HISTOIRE DB LÀ GHIUB. * I
reléché, il alla dans la principauté deTcheou, où 0a réputation de sagesse attira autour4delui de nombreux princes qui se soumirent à lui; et sa' puissance étant fort augmentée, soii fils You-Vang marcha contre Gheou-^Sin , le défit , et ce dernier se brûla dans son palais aVee tout ee qu il avait de précieux. — Tan-Ki fut mise à mort, et Vou- Vang établit la dynastie des Tcheou, troisième de cette période, et s'appliqua à organiser l'empire, à protéger le commerce, à récompenser les sages, et à établii' des communicati(»is ayec tous les peuples voisins de la Chine, au nord, au sud, à Test et à Touest. — Et il y eut , ensuke de cette race jusqu'à Ping- Vang , douze empereurs , sous lesquels, après le rétablissement de l'ancienne morale , de l'application des peines par des formes judiciaires, des moyens de se racheter des chàtiméntspar des amendes , arrivèrent une suite de malheurs, tels que des invasions deTatars, des révoltes de peuples, et d'une multitude de petits princes qui se tsréèrent indépendants; des sécheresses, des débordements, des éboulements de montagnes , et enfin tout ce qui peut rendre un pays malheureux.
Et cela arrivait parce que l'on était à la fin de la seconde période du second âge , où toutes les nations furent fort troublées par de grands malheurs.
Mais Ping- Vang , le fondateur des Tcheou orientaux , première dynastie de la troisième période , que suivent les dynasties des Ta-Tsin, des Heou-
Tsin, des Si-Han et des Tong-Han, pour compléter cette période, n'eut pas plutôt cherché à rétablir quelque unité , que de ^ nouveau de nombreux rois se déclarèrent indépendants , et trois d'entre eux même se firent Pa; et cela amena pendant les dix empereurs suivants, qui continuent cette dynastie après Ping-Vang , des guerres terribles, des irruptions de Tatars et autres maux. ( Chou-King. — De Mailla.)
Mais sous les derniers paraissent successivement les deux réformateurs religieux , Lao-Tseu , et Kong-Tseu. (Kong-fu-tsé.)
Lao-Tseu , après avoir fait naître toutes choses du Tao, la grande raison, la mère de l'univers, être immense, silencieux, immuable, immobile et toujours agissant, a pour but direct de constituer l'individu au point de vue spirituel et moral , en l'entourant d'esprits qui sortent de son corps pour aller à chaque instant raconter au ciel les fautes de l'homme; et la plus grande faute, c'est de ne pas vaincre ses passions; le bien, au contraire, c'«st d'être compatissant, sincère, pieux, humble, modeste et généreux ; et la paix est toujours préférable à la guerre*— «En faisant cela, l'homme peut devenir immortel du ciel ou immortel de la terre, n faut treize cents bonnes actions pour pouvoir monter au ciel et voler dans l'air comme immortel du ciel : mais il n'en faut que trois cents pour être immortel de la terre; alors on arrête le cours du
temps et on jouit de la vie éternelle, (Tao-te-King.) — - Et les sectateurs de Lao-Tseu s'appelèrent Tao- Kiao, ou les immortels.
Kong-Tseu (Kong-fu-tsé), reconnaissant que l'origine de toutes choses estTai-Kie , la nature y la mère de tout, Tabime ou le chaos, et Li la loi, Fêtre réel; mais que Chang-Ti, le grand être, est antérieur, «îmultané et postérieurà Li ; dit que lorsquel'homme est parvenu à établir en lui Véquilibre et la juste mo« dération de l'invariable milieu entre la passion et la raison , et que par^là il a rétabli la clarté naturelle de son esprit et bien réglé ses mœurs et sa conduite, il doit entreprendre de renouveler les autres. Mais dans cette entreprise il faut suivre un ordre, il n« faut pas que le zèle de l'hommç se porte indistinctement vers tous les hommes^ et qu'il embrasse à la fois tout l'empire ; ceux qui composent notre maison^ nos parents, nos consanguins, nos voisins, doivent être le premier objet de nos soins. •—» Comment, celui qui néglige sa maison, pourrait-il établit* un bon gouvernement et la paix dans tout l'empire, qui doit lui être beaucoup moins cher que sa maison , sa famille y ses voisins et ses amis. *— Les hommes sont protégés par de$ esprits du chaud et du froid. — Les âmes, formées d'air subtil et de vapeursignées, viennent du ciel et y remontent après la mort; mais il y a d'autres lieux de séjour pour le% âmes; les unes vont dans les animaux, les autres dans des monts éloignés, les autres aux eii-
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fers. — Et les sectateurs de Kong-Tseu s'appelèrent Yu-Kiao ou les lettrés. (Les Sse-Chou.)
Sous les vingt empereurs qui terminent la dynastie des Tcheou , on voit d'abord apparaître la proscription , comme nouveau châtiment^ puis des luttes de famille , et enfin une insurrection générale des petits princes qui se lèvent indépendants; et au milieu de ce désordre , que les écrivains chi- Bioisont appelé royaumes combattants, paraît Meng« Tseu, sectateur et* applicateur de la doctrine de Kong-Tseu, qui gourmande les princes, les rois et l'empereur lui-même, en leur enjoignant de consulter le peuple pour appliquer un châtiment et accorder une récompense , car alors seulement on pourra dire que c'esl; le peuple qui a nommé ou fait périr ; et même un sujet peut tuer un souve-^ rain qui outrage l'humanité et se révolte contre la justice , car c'est lui qui est le brigand et le rébelle, il n'est plus prince. — Et, dit-il à un roi , n'est-ce pas faire dévorer vos sujets par des animaux , que de faire regorger vos cuisines de viandes, et de remplir vos écuries de chevaux , quand vos sujets meurent de faim , au milieu des champs ? ( Meng- Tseu.— In Noëh)
Ces plaintes étaient loin d'être sans fondement , oar la dynastie des Tcheou fut détruite par ceux-là mêmes qui étaient venus pour la secourir contre les révoltés, et c'étaient les Tsin qui fondèrent uâe nouvelle dynastie , soua le nom de Ta«Tsin , suivie