CHAPITRE m
Histoire des popnïatioiis américaines. — Ages Gidhiiaqaes et Mexicains. — Brésiliens. — Morale. — Pratiques. *- Canadiens.^— Théologie. •— Société. — Monuments. — Natchez. — Mœurs. — Monuments de la Floride. — Ga* raïbes. —Initiations.
Or, nous avons dit qu'une race bâtarde de la fa« mille Sémitique avait peuplé l'Amérique , et cette race nomade , en contradiction avec le centre sémi-^ tique y qui s'était assis dans l'Inde , s'avança toujours vers l'Orient et traversa le détroit de Behring, qui n'était peut-être pas alors un détroit , et pénétra sur la terre américaine, dont les populations ont ^rdé dans leurs traditions primitives le souvenir d'être venues de l'ouest , puis d'avoir marché vers Test , puis de s'être dirigées du nord au sud , et c'est en effet ce que nous verrons arriver à ces peuples migrateurs.
Et de ceux-là, les peuples qui avaient le mieux
conservé les souvenirs anciens, soit dans leur mémoire, soit dans des signes figurés, ont rapporté ceci d'abord , qui est la tradition des Gulhuaques, peuple du Mexique.
— Il y a eu cinq soleils qui sont autant d'âges dans lesquels Fespèce humaine a été anéantie , par des tremblements de terre , par un embrasement général et par des ouragans, — Après la destruction du quatrième soleil , le monde a été plongé dans les ténèbres pendant vingt-cinq ans; et c^est au mi-« lieu de cette nuit profonde , et dix ans avant l'apparition du cinquième soleil, que le genre humain a été régénéré. Et alors les dieux ont créé pour la cinquième fois un homme et une femme, et le jour où parut le dernier soleil porta le signe Tochtli (lapin), qui a commencé 85o ans avant Tan i552 de l'ère chrétienne. (Humbolt* .Gomara.)> .;.
Et dans le Codex mexicanus , le recueil le plus complet des manuscrits mexicains., on trouve que la tradition commence par une époque divine représentée par les séjours des dieux. (Explic. ital. du Codex. ) Et puis viennent quatre époques humaines, appelées âge du feu , âge de l'eau , âge du vent et âge de la terre ; et l'âge de la tetre était celui où vivaient encore les peuples du Mexique à l'époque de la conquête européenne. -** Et voici à quels temps du premier et du second âge doivent répondre ces périodes : — L'âge divin serait la période de théorisation politique du premier âge, où
les fils de Noé développent la science humaine enseignée par leur père. — L'âge du [feu répondrait à la troisième période du premier àge^ époque de répartition , où les Babyloniens ont voulu élever une pyramide de briques cuites au feu. — L'âge de Feau serait l'analogue du temps qui commence par le déluge du Xisuthrus Babylonien , par celui du Vaivasouata hindou, et qui est l'époque d'une révélation pour l'Inde , et d'une reconstitution pour tous les autres pays. C'est la première période du second âge , dont les seconde et troisième périodes figureraient dans le Codex comme âge du vent et âge de la terre.
Et cet âge divin avec ces quatre âges humains s'accorderaient avec les cinq soleils des Culhuaques, et aussi avec l'état des populations que nous allons trouver sur le sol américain.
Et nous devons dire d'abord que les trois périodes du second âge ont seules laissé des populations qui ayent conservé leurs mœurs jusqu'à cette heure; .les caractères, propres au premier âge, s'étant nécessairement confondus avec ceux de la reconstitution qui l'a suivi, — Et il nous faut ajouter aussi que nous ne pouvons ici considérer ces âges, et leurs
périodes que dans leurs caractères logiques Car
la civilisation de l'Amérique, ainsi que les sociétés de l'Océanie, du nord de l'Europe, et autres, n'ayant non-seulement pas eu de relations avec la révélation indienne, mais même n'ayant reçu, de-
puis la séparation des colonie, aucun rayon du centre asiatique primitif, ainsi que cela est arrivé pour les autres peuples , a parcouru beaucoup plus lentement les phases logiques de son développe* ment, et accomplissait seulement la réalisation de son second âge logique , pendant le troisième âge de l'humanité , qui avait vu naître Jésus-Christ. — Ce fait de retard doit aussi être attribué au caractère plurali taire et nomade des nations, chez qui la mobilité et l'isolement empêchent la rapidité du développement qui se voit chez les sociétés stables, dominées et réunies en masse compacte par un pouvoir unitaire qui les excite sans cesse.
Or, la troupe migratrice, qui s'avançait dans l'Amérique , de l'ouest à l'est , en côtoyant le pôle nord , vint s'arrêter devant les grands lacs , et là se divisa , suivant l'usage des colonies noachiques , en sociétés stationnaires , et en sociétés errantes ou nomades. — Et tandis que les sociétés errantes descendaient le long de la mer et des grands fleuves , et se répandaient jusque dans l'Amérique ^méridionale, les sociétés stationnaires s'établissaient au sud des grands lacs , où elles ont laissé trois espèces de monuments, inconnus et inusités des populations actuelles de l'Amérique du nord, qui, cependant, sont leurs descendants , mais en ont perdu la tra** dition. — Et ces monuments sont, d'abord : des milliers d'ouvertures à fleur de terre , qui sont situées sur le bord du Licking , à quelques lieues de
Newrka , et qui communiquent à des cavités souterraines , où l'on trouve des bouts de flèches et de iances en cristal de roche ou en agathe, ainsi que des fragments de plomb » de fer et de s6ufre« — Les seconds monuments, très-communs dans les états du Kentucki, deTlUinois^ deTIndiana, et dans, le territoire du nord-ouest , consistent dans des tertres élevés de mains d'hommes, faits, soit en terre , soit en pierres amassées et couvertes de terre, et contenant un plus ou moins grand nombre d'os très*friables , et ces tertres , élevés de dix à trente pieds de haut, sont couverts darbres d'une vieillesse prodigieuse. — Et la troisième espèce de ces monuments consiste en des espèces de cirques , qu'on trouve sur les bords de TOhio, et qui sont formés de deux murailles en terre , parallèles , rejointes à leurs extrémités , de manière à former une enceinte allongée, qui s'élève à son milieu et s'abaisse aux deux extrémités. Ces cirques sont placés près de monticules, dont le^ombre varie depuis un jusqu'à trois. (Warden.)
Or, tout le monde sait que ce sont là les premiers monuments desf hommes : les cavernes , les tumulus et les enceintes de terre. Et , en effet , ce sont ceux qu'on retrouve dans tous les pays, comme signes des premiers temps des civilisations ; et, créés dans le premier âge, ils se continuent nécessairement dans la première période du second. —^ Aussi représentent-ils pour nous cette première période
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dans rAmérique du nord , et en même temps le lieu d'habitation des premières sociétés stables.
Et c'est au contraire, et par suitede leurs courses errantes , dans l'Amérique du sud , que nous allons retrouver les peuplades errantes de cette migration. Aussi tous les voyageurs s'accordent-ils à reconnaître aux nations brésiliennes une férocité , une ardeur guerrière , des habitudes antropophagiques, et un caractère nomade y qui les distinguent d'une manière très-tranchée des Américains du nord.
Ces peuplades se souviennent d'une inondation universelle, d'où se sont échappés nn frère et une sœur y qui ont repeuplé le monde. — M aire-M onan, qui n'a ni commencement ni fin, a créé le ciel et la terre et toutes choses, et s'est incarné une fois dans le corps d'un enfant pour soulager la misère de son peuple, Tupan ( le tonnerre ) leur a donné la science de l'agriculture. Des êtres malfaisants cherchent sans cesse à leur faire du mal, mais les Pages (prêtres) savent les chasser par des incantations. — Les vaillants se changent en esprits, et vont danser et se réjouir dans le pays des ancêtres , qui est derrière les hautes montagnes , et où il y a des campagnes agréables et toutes sortes d'arbres.
Et la pratique morale par excellence c'est la guerre, et la guerre^ décidée par les anciens qui choisissent les chefs, est terminée par Tantropophagîe. — Toutes ces nations mangent des hommes , et les Molopagués, donnés par les voyageurs.
HISTOIRS D£ l'aMÉRIQUE* 225
comme les plus civilisés, parce qu'ils ont un chef toujours le même, que les heures de leur repas sont réglées, et que chaque famille habite une cabane séparée, conservent la coutume de manger leurs prisonniers. — La plupart de ces nations, comme les Tapuyas, la plus nombreuse d'entre elles, les Ovaitayuases, les Motagés et lesLopis, qui sont les plus féroces, sont constamment en guerre contre leurs voisins, dont ils ont toujours quelque vengeance à tirer.
Les prisonniers sont liés et emmenés en chantant à travers les villages; arrivés à l'Aidée, on les nourrit , on les soigne , on les pare jusqu'au jour de la fête; on leur donne même des femmes, dont les enfants sont destinés à être mangés aussi. — Le jour de la cérémonie, après des danses et des chants , on amène le prisonnier tenu par une corde au milieu du corps, et on le place devant un tas de pierres qu'il lance aux assistants; puis il dit des injures excitées par celles qu'il reçoit , et il meurt assommé d'un coup de tacape de son vainqueur. — Les femmes alors s'approchent et lavent le corps, puis découpent ses membres avec une pierre tranchante , et frottent les enfants avec le sang , et font rôtir la chair, qui est mangée par toute l'Aidée, parée de ses plus belles plumes. — Les têtes sont gardées en monceaux , les grands os servent à faire des flûtes , et les dents $ont enfilées en colliers et suspendues au cou.
TOM. I. i5
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£t an aulre mode d'antrbpophagie esl pratiqué par quelques peuplades de ces contrées. ^^^ Oa y dépouille le corps des morts mêmes de la nation ^ on mange leur chair, et on conservé leurs squelettes pour les porter comme étendards devant les troupes de guerriers.
Les femmes sont chaînées de faire les tissus, les hamacs , les cordes , les poteries , etc. , et chez la plupart de ces nations elles vont à la guerre comme les hommes.
Les expiations sont le jeûne, et les scarifications avec les dents d'Agouty; elles sont pratiquées stir les jeunes filles à l'âge de la puberté ; par le père et la mère, au moment de la naissance d'un enfant; et par les prêtres pour leur admission au sacerdoce. ( Lery, Lafitau , etc.)
Et ces pratiques sont toutes celles du premier âge, qui se continuent encore dans les premiers temps du second*
Et nous allons trouver maintenant des nations qui nous présenteront des pratiques d'une civilisa-* tion déjà plus avancée, qui répondent à la secondepériode du second âge. — €Se sera dans les successeurs des sociétés stationnaires de l'Amérique du nord que nous les rencontrerons. — La plupart de ces nations , au moment où on les a observées , étaient en efiêt adonnées à la culture delà terre, pourvues
aiSTOIBB DÉ tVllÉAl^OI. ^17
de gouveracraento réguliers et le plut scmvént unitaires , liées entre elles par des rapports paoi*^ fiques, rarement antropophaget^ et celles dWtre elles qui étaient nomades' et chasseresses avaient une supériorité scKÂale, incontestable, sur les peu«» plades deVAmérique méridionale.
Le centre le plus ancien de cette période d'orga*^ nisation politique parait avoir été vers la réunion de rillinois, de Tétat de Missouri , du Kentucky et du Tenessée. On trouve là en effet des monuments en assee grand nombre , qui sont pour la plupart sur les bords de TOhio, ou des rivières qui 8*y rendent, et consistent en deux enceintes ou murailles de terre , Vune cairée , Vautre ronde , unies entre elles par une chaussée bordée de murailles en terre et percées d'ouvertures; Tenceinte carrée est percée de quatre ou huit portes défendues par un tertre , et l'enceinte ronde, dune seule porte sans défense, ouvrant sur la chaussée. «^ Des arbres très* vieux garnissent aujourd'hui ces fortifications. (Warfen.)
Un autre monument qui indique encore une ci-» vilisation plus avancée se trouve dans l'état de IIU linois. Il est composé de deux enceintes hAties en pierres irrégulière^, ayant 66 pieds de long «dr 9$ de large, Tune contenant plnaieuri pièces (m^ itcs, ovales ou rondes, dont une coslensat des 08« sements humains et unfourneau , et l'autre s'ouvrait par une porte en voûte de pierres se dépassant
228 LiVRf m, criAPiTRE m.
carrément jusqu'à réunion. L'autre enceinte , con^ tenant une chambre ronde et deux longues, est à Forient, et a 720 pieds de la première. (Warden.) — Et, ainsi qu'on le voit, c'est une disposition analogue à celle des monuments précédents.
De ce centre semblent avoir rayonné des nations * de civilisation analogue, qui sont : au nord-ouest, les Sioux; aa nord-est, autour des grands lacs, lès Algonquins, les Huroçis et les Iroquois; au sudouest les Natchez; au sttd-est les Floridiens ; à l'est , entre les monts AUeghapy, le fleuve Saint-Laurent et la mer, les Virginiens et les Delawares; et enfin, en continuant vers le sud, de proche en proche et d'île en ile , la population des Antilles , et les Galibis, qui se fixèrent sur le littoral correspondant de l'Amérique du sud.
£t parmi toutes ces nations , nous prendrons pour types trois groupes : les Canadiens au nord, les Natchez au sud-ouest, et les Caraïbes au sud^st.
Les traditions d'origine des nations du Nord sont celles que nous avons dites. Les Iroquois Agniés disent être venqs de loùest sous la conduite d'une femm^e appelée Gaihonariosk, qui^ après les avoir fait voyager longtemps, s'arrêta à Agnié, et leur distribua des terres. (Lafitau.) Une autre tradition rapporte que les Panis , ancienne nation qui habitait les bords du Missouri , reçurent du soleil le calumet.
Et voki leur tradition morale, — Thioonhia'*
HISTOIRE DE L^AMÉftlQUE. ^339
Ouagon , suivaDt les Iroquois , Areskoui suivant les Hurons, avait une femme appelée Ataentzie, qui habitait le ciel avec lui. A cette époque il y avait six hommes sur la terre , et ils erraient au gré du vent; mais ils n'avaient point.de femme , et ils apprirent qu'il y en avait une dans le ciel, et l'nn d'eux, HogouaholeLoup, y fut envoyé. JEt il fut transporté assis sur le corps des oiseaux du ciel , qui voulurent bien s'y prêter; et il alla attendre au pied d'un arbre que la femme sortît pour aller
puiser de l'eau à une fontaine proche de là Et
la femme vint, et le Loup lui présenta de la graisse d'ours à manger , et elle se laissa séduire. Or , les suites de sa faute étant devenues - trop apparentes, son mari, le maître du ciel, la chassa d'un coup de pied et la jeta sur la terre , où elle tomba sur le dos d'une tortue. Alors la loutre et les poissons amassèrent sur le dos de cette tortue dfe l'argile prise au fond des eaux , ce qui forma Uâé île, où Ataentzic accoucha de deux fils,Tahouitsaron et Jouskeka. Et l'un avait des armes, tandis que l'autre n'en avait pas, de swte que loi*squ'ils se battirent l'un des deux fut tué ; ce fut Jouskeka suivant les Hurons, et Tahouitsaron suivant les Iroquois. Alors Jouskeka devint l'ennemi d' Ataentzic, qui commande aux mauvais esprits, tandis que lui commande aux bons. Et trois générations après les fils d' Ataentzic, vint un déluge qui couvrit toute la terre d'eau, et il ne se sauva «qu- un
a3o uvAB ni, CHA9ITU m.
seul hoomie, nommé Messou suivant les uns, M Saketchok suivant les autres* Et il envoya uû coi^ beau «u fond de Tabime pour lui rapporter la terre; imaia celui-ci ayant mal fait la oommission ^ il y envoya un rat musqué, qui lui rapporta un peu de terre avec laquelle il rétablit le mondé dans scm premier état; et il tira des flèches contre les tronoB d'arbres pour en fbrmer des branches. Puis, après d'autres créations , il s'unit à une femelle de la raoe du rat musqué, et ses enfants repeuplèrent le monde* Et il communiqua ensuite son immortalité à un homme » en la lui donnant dapa un petit parquet qu il lui défendit d'ouvrir sous peine de tout perdre* «-^ Et après bêla il y eut une fois ui^ jeune IroqUois qui avait perdu sa soeur , et. qui jse dét^r* mina à l'aller oherdior au pays djss àmés; et quaûd il en revint il ramena à grand'peine l'àme de sa sœur, qui s'envola et retourna au pay^ de0 âmei par suite de la curiosité d'un des asiâstûiitt. £t 1% roquûis raconta ce qu'il avait vu au pays des âtn^{ leurs d^oaea au âon du Ghidûkouéi et leurs r»pai^ et la eabine d'Ataenttic , où cette méchante Vieille cherchait à faire manger de la chair de sevpdnto aux âmea pour les entraîner sous aa domination j et la bonté de Tharonia-Ouagon , qui tâchait dt détourner les âmes de tomber dans les pièges d!Àr taenteio. ( Lafitau, )
Et il y eut un temps bien éloigné ^ où les Algonquins, les Hurpns et les Iroquois étaieut unis; le$
Âlgao^înâ étaient dbasBeuro , les Huroos guerriers, (9t les Iraquois agriculteurs ^ et chacun exerçait sa fonction sans faire celle des autres; et aloors lel Iroquois ayant voulu chasser aussi > les Algonqi^iné les en empêchèrent, et les Iroquois se réyoltèretft et battirent les Algonquins» et, depuis ce temps # ^a guerre a toujours duré entre eux*
£t les nations canadioiwes étaient , en général î ditisées en trois classes; les Jesendouans,ou lés fendilles nobles I les Agongoucha, ou le peuple, et les £nnaskoua , ou les esclaves , formés des prison^ niers à qui on laissait la vie. Et chaque nation divi* sée en tribus, le plus souvent au nonahre de trois , comme celles de l'ours, du loup et de la tortue^ était dirigée par un conseil d'anciens , et chaque tiifaii avait un chef, qui portait le nom de la tribu et des terres qui lui appartenaient; et il s'appekils encore Roïander^Goa » le noble par excellence, et avait un troisième nom personnel, et il était électif obes les Algonquins $t héréditaire par les femmea chet les Hurons. Si une famille s'éteignait, là plue noble matrone de la tribu choisissait un nouveau ebef* Et il y avait en outre dans disque tribu trois ionseils ; utides Agolanders, nommés parles femmes et sou vent parmi les femn^^» qui conservait et distri« bttaîtletrésorpiiiblio; puisunsee<mddesAgostdohaîy les anciens élus par l'âge ; puis enfin , un tioisiènaie dsagnerrieffs Agostetiragètes , qui comprmiait tous ettix qui étaient on état de porter les armes.
âSa UVAE m^ CHAPITRE III.
Dans quelques nations iroquoises , les femmes pouvaient avoir plusieurs^ maris légitimes. — Cheas les Hurons, la monogamie était la loi sociale , mais la polygçimie tolérée. — Toutes les filles étaient déflorées avant le mariage* — Les femmes préparaient les peaux , les tissus , les aliments , etc. — Chez quelques-unes des nations sieptentrionales , les femmes étaient tuées-ii Fàge de trente ans, les vieillards à soixante. Tous les enfants contrefaits, un sur deux jumeaux, ceux dont lesmères n'avaient pas été courageuses, étaient mis à mcMrt, et souvent k mère avec eux.
. Ces nations avaient trois modes de sépulture : Venterrementyla dessiccation à l'air et la combustion. •—Et il y avait, en outre, une fête générale des morts tous les dix ou douze ans, qui était appelée le festin des âmes. — On déterrait les cadavres de chaque famille, on les ornait de colliers et de peaux; puis, à un signal, toutes. les tribus se mettaient en marche, emportant chacune leurs os, et traversant les villages, où des honneurs leur étaient rendus, arrivaient au lieu de sépulture commun, où g'ouvrait une grande fosse, et où chaque nation, chaque tribu , chaque famille , déposait hiérarchiquehient ses morts, avec des présents. On accompagnait cela de chants, de festins et de cris. (Lafitau, Qiàrlevoix, Brebeuf, etc.).
Et cette cérémonie repond à • des monuments qu'on trouve en Virginie, et dont l'un a neuf mille
HÎSTOîAE DE L*AMÉftlQUE. ^33
pieds de circonférence , quatre-vingt-dix pieds de haut 9 quarante-cinq pieds de diamètre au sommet, et dont le centre , creusé en amphithéâtre , a un rebord de sept à huit pieds d'épaisseur. On trouve dans ces monuments des couches successives d'ossements, séparées par des stratifications de pierres et de terre. — Les ossements, confondus dans tous les sens, appartiennent à différents âges, et sont dans des états d'altérations différents. ( Warden. )
Et de même que nous venons de voir les Canadiens présenter dans leur organisation sociale lai forme pluralitaire, de même nous allons voir lès peuples de la Louisiane nous offrir un gouvernement à fornae unitaire, et ainsi nous aurons là cette grande division des périodes de théorisation politique.
Toute la Louisiane avait eu un temple central , placé chez les Maubiliens , auquel on était obligé dé venir rallumer tous les feux éteints. — Mais depuis ^ le temple des Natchez l'avait remplacé dans cette fonction centrale. Ce dernier consistait en une cabane 9 en carré long , de quarante-cinq pieds de long sur vingt de large , surmontée d'un toit portant à chaque extrémité une figure d'aigle grossièrement sculptée. -^- Au milieu était un feu eotre-f tenu ipar trois pièces de bois disposées en triangle et confiées à l'entretien d'un gardien. > >
La Caniille du chef était de la race du soleil , et le chef portait lui-même le nom du^eil; la.ftmcn
d34 UVRV m y GHAPITaB IU«
tiou àû chef se traosmettait par la ligne fémiai^ei et la parente la plus proche du chef était ^mme*« chef^ et avait , ainsi que son parent ^ droit de vie et de mort sur tous les Natchez. — Le dief dispo9Ait de tous les hiens , de tous les travaux » de la vie de ses sujets. U ne reconnaissaitde maître que le soleil qu'il saluait tous les matins , en lui envoyant de la fumée de tabac» On lui ofirait les premières de tour* tes les récoltes de la chasse , de la pèche » avec les signes du plus profond respect.
. Lorsque le chef ou la femme^ef mouraient, on leur sacrifiait jusqu'à cent personnes, en les étiran-* gUnt pendant qu'elles dansaient» C'étaient des en« fants, des femmes du chef, le mari de la femmechef, et ce qu'ils appelaient des dévoués , espèces de clients volontaires, et aussi des personnages noblee* . Les femmes de race noble, qui épousaient des hommes de race inférieure , avaient tout droit sur eux , les traitaient comme des esclaves et pduvaient lee fiiiretuen (C3iarlevoiz.^-^Lafitau.)
On a trouvé aussi dans la Flomde dés grsdidb mo* numenta, oonsislant en hauteurs pyramidales liées par des ehaussées qui conduisaient à des laos altiM fioiels» ou à des terrasses spacieuses «C carrées (Waideii); et Ton voit que ce sont encore des monuiuents analogues 4 oeuac ea terre et en pîerte, que l'on trouve sur Jes bords de FC^io et dans miiHoiai centrées que nous avons dit être le point de départ de ces socûteés.
NouA a¥0û8 dit que les Caraïbe» seraient le troisfièiile type de$ nations américaines) dont l'orga^ nisa(ion sociale irépond à la période de théorisation politique du secopd âge dans les sociétés recon*' stituées : ils présentent en effet une pratique sociale, plus tranchée que chez les autres nations » bien qu'elle existe aussi chez les Floridiens/les Virgi*» Diens et les Iroquois« ^^ Cest celle des initiations , terme moyen entre la hiérarchie ^ l'hérédité par la race » le mérite personnel et Félection.
Ck0z ces peuples» outre les pratiques générales d'expiation qui se faisaient à l'âge de la puberté» pour les filles et pour les garçons , comme la prise des brodequins, le percement des oreilles, etc., il y avait des cérémonies ^éciales pour l'introduction dans Tunci des hautes classes de la société » les guei^ rien» et les Piay es ou prêtres, et dans chacune d'elW il y avait des pratiques propres à chaque degré hiérarchique des classes.
Pour faire un guerrier, le père, après avoir instruit son fils de son devoir, lui assouunait sur la tète un oiseau de proie, aj^elé Manafems^ puis il le scarifiait aveo des dents d'Agouty, fit>ttaitsea Uâauj'ea avftc roi$eau trempé dans une infusion de gmines df piment» et lui faisait ensuite manger le cœur de l'oiseau. On le faisait ensuite jeûner» et alon on Taditiettait à assister à toutes les assemblées du Gaifbet I s'il avait supporté nés épreuves avec phtimae. et courage.
2% LIVKB ni, CHAPÎTEE ÏIK
Pour être capitaine, on subissait des jeûnesabsolus de six semaines, une réclusion sévère, des coups de fouet, la fumée d^herbes puantes, des piqûres de fourmis, la boisson de liqueurs enivranteè.
Enfin , pour être cbef chez les Gayanais , il fallait jeûner neuf mois avec du millet, porter des fardeaux énormes, veiller toutes les nuits, subir l'enterrement dans une fourmilière. — Puis, après les épreuves, on allait chercher l'initié, caché dans les feuillages , et chacun lui mettait le pied sur la tête; ensuite onl'élevait, chacun se prosternait, et il mettait à son tour son pied sur la tête de ses sujets. Alors on le ramenait au Garbet , où il était obligé de boire toutes les tasses d'Ouicou que les femmes lui présentaient, quelque nombrle qu'il y en eût. Alors il avait l'autorité suprême sut toute la nation, pour la paix, la guerre et toute espèce de choses.
L'initiation dés Piàyes ne se faisait <ju'à vingtcinq ou trente ans , après dix ans de service sous un Piîgre plus ancien, des jeûnes d'un an, une longue danse, des piqûres de fourmis, des boissons de tabac; puis de nouveaux jeûnes donnaient ie droit de guérir les maladies] et d'évoquer les Mabojas (mauvais esprits).
Une dernière initiation mettait le dernier terme à la sainteté. du Piaye, par la communication établie entre lui et son esprit particulier , à l'aide
HISTOIRE DB L.AMÉRIQUE. ùZj
d'un ancien Piaye. ( Rochefort. — Laneuville. — Du tertre. — Biet. — Lafittau. )
Un caractère particulier distinguait les initiations des Virginiens : c'est leur ressemblance avec celle des Grecs. — Le Huscanawement avait pour but de former les Verovances ou prêtres. — Des jeunes gens étaient passés par les baguettes, et jetés, comme morts et couronnés de feuiïlages, dans une vallée, où, soumis à l'usage d'une boisson narcotique, ils oubliaient tout leur passé, et recevaient une nouvelle éducation , qui les mettait à même d'exercer la justice en rentrant dans le village. (Lafitau.)
On retrouve des analogies semblables chez les Floridiens, où une fête se célébrait ainsi: trois prêtres Taonas , tout parés de plumes , accouraient sur une place, devant la cabane du chef, chantaient, dansaient en battant du tambour, puis s'enfuyaient dans les forêts, où ils couraient sans manger pen* dant deux jours. Les femmes pleuraient , les filles se scarifiaient, en jetant leur sang en l'air et sur des branches d'arbres , et criant : He ! Toya ! Toya ! Toya ! et alors les Taonas revenaient, et l'on faisait une danse fort gaie , terminée par un repas de viande. (Lafitau.) 11 semble que nous ayons décrit le culte de Bacchus.
as UVJUB m, CHAPITM Vf.