut F Yran ( Perse ) , et Japheth ( Janus ) habita dans le pays de Kuttup Schamach ( le nord et l'orient de l'Arménie ). — Or, Japheth était chargé de l'instruction des peuples qui devaient lui être soumis , et il était destiné à leur enseigner le véritable culte. — Son père, avant de l'envoyer aux lieux où il devait habiter , lui donna une pierre ,

HIS70IKB DBS TATARS. iS^

sur laqaelle était écrit le nom de Dieu, nom mystérieux, qui était ce qu'il j avait de plus essentiel dans la religion et le culte divin. Et cette pierre avait la puissance de»produire ou de faire cesser la pluie , selcai les besoins l|ue Japheth en avait; et cette pierre a été usée :. mais ^ par une espèce de génératioD, elle en a reproduit d'autres, qui sont encore conservées j^ujourd'bui'chez les Titres orientaux, sous le même nom, et comme, douées dqn mêmes v^rtu& — Or , Japbeâi campa aux environs des rivières Etel ou Volga et Ja'ik , et là il instrui* ât: ses enfants , tant datili la religion que dans le gouve«aement et la police de leurs familles, qu'il avait établies en mariant les firères avec les sœurs , selûft l'usage des plus anciens patriarches; et Japfaetb eut, suivant les uns , trois fils , suivant les autres, huit et même onze , quijsont : Turk; Zwin, ou Tchin,ou Gin, ou Sin; Sçclàb ; Rouss; Maninacb, ou Mansehouge , ou Mameluk; Gamari , on Gomari, ou Keimak; Kozar, ouGhars; Taradge; Sadessan ; Gaz et Khalag. *

Or , Turk fut choisi par son père pour élre le chef de. toute la nation , à cause desoia esprksuh périeur , et reçut le nom< de Japheth Oglanvll io* venta beaucoup de choses utiles , et antre autres les teilles.

Zv^in €>u T:chia fut le père des Ghinoîs , k qui il «QSiëigna l'art de la peinture» de la sculpture, et la préparation de la soie.

i58 LiTM II, imApnrfti m

Rouas fat le père des Russes* D'un naturd in* quiet et turbulent, il fit souvent la gueire à son frère Kosar, et le força à lui abandonner les tles du Volga ; c'est lui qui fit semer le maïs , appelé par les Turcs Roqss et Borlgar. .«-^ Puis il fit des lois inji^tesettjranuiques^ et il 6ta aux miles la aaeoeisioa aux biens du père , pour la donner «hk filles 3 ne laissant pour tout béntage aux homiMi qu'une épëe.

Maninak ou Mstmelouk , fut le père dtt Seylbas Y^i^uge et Magionge»

Gamari vint habiter près, eu fleuve Volga , où il eut dèlix enfants^ nommés Rulgar et Bethas^ qui fondèrent chacun une ville de leur nom.

De Kosar ou Chars despendent les Kc»Mriena« . Taradge y. Sadessan ^ Gasi €t Khalag , sont les pères des Turkomans,

Op» Turk y après avoir longtempe habité un lieu tfès-rcsserré , voulut étendre sa &mille dans les eiivirons, et alla se fixw du côté de TOrient» snt les •bords d'un grand lac entouré de collines ^ d'où sor» uient des loure^s d'eau vive y et quelques ^^ nnes xnéme d'eau chaude y qui se répandûent dans nne bdt«prairie> et ce lae est appelé Issikol on Sil«iik<H| 4tt se trouve près du fleuve Ui et teif Hareas. -^ Or, il ne fut employé à la construction de la demeure de Tuitk 9 ni pierre, nimiM^bro , maia seulenaent du Jbois et de la terr*. -r% Et Turk, ayant établi là sa demeure et sa cour royale y fut le premier qi|i p^rtâ

itiflvoiftf 0BS tatam; 169

les sifpieBde la royauté , et il gouverna m famille avec prudence et justice. --^ Les lois qu'il fit, nom^ tnées par le$ Mongols Jassa ou Jassak , OQt été t^ nouvelées et augmentées dans la suite des temps par<reDgis Khan. «^ Or /tous oeiut qui contre* viennent à ces lois tombent dans le Jiœsa y et sont punis irrémiMblemeqt , selon leurs crimes , ou df la Ynort ou du ibuet y les deux seules peines ordon» nées par ces lois.

Et Turk eut quatre fils t Taunak ou Toulok , Zakale ou GengW^ Barsegia, ou Bercaxav, ou Piri- Scheher; et Jlak ou Àmlak.

Et TauiMA, qui sueeéda k Turk, fy% remplacé par Umingé-Khan ou Bttcki<-Kan , qui ajouta des lois à x^elles qu'il avait reçues de son père , et fit fleuriï*^ ar tous seft états Tordre et la justice. **^ Et Dibbaeoui^Khan , son fils, étendit beaucoup son royaume^ et amassa de grandes rkshesses qu'il dis*tribuait-auK autres^ en ^;»éme temps qu'il faisftit exécuter ses lois avec une grande sévérité. '^ Mais Oaiouk«Khan y son fils , s'abandonna à la vîolenûe et à la débaiiebe , et sous le fils À^ celui<-ci , AUngo» Hfean y les enfants de Turk vécvent dans une si grande abondkno» 4|» une^ A grande prospérité» qu'ils ouUiàfent les exemples de leurs pères > ^* bandonnèrent k toutes ^rtes de vices et à ridolà«> trie» en adorant dee staftues de leurs parents. *^ Et Àling«4[ban eut deux Als jumeaux, Tatar «t Mogul» entre lesquels il pa^^gea ses états. — Qs véonvwt

l6o LIVRE II y CHAPITRE HI.

eu bonne intelligence et en princes prudents et justes. «— Mais leurs successeurs ne les imitèrent pas : ce qui occasionna des guerres sanglantes entre les Tatars et les Mogols, qui tirent leur nom de ces deux princes. ( Deguignes , Herbelot. )

Et c'est là rhistoire du premier Age pour les peuples Tatars y et les deux premières périodes du second sont occises par deux listes <ie sept noms royaux, dans la postérité de Tatar et de Mc^uL Après Tatar viennent : Buklia-Khan^Bilingeh- Khan , Issali^Khan 9 Attaisir-Khan , Ordon-Khan, Baidou-Kfaan et Siuntz-Khan. .

Après Mogul^il y a Kara-Khan, Ogouz-Khan, Ghun-Khaii; Ay-Khan, Hdouz-Khan, Mengheli- Khan , Tongour-Khan et Ill**Khan.

Or, Ogouz-Khan abolit Vidolàtrie, etreconnutun «eul dieu , créateur du ciel et de la terre, etayaat conquis les Chinois , leaTatars , les peuples des bords du Tin ( Tanaïs ), de TËtd et du Jaik, et aussi dans l'Asie centrale , riram , la Syrie, l'Arménie^ etc., il divisa sa natioi», les Atraks ou Turcks orientaux, en vingt-quatre peuples différents, qui se répandirent aux deux ootés de son camp , sous les deux noms de Berengar et de Gionangar , divisieli qui est toujours restée entre les races et les inbus, qui ne s'allient point entre elles. — Or, les principales de ces nations sont les Turcs, les Ouigours, les Canghelis, les Kipschaks, les Cagelaks et l^Tamgages.

HISTOIRE DES TATAAS* l6l

£t la lutte des Tatars et des Mongols est trèsvivante et très-animée pendant ces <Jeux périodes y et surtout pendant la fécond^, où après plusieurs Klians de chaque natio» y <{ui transmettent toujours à leurs successeurs la guerre à faire à l'autre nation, viennent Siuntz-Klian, chef des Tatars, allié de TouTj-fils de Ferijiou», roi de Perse, et Illkhan, chef des Mogols, quise rencontrent dans une bataille si terrible , que , de toute la nation des Mongols , il p échappe que Kian , fils dlllkhan , et Tegon^yton eousin, qui se retirent avec le^rs femmes dans la monJ;agne £rkenek-Koun.

Or, les deux fugitifs ayant trouvé dans la mon-« lagne une b^Ue campagne, s'y fixèrent, et leur postérité devint bientôt si considérable , qu'il fallut aller Aercher demeure ailleurs, et que tout le peuple, sortant de la montagne, retourna dans ton ancien pays, s'en rendit maitre, et rétablit l'empire des Mongols.

Et oe fut sous le ithan Jouldou2 Khan que tette sortie arriva; et il avait été précédé de plusieurs Khan^ quiavjMent gouvei^né le peuple pendant sa retraite , et qui étaient au nombre de di^. -

fit Alancava, ,petite-fille de Jouldouz-Khan, ayant conçu d'un dieit, accoucha de trois fils : le prte*mier,.Boukoun-Çabaki, d'où descftndeftt les Tatars Gabakin çt Kapgiak; le second, Bousquin Salegé, d'où sont soi^-is les Selgio^eides; et le tpdiisième, Bouzangir, Khan des IVfbngols , dans la

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lignée duquel se trouve, après oinqKhaii^^Tboumnali JChan , doQt les deux filg, Kilkhan et Fagiouli , sonl» suivis : U premier, après quatre Khans, de Gengis Khan ou Tchinghi* Khàn, et le seconé , après seprKhàns, de Tamerlan ou Timour.

Or, Alancava commence le troisième âge , et ses descendants, Gengîs Khan et Tan^^lan, constituent politiquement fe Bouddhisme. (Deguignes.--^Her* belot.)

Et dans l'autre ligne tatare , depruis Siuntz , le des^endanlde Tatar, l'allié de Tour le Perse, fils de Feiidoun , et le destructeur des Mongols ^ jus^ çu'à ïeouman f empereur des Hioum Nou, qui ^vivait environ deux siècles avant J.-G. ; on ne trouve, comme traditioa, que les noms que les Chinois donnèrent successiyement à xe peuple , tels que ceux de Chan-Yong , barbares 4^s montagnes,, sous Teippcreur i ao ; de Tchong-Hio , sous la dynastie desHia; de Kuçi-Fang, contrée des esprits, sous la dynastie dej» Cham { de Hien-Yun , sous celle des Tcheou ; et de Hiong-Nou ou Hioum-Nou , sous la dynastie des Han , et «es derniers sont ceux que les Européens ont appelés Huns.

Toujours, en lutte et en guerre contre |a Chine, dont cfS'populations nomades désolaient les îtifa*" tièt^ea , lés TAtars reçurent de ce pays plusieurs «migrirtions qui correspondent à l'intervalle qui sepère les deux pretnières périodes du sejçondâge, époque où nous 'avons vu si souvent sortir de nou-

HÎSTOIR* DES TATARS. l63

velles migrations de» anciens centres. — De ces bandes expulsées de la Chine, Tune, commandée par Yen-Yue, fils de Tempei-eùrKao-Sin , constftuâ les Tatars orientaux sous le nom de Tnum-Hou ; l'autre, menée par Chun-Vei, fils d*uia «empereur de la dynastie des Hia , qui s'était enfui en Tartarîe, rassembla les Tatars o(îcidentaux , sous le ilom de Hiong-Nou.

Et les Toum-Hou avaient fondé un royaume très-considérable et une nation puissante, mais qui fut détruite Miviron trois Siècles avant Jésus- Christ par les Hiong-Nou ou Tatars occidentaux. .— Et les Chinois , toujours plus obsédés par ces hordes turbulentes, -se décidèrent à se séparer complètement d*elles par une grande muraille qui , commencée sous différents empereurs , fat surtout augmentée par Chi-Hoang-Ti. — Mais à sa mort , les Hiong*!Nott reprirent en Chine tout ce quils avaient perdu , et s'élevèrent à un haut degré de puissance sous Iteurs empereurs Teouman et Mété ; mais leur empire, après diverses alternatives > fut enfin détruit au commencement de l'ère chrétienne, et les Hiong-Nou se dispersèrent en allant s'unir à d'autres tribus Tatares , comnnte les Sienpi orientaux et les Baskirs occidentaux. — Les Huns orien-^ taux ou méridionaux, alliés des Sien]^, fondèrent alors un noiTvel empire , i^ui lutta encore avec la Chine; tandis que les Huns occidentaux ou septentrionaux , repoumés sans cesse vers l'occident par

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les Hunsderorieaty poussèrent aussi devant eux les Alains , et se répandirent enfin sur TËurope sous les noms de Huns et d'Avares, et ne furent détruits que sous Charlemagne.

Il y avs^t chez les Tatars (quatre grandes fapiilles nobles; la première était celle du Tanjou. — Le Tanjou, ou fils du ciel, avait sous lui deux principaux officiers ou Yam, qui gouvernaient , le premier à gauche, l'orient jusqu'à la Corée; le secbnd à droite, toits les peuples qui s'étendaient à l'occident^ Il y avait douze grandes charges divisées en droite et gauche. «— La nation était di-* visée en vingt-quatre corps de troupes commandés par vingt -quatre officiers et une hiérarchie d'autres. — Ces peuples nomadesfaisaientpaîtrede nombreux troupeaux , dont la chair et le lait les nourissaient; pendant Tété ils habitaient les plaines du Nord , pendant l'hiver celles du Midi.— Le nombre des femmes n'était point limité, ni les degrés de parentés observés dans le mariage , pas même la paternité ni la maternité. (Deguignes.)

HISTOIRE M LA CHINE. l65

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