CHAPITRE n
HISTOIRE DES ILES QCÉAinQUBS.
Polynésie. — Dogmes moraux. — Théologie. — Hiérarchie sociale. —Mœurs. — Mélanésie. — Tjhéolcçie. — Mœurs. — Iles Célèbes , de la Sonde. — Palis. — Malais. — Temples.
Or, lorsque la colonie sémitique du premier Sem arriva dans l'Inde , et que la partie élevée et la plus spiritualisée se fut arrêtée vers l'Himalaya , il y eut des rades , ou inférieures , ou bâtardes , ou esclaves, qui se détachèrent ou furent chassées, et continuèrent leur route vers l'Orient , comme c'était la loi de Sem.
Et l'une d'elles , continuant sa route par terre , passa le détroit de Behring , et se répandit dans l'Amérique , dont , un peu plus tard , l'extrémité nord fut occupée par la dernière pointe de la race tatare, sortie du centre de Janus l'Arménien , ou le second Japheth, et dont nous venons de parler.
Et une autre race sémitique se porta de proche en proche , en se fractionnant , dans les îles de
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rOcéanie , qui vont vers rOrient, et qui forment la Polynésie , tandis qu'une troisième race, noire , inférieure encore aux deux autres et formée de la portion de la race de Cham dévolue comme esclave à Sèm et à Japheth, se fixa dans les lies de la Mélanésie, telles que : la Nouvelle-Guinée , l'Australie et autres Ues , où se retrouve encore aujourd'hui cette population nègre.
Et comme nous parlerons plus tard de la colonie qui a été le plus loin et a peuplé l'Amérique , nofis dirons d'abord ce qu'on sait de la race qu'on a appelée polynésienne ou malaise.
Cette population s'est tellement fractionnée en petites iles indépendantes les unes des autres , qu'il est impossible jusqu'à cette heure d'en saisir la tradition générale.- — Seulement il y eut un temps de dieux terrestres ) fils de dieux ou de déesses célestes, et d'où descendent encore aujourd'hui les races nobles. — Puis est venu un temps de la formation des hommes par ces dieux secondaires; puis des destructions par l'eau , des déluges causés par la colère des dieux, que suscitaient des outrages faits à leur dignité ; et la salvation ou d'un oiseau , ou d'un homme et d'une femme ^ accompagnés de quelques animaux , comme : chiens , cochons , poules » et qui ont repeuplé les îles. £t ces nouveaux
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habitants se mirent à vivre en communication avec les dieux et les ei^prits qui se trouvaient encore sur €ès îles.
Des traditions morales montrent aussi une femme |mnie par son mari pour crime d'adultère , et des cérémonies expiatrices ou jeux institués en réparation, avec promesse du retour d'hommes blancs sur des iles flottantes , couvertes de fruits et d'ani'maux. --^ Un autre de c^ dogmes moraux , qui se reacontFe dans les iles Tonga , proche de la Mêlaxiésie , rapporte la lutte de deux frères , dont l'un^ l'aîné , paresseux , tua l'autre , pour avoir le produit de son travail , et fut condamné par le dieu Tangaloa , leur père , à être noir, à avoir l'âme mauvaise, et à être privé de tout ; tandis que la famille du mort fut envoyée à l'est sur des pirogues, et, blanche comme sa belle âme , fut destinée à devenir habile en toutes choses. (Dumont d'Urville. )
Les Polynésiens reconnaissent une nombreuse hiérarchie de Atouas ou Hotouas, depuis la première puissance théogonique, qui est Po, la nuit, ou Kala*Foutonga, divinité femelle terrible et céleste, jusqu'aux derniers Waïdouas , ou esprits des hommes. ^— Les uns et les autres peuvent sortir du Bolotou , pour apparaître sur la terre sous forme d*animaux, ou de souffle , de rayons du soleil, etc. ; pour s'introduire dans les idoles et les images qu'on fait d'eux , ou pour inspirer les prêtres et conseiller teurs parents et leurs amis.
Chaque élément^ chaque race (f animaux, chaque ile , chacpie famille , a sou dieu particulier , objet desinvocado06..De8 e^its de ténèbres sont au^i chaînés de tourkneuter leâ hommes.
Le Waïdoua ou âme , qui réside dans Toeil gki^T chey se sépare du corps, au moment de la mort, par une espèce de déchirement ; il reste trois joui^f à voltiger autour du cadavre , puis il se rend s^ rocher Reinga, où un Atoua le saisit et le mène au Rangui , pour y passer son temps en festins et en combats toujours glorieu:!^ , s'il a acquis de la glç|ii)ç dans les combats; si , au contraire , il a succoniM devant Fennemi avec honte , T Atoua le jette daçus le séjour des ténèbres Po-Poui^
Les âmes des chefs s'en vont briller dans u^e étoile.
Celui qui mange son ennemi s'approprie nonseulement son corps, mais encore son Waïdoua; cela peut se faire même en mangeant seuleii»e9$ son œil ou en buvant son sang.
En général , les populations polynésiennes (sont divisées en trois classes: les nobles^ comprenante les rois et leur famille ; les chefs .et les possesseurs du sol, appelés Ariis, Arikis et Eguid; puisviebilent les conservateurs des traditions, des cérénâoniefti directeurs des travaux, conseillers, fermiers, qudr quefois prêtres , propriétaires ; ehefe- civils et nnlitaires, mais le plus souvent sans | propriétés, et appelés Rana-Kiras , Rana-Tiras, Ranga«-Tira^ ejt
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M ataboulès. -^ Enfin vient la dernière classe ou le peuple y composée de tous ceux qui servent les autres y soit comme ouvriers, soit comme esclaves, et qui porte le nom de Tanatas , Taatas, Tangatas etTouas. — La plupart de ces classes se sous-divisent e!l^$-mémes en sous-classes, suivant les fonctions^ fet quand dans îa dernière il n y a pas d'esclaves, c'est qu'ils ont été mangés ou massacrés comme prisonniers de guerre.
Mais à travers cette hiérarchie passe une classe d'initiés, appelés Areoïs, divisés en sections, successivement plus élevées, distinguées entre elles par des tatouages différents, et auxquelles on parvient après un noviciat, des épreuves et la prononciation des formules sacramentelles, dont une prescrit à l'Areoï le sacrifice de ses enfants. — » Ils parcourent les îles en représentant des rites mystérieux, consistant en chant, danses, cris, musique; et en jouissant du privilège de voler et de satisfaire tous leurs désirs sans pouvoir être poursuivis. — Us disent avoir été institués par les dieux Ourou- Tetefa et Qro-Tetefa , frères d'Oro et fils de Taaroa et Hina , les premiers dieux de la Polynésie.
A la mort d'un Areoï, le dieu Oro reprend son initiation divine, et la garde pour la donner à un autre.
Le sacerdoce est héréditaire dans quelques îles; dans d'autres il est le produit de l'inspiration individuelle.
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Le roi a le plus ordmairement un cacactèire divin qui lui est donné par des cérémonie» particulière^, bien quMl hérite directement de la puissance royale, et que dès sa naissance il ait été déclaré roi aops la régence de son père. Les femmes peuvent goci* verner comme les homm;es* — Lé roi, bien quejes charges civiles et militaires et les propriétés soic^lit le plus ordinairement héréditaires, peut disposer des unes et des autres; il peut mjème dégi^der un noble, anoblir un homme du^ peuple. ( Dumont d'Urville.)
La polygamie est pratiquée surtout dans, les classes supérieures, les enfants de femmes nobles sont seuls nobles; lés autres, nés d\m père noble et d'une femme inférieure, sont mis à mort ou faits esclaves. ^^ Le père et la mère ont drpit.de vie et de mort sur leurs enfants; et les filles , comme moins utiles, sont le plus souvent tuées par )6|ir mère elle-même au moment de leur nai^s^fiçe.
— Certaines femmes , de race div^ine , ne peuvent avoir un mari, mais seulement plusieurs ho^tnes, car elles ne doivent appartenir à aucun,..et le marine suppose la possession de la fissmme^que le mari peut tuer s'il la trouve en faute, — Les^ filles peuvent se livrera plusieurs hommes avant le mariage;, mais après elles doivent être fidèles ,, sous peine d'encourir des corrections corporelles» — Dç pluj, elles font un acte honorable si' elles se tuei^ti après leur mari , et si ^ étant veuves ^ elles ne se ren\9rient pas.
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Le suicide est fdit common chez les hotnmes et diez les femmes.
n y a une loi morale variable^ appelée tabou^ qui s'applique à une foule de circonstances, et qui rend telle ou telle du^e, tel ou tel personnage sacré pendant un certain temps; personne ne peut y tou» tferer , ni en mang^ , ni en approcher , sans encourir la nécessité d'expiations et de diàtiments très^ sévères , dont le plus fréquent est la tnoit.
Mais il y a un taiK)U permanent pour les dieux^ les temples, la personne, le nom et la famille du tùi , lés prêtres , lés servants des cultes. « — Les ittiimaux et les autres objets offerts aux dieux sont instamment tabou pour les femmes; il en est de même pour elles des aliments de leur père, de leur mari et de leur fils.
Des ileSy' dés territoires entiers sont quelquefois mis éU tabou temporaire pour des expiations; alors les habitants ne peuvent ni se baigner, ni naviguer^ ni sortir, que pour aller au temple.
D'autres fois, des espèces d'animaux sont mis en tabou, et alors on ne peut ni en prendre ni en manger. — Le tabou est d'ailleurs tout entier, pour ^n application et sa durée , à la disposition du roi et des prêtres.
Les temples sont des enceitites en bois, dans lesquelles s'élèvent dés espèces de tables en bois sur lesquelles on expose les victimes, et où l'on voit des idoles en bois de formes humaines. — Des
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f^rramides en pierres, superposées par aaaîaes, s'y rencontrent aussi. — Les temples s'appellent If plus souvent mora'is» — Des arbres, des fbeurs, des montagnes, sont aussi consacrés comme temples.
Ces petites sociétés séparées sont un exempll très-remarquable du retard que peut apporter la division infinie des groupes sociaux dans le déver loppement humanitaire. — Tous ces petits corps polynésiens sont en effet restés à peu près aux mœurs du premier Age. II leur a manqué , novK seulement une révélation ou quelqu'un de ses fragments, mais encore la valeur unitaire politique que peut seule donner un pouvoir nniqne et rayonnant sur toutes ces individualités , ainsi que l'ont eu les sociétés de la haute Asie pendant le second Age. ,
MiLAN^siB. Les Mélanésiens ou race noire, sont les populations de l'Océanie les plus arriérées eu civilisation, descendant constamment depuis les^ Yitiens jusqu'aux derniers Australiaas.
Les premiers croient à une hiérarchie de dieux ; le plus élevé, Créateur du ciel et de la terre, et ap* pelé Onden-^Hi, est celui auquel les Anies vont se réunir après la mort.
Les prêtres appelés Nambee, et commandés par un chef mAle dans certaines parties, femelle dans d'autres, sont tout^puissants, même sur les rois..
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Les chefs ont de dix à cent femmes dont on tue plusieurs sur leur tombe y tandis que leurs parents se coupait un doigt ou un orteil.
Les Mata-Nivanoua , classe moyenne^ recueillent les tributs et prononcent les harangues.
Les esclaves appelés Kaïssi sont quelquefois pOs»- ^dés en grand nombre par un seul chef.
Ce sont les prêtres qui préparent les cadavres humains dont se nourrissent les Yitiensy qui yonjt DUS et tatoués en relief, n'ayant qu'une espèce de ceinture appdée Maro.
: Les femmes ne. mangCQt point avec les hommes, elles préparent les aliments et fabriquent Içs étojSes.-^'Les hommes font la guen«., cultivent, construisent les pirogues et les maisons.
Us circoncisent les hommes, se suicident s^caivent, et les chefs y sont tout-puissants. (Dumont d'Urville.)
Les Australiens, aussi dégradés physiquement que moralement, vont par tribus errantes, peu nombreuses, antropophages, commandées parle plus ancien ou le plus courageux, qui a le droit d'avoir plusieurs femmes et de lever la meilleure part sur la chasse et la pêche.
Le mariage par violence s'y pratique dans toute sa plénitude; le jeune homme surprend une» fille dans une tribu voisine, la renverse à coups de bâton , et l'emporte dans sa tribu où il la viole ; et la fille , après cela , ne cherche jamais à se séparer de
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son mari. -T- Les enfants à la mamelle dont la mère meurt sont tués.
Ceux qui peuvent dormir une nuit entière près d'une tombe sont initiés , et reçoivent des commu^ nications des esprits, et peuvent les conjurer et écarter leurs maléfices Le plus mauvais de tous les esprits est Potoyan ; tandis que le bon esprit s'aj^elle Kojan.
Leurs danses , où les deux sexes figurent, ne pa»raissent avoir pour b^it que la génération. (Dumont d'Urville.)
Iles de la. Sonde. Dans les îles Gélèbes et de la Sonde on trouve deux races assez tranchées, dont une, celle des Harfours ou Alforèses, paraît être la ïace primitive, caractérisée par ses ressemblances de croyances et d'usages avec les Polynésiens; et Tautre est formée des Malais de Java , Bali , etc. ; ces derniers sont évidemment la portion de la race des Palis qui , chassés de l'Inde en ipéme temps que ceux qui se rendirent en Ethiopie , allèrent ^ comme le dit la tradition indienne , tomber à l'est avec le corps de Rahou, coupé en deux par le Tchakra de Vichnou. — Cette race malaise est divisée en deux parties : l'une a passé à l'Islamisme , et l'autre (les Balinais) a encore gardé toute l'organisation Brahmanique avec ses quatre castes;
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mais en même temps elle n'a pas sum les transformations du Brahmanisme orthodoxe, et a con» serve la force musculaire, la férocité, la rapacité voleuse , et les sacrifices sanglants des sociétés primitives.*— Mais elle a laissé sur la surface de Java de magnifiques temples de style indien et relati& aux divers cultes de Brahmah , de Siva et de Boud* dha. Tels sont les monuments en ruines de Bram^ hanan, de Boro-Bodo, de Koulassan, de Singa- Sari, de Halang, qui couvrent quelquefois des surfaces très-étendues. (Dumont d'Urville.)
HISTOIRE DE L AMÉRIQUE. aiQ