‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 17 sur 37 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Histoire du Bouddhisme et du Thibet. — Dogme Bouddhiste du Népal. — Etablissement au Thibet.— Modifications du dogme. — Tchin-ghiz-Khan. — Lama. — Tamerlan. — Dalaï-Lama. — Hiérarchie Lamaïque.

Or , en faisant l'histoire de l'Inde , nous n'avons parlé du Bouddhisme qu «& rapport avec cette histoire, parce que le Brahmanisme l'gyant presque entièrement expulsé, cette religion se constitua dans le Népal, au pied de l'Himalaya , et s'étendit ensuite en Chine, chez les Mongols, dans le Thibet, à Siam, au Japon , dans le Tonquin, aux îles de la Sonde, etc., et c'est à propos de l'histoirjB de la race tatare, qui a le plus contribue à la réaliser, que nous avons dû remettre de tracer brièvement sa marche.

Or, Bouddha Avatara , pour les Siamois, les Chinois, les Tibétains, etc., descendit dans le corps de Mahamaya , femme de Soutah Dannah , Radjah de Magadha (Behar); l'enfant noir etfoîsé, qui en

HISTOIRE DU aOUDDHiSMi flT DU THIBET. l^}

naquit, marcha à sa naissance, fut reçu par Brahma, qui le remit à Indra, et appelé Sakya; il avait une roue sur une main. Il se maria, eut un fils^ puis se retira en mendiant dans une forêt , où il fut tenté par des jeunes filles et attaqué par des Asouras» Victorieux des uns et des autrses , il reçut cinq écritures du ciel , et après des jeûnes et des pénitence^ sous le figuier sacré , il revint dans son pays , où il gouverna avec soin et équité, et présida les Radjadhs^ — Puis sept cents ans après sa mort , ou trois cents ans avant J.-C, et après douze pa-ç triarches, vint le saint maître Bodhisatouai trèsintelligent, très-victorieux, tout puissant, né de la bouche de Bouddha. — Vers le mâipe temps aussi il y eut un saint personnage pppelé Nagan-Djouna ^ qui recueillit et rédigea les doctrines de Shakya Mouni ^ travail que reprit et continua , au commen^ cernent du troisième âge et de Fère chrétienne | Turbil Ugéi Bodhisatoua. (Abel-Remusat.)

£$ alors le premier établissement du Bouddhisme, 'dans le troisième âge ^ se fit au Népal, et puis il fut expulsé^xlç l'Inde , et s'étendit dans U Chine et le Thit>et, et cela arriva vers le cinquième siècle après J.-Ç., et enfin le Lamaïsme s'établit^ et ce fut vers le treizième siècle^

Orj^vwci d'abord comment le dogme Bouddhiste s'est constitué dans le Népal, et comment il «est transformé et appliqué ensuite.

La plus grjinde loi morale est de rétablir le repos

i^a LlVAJB n^ CHAl^ITftfi Yl.

universel , troublé par la première faute des hommes; et voici comment :

II y a d'abord Adi-Bouddha ou Bouddha , être suprême, mâle, intelligent; puis Dharma ou pharmaja femelle, productrice, loi ou connaissance; et enfin Sânga ou Sangaja , leur fils, procédant de tous deux, activité, union et lien. — Ces trois êtres sont réunis dans la syllabe Aum. Dans la lei so* cialeouleculte,ilssotit:Bouddha,puislaloirévéléey et enfin l'assemblée des sectateurs* de Bouddha. -— Or, Bouddha, voulaixtde un devenir plusieurs, créa cinq Bouddhas, qui créèrent chacun un fila, ou Bodhisatoua, lesquels doivent sHncamer pour devenir Bouddhas , et habitent un espace qui renferme tous les germi&s des êtres futurs, avant qu'ils se dispersent dans la matière, pour se purifier, se perfectionner, et venir se réunir à l'espace lumineux. — Des cinq Bouddhas qui sont toujours confondus avec Adi-Bouddha , !• cinquième, Padma-Pani^ a créé ïe monde par ordre d'Adi-Bouckttia; de cette création sont sortis : Brahma le créateur , Vichnou le conservateur, etMahesa le destructeur; puis Indra, Agni, le soleil^ la lune, les étoiles, etc. , puis la terre , et enfin les demeures desDaitjas. — Et au commencement, la terre inhabitée n était visitée que par des habitants d'une des demeures de Brahmah; et Adi-Bcfuddha ayant fait naître en eux le désir de manger, ils avalèrent delà terre, qui avait le goût ii'amande ; ce qui Ifur fit perdre

HISTOIRE DU BOUDDHISME ET DU THIBET» igS

la faculté de remonter au séjour céleste ; et ils demeurèrent sur la terre. — Alors ils mangèrent des fruits , et de là leur vint le désir de s^unir , et ils s'unirent sexuellement ; et c^est ainsi qu'a commencé le genre humain ; et c'est tout cela qui troubla Tordre, — L'âme est une particule de l'essence d'Adi-Bouddha , ne change pas, ne périt pas; le corps ^ formé des cinq éléments , change et périt. -^ Le bien, le mal, et ce qui est au milieu, naissent des trois personnages, incarnation de Padma-Pani. — Il y a dix»- espèces d'actions mauvaises; comme actions: l'assassinat, le vol , l'adultère; comme paroles: le mensonge, la calomnie, l'injure, l'excitation aux querelles; comme pensées: l'envie, la haine , l'incrédulité.— Lés dix actions bonnes sont le contraire. — Les dix actions mixtes tiennent de l'un et de l'autre. — Le mobile des bonnes actions est d'honorer Bouddha, et d'obtenir l'exemption des transmigrations. Ceux qui agissent ainsi iront un jour s'absorber dans Bouddha , et , à cause de cela, ils sont déjà Bouddhas; ils sont la somme de tous les pouvoirs, la sagesse universelle. — Et ce sont les actions elles-mêmes, et non le jugement de Bouddha qui déterminent la destinée future des hommes, ^odgson.)

Mais après que le Bouddhisme fut resté jusqu'au cinquième siècle dans le Népal , où il éleva des pyramides et des temples magnifiques , le vingthuitième patriarche, qui s'çippelait Bodhidarma , et TOM. i, ' i3

r^i UTRJS n, GHAPITEE TI.

qui régnait au nom du quatrième Bodhisatoua f émigra en Chine, où déjà le Bouddhisme avait pénétré antérieurement , et où il fut reçu avec honneur ; il mourut en disant : Je suis venu dans ce pays pour étendre la loi et délivrer les hommes de leurs passions; chaque fleur produit cinq pétales qui se nouent en fruit.

Environ un siècle et demi après , une formule à peu près semblable fut apportée de l'Inde dans le Thibet , en même temps que l'Écriture, par Samb- Ixodha; et le roi Srong-Bdzan-Gombo, qui était jcomme le père et la mère de son peuple, fit apprendre à ses sujets les six syllabes de cette formule : Ont manipadmé houm ; — Om ! le joyau dans le lotus, ainsi soitnL

Cetje forme est particulière au dieu Djan-Raï- Ziigh, ou Avalokitesvara , qui est le protecteur spécial du Thibet.

Ce fut aussi vers le milieu du septième siècle que l'image de Bouddha , sous le nom de Djoo- Shakya-Mouni , fut demandée dans l'Inde par une ambassade chinoise, et accordée à la. suite d'un miracle de cette statue , qui tourna la tête du côté de l'orient. — Cette statue, qui représentait Boud* dha, les jambes croisées, assis sur une fleur de lotus, fut, plus tard encore, transportée de la Chine au Thibet , lorsque la sainte loi , apportée parTonmi-Sambhoda et An^anda, eut répandu une splendeur éclatante sur le Thibet et sur le genre humain. (Abel Remusat»)

HISTOIRE .mi aOUDBHlSHB ET DU THIBET. I^jS

Or, depuis Srong-Bcban-Gonibo^ lé ittt <{ui ^o-

pag>ea le Bouddhisme dans le Thibet, et Tavmée

de Djoo^bakya'rMdum , jusqu'à Tcbih-Ghiz-Khanv.

il y eut encore dès événements dignes d'être notés;'

ainsi , 1 e roi thib^taiâ pker^Boris-Kli^tou-'Kbad y

persécuta cruellèoieot le BouddUsnte date ..se»

états; et ^uis TinDikge Djoo fit plûsieucs xniraMslés}

et puis naquit le Kk>ubilkhan Bran^-Baltcbi, re^

gardé comme une incarnation de la divinité Avala*»

kitesvara, et on fonda plusieui^ oouv«nts; et pui»

encore naquirent plusieurs Kboubilkhads, dont

Tun porta la Jioi de Sbakya Mouni^këz des nations

étrangères; «et un autre fût appelé 1^ Lion de la

Loi. -—Et aussi, dans ce temps^là, eut Heu Une

incarnation divine dans une femme , appelée

Phaghmo-Bjoubbha, et adorée sous le nom dé

la sainte Truie, dans un couvent du Thibet. ^--^

Enfin , dans le douzième siècle , après Jésus-ChrisC,

naquit le monarque et Koubilkhan Tchin-Ghiz-

Kixan , considéré par les Mongols comtme une in-^

carnation divine. ^

Mais pendant ce temps le dogme Bouddhiste

avait éprouvé des modifications; ainsi , il y en

avait qui étaient venus à considérer Adi-Bouddha

comme Fauteur et le créateur imnciédiat de toutes

choses, qu'il coùserve , tant qu'il ne détourne pas

d'elles sa face , car elles sont anéanties lorsqu'il le

fait , et il ne reste que lui seul, r— Or, Adi-£ouddha

était confondu là avecBrahma Yidmou etMahésa^

et il allait bientôt aussi être confondu avec le inonde lui-même et tout ce qu'il contient , car il y. en eut qui dirent ensuite que les formes n'étaient qu'une pure apparence, qu'une illusion (Maya); et d'autres, au contraire, dirent que les formes étaient seules la réalité ; enfin , il y en eut aussi qui dirent que Adi-Bouddha, quoique contenant toutesles créatures vivantes, était cependant distinct, et d'autres soutinrent que le même dieu était , dans chacun des élres multiples, la volonté que cet être ei^écutait. (Hodgson.)

Tamugin, descendant de Jouldouz-^Khan le Mongol, fut d'allord général d'artoée de son beau-père Avenk-Eban, puis chassé de la cour; mais, étant revenu avec de nouveaux avantages, il soumit toutes les tribus de Tatars et de Mongols , dont il réunit les seigneurs dans une assemblée générale , où le prophète Tubi-Tangri lui décerna le titre de Tchin*Ghiz-Khan , et lui donna pour signe un étendard blanc. Alors il étendit ses conquêtes dans l'ouest de l'Asie , et étant revenu dans son pays , Ordou-BaUgh , il divisa les fonctions gouvernementales entre ses quatre fils; il fit une loi sociale en huit préceptes, et fit encore d'autres grandes actions.

Or, ce fut par lui que se touchèrent la religion de Bouddha, qui s'était répandue à Siam , au Tonquin, au Japon, à la Chine et dans le Thibet, et la religion des Tatars, dont Tchin-Ghiz-Khan venait d'étendre l'influence politique sur tout le nord

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